‹ La révolution française et le régime féodalChapitre 9 sur 94 · La fin des Parlements^ p · texte numérisé non relu

La fin des Parlements^ p

né sont donc même pas bien identifiés. Firent-ils réellement le geste que leur attribue Tabbé Glerget? C'est vraisemblable; car Tabbé Glerget, Franc-Comtois, écrivit et publia son livre en Franche-Comté, dans le pays môme où il dit que ces seigneurs abolirent la servitude, et, en disant cela à la légère, il se fût exposé à des démentis. Mais il faudrait avoir des preuves : M. Pigallet, archiviste du Doubs, n'en a]pas trouvé dans ses archives, et la question que j'ai pris la liberté de poser, à ce sujet, à M. l'archiviste du Jura n'a pas encore reçu de réponse explicite *.

L'abbé Clerget cite, au même endroit, un autre exemple d'abolition de la servitude dans une seigneurie, celle de la communauté des prêtres missionnaires établie à Beaupré, en Franche-Comté : « Tout récemment, dit-il, elle vient d'affranchir de la ser-

1. Dans son étude sur le Président de Vezet, publiée dans la Bévue historique, t. XX, p. 292, M. -L. Pingauddit : «Plusieurs de ses vassaux lui devaient encore d'avoir été affranchis des derniers liens du servage. » Mais cela n'indique pas que M. Pingaud ait eu aucune autre source que le Cri de la Raison de l'abbé Clerget.

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vitude un village assez considérable, sans exiger ni recueillir d'autre prix que celui qui est affecté à l'exercice de la charité chrétienne. » Quel village? L'auteur ne le dit pas ; mais il affirme le fait avec trop de précision pour qu'il semble possible d'en mettre en doute la réalité.

Quelques historiens citent aussi, parmi les seigneurs qui obéirent à l'invitation du roi, le duc de Nivernois. Je ne crois pas qu'ils aient eu d'autres sources que les deux éloges de ce personnage, publiés, l'un en 1807 par François de Neuf château, l'autre en 1840 par M. Dupin^ François de Neufchâteau dit : « Il avait bien senti tout l'odieux des servitudes sous lesquelles ils (les habitants et les cultivateurs) gémissaient, et, avant que les lois vinssent les affranchir, il fit dans cette vue tous les sacrifices possibles des droits presque régaliens qui lui appartenaient. » Dupin dît : « A l'aspect du misérable état où la mainmorte et les autres servitudes personnelles avaient réduit les habitants des campagnes,

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