EN QUOI LA SEIGNEURIE CONSISTAIT
Elles offraient ainsi qu'ailleurs une grande variété et leurs sources étaient celles que la féodalité avait exploitées partout. Les divers avantages que le seigneur était censé garantir, les besoins qu'il avait dans sa vie habituelle, la condition civile à laquelle appartenaient les tenanciers quand il se les était assujetis, c'est à ces origines que se rattachaient ces charges. Elles laissaient voir, comme chez nos censitaires, des impôts de mutation et d'enregistrement en échange de la certitude de la possession, des rentes en nature, en argent, en travail, correspondant à l'utilité dont les terres auraient été pour le seigneur s'il les avait tenues à sa main, des redevances ou des services représentant ce qui était autrefois exigé des individus en état de servage.
Nous laisserons ici en dehors presque tous ces détails ; ils seraient fort semblables à ceux que Ton connaît déjà. Une seule chose importe à dire, c'est que depuis longtemps toutes les compensations économiques compatibles avec cet état seigneurial étaient faites. La combinaison des intérêts avait réduit la seigneurie à ses dernières limites, dans ce pays universellement occupé des choses positives et entendant si bien l'utile. Les conventions, l'usage, le jeu de l'échange avaient annihilé tout ce que les lois propres à la seigneurie permettaient d'atteindre. Ce qui subsistait d'elle était réfractaire à ces modifications nées des choses.
On va voir, dans un copyhold imaginaire, celles de ces charges et conditions seigneuriales n'admettant à aucun degré les transactions, celles qui avaient exclu les changements consentis auxquels l'Angleterre a dû de jouir des plus beaux fruits de l'esprit moderne sur un terrain
resté à tant d'égards celui du moyen âge. Ce sont elles qui entachaient assez de leur vice les tènements assujettis pour que l'on voulût en avoir raison par la loi, à l'imitation de ce qu'à peu près toute l'Europe avait déjà fait.