Quand ce décret fui définitivement rédigé (6-U août
Gorsas termine ainsi son compte rendu de la séance :
« On s'est quitté à une heure du matin, le cœur serré de joie.
« En sortant de P Assemblée, je rencontrai un bon curé qui, tout chaud encore de ce qu'il venait d'enten^dre, me dit avec ingénuité : « Monsieur, voici deux grands coups « en peu de temps : dans quatre heures, on « a pris la Bastille du faubourg Saint- Ance toine; et nous, dans une demi-nuit, avons « abattu la Bastille de Tégoïsme. Et, ma foi, « a-t-il ajouté, je ne sais laquelle des deux vic- « toires était la plus difficile à remporter. »
L'acte du 4 août a été renié et contesté par plusieurs contemporains. M. de Glermont- Gallerande écrit dans ses Mémoires^ : « On ne peut attribuer la multitude des sacrifices i offerts dans cette soirée, qu'avec raison on appelle la folle soiréej puisqu'elle entraînait
^ 1789), il y eut d'assez importantes modifications, notamment pour les dîmes.
AvLARD. — Révol. et rég. féodal. 7
là ruine des ordres sans un grand avantage pour le peuple, qu'àTeffet de la peur et desmenaces que le Tiers faisait faire par le peuple aux députés des deux premiers^ ordres... Rien ne fut plus mocquable {sic),, plus ridicule, plus inconsidéré que cette scène, causée beaucoup plus par un peu d'ivresse que par le feu du patriotisme. »
Montlosier dit* : « L'œuvre des brigands fut sanctionnée ainsi par un autre brigandage,, appelé la nuit du 4 août. » Le baron de Guilhermy^ critique amèrement cette scène^ que Rivarol appela la Saint-Barthélémy des propriétés: « Aucun de ceux qui firent des sacrifices dans Cette nuit mémorable, dit-il, n'avait le droit d'en faire. . . Cette nuit fameuse fit droire au peuple français qu'on pouvait impunément tout détruire en quelques heures. » Enfin, le marquis de Ferrières, d'ordinaire plus impartial, attribue ces sacri fices aux passions les plus basses : « L'Assemblée, écrit-il 3, offre l'aspect d'une troupe^