CHAPITRE VII
En quoi la seigneurie consistait.
Fief, en anglais, c'est « manoir». Chez nous le fief avait divisé les domaines en censives et dérivé de la censive les jouissances multiples du sol. Le manoir avait de même constitué les «tenances» ou «tenures», les avait faites héréditaires, à vie, à temps, c'est-à-dire, comme les nôtres, provisoires ou précaires à divers degrés. Elles comportaient de même des obligations préalables ou des services.
Mais latenure anglaise était demeurée plus dépendante que celle de France. Elle s'appelait «tenure par copie ))(copyhold) (1), ce qui voulait dire que leur titre consistait à être inscrit sur le registre, sur le «rôle» de la seigneurie. Ce rôle contenait les conditions de tenure propres à cette seigneurie, sa «coutume », et la tenure ne pouvait avoir aucun autre titre efficace ; sans cette inscription elle n'était pas, et ses garanties résidaient uniquement dans l'application de la coutume par le tribunal, par la « cour » du seigneur. C'était la féodalité pure, sans immixtion, comme en France, de l'administration royale.
Le « copyhold » n'avait rien de plus que les mauvaises tenures connues ailleurs qu'en Angleterre, mais rien de moins. Ses charges ne procédaient pas d'autres causes.
( 1 ) Littéralement, ce qui est pris par copie.