CHAPITRE IV
Au moment où le comité de salut public entra en fonction, nos armées étaient désorganisées ou forcées à la retraite ; la place de Condé était occupée par les Autrichiens, celle de Valenciennes par les Anglais, celle de Mayence par les Prussiens; les coalisés assiégeaient Maubeuge, notre dernier rempart peut-être; ils avaient établi un camp entre Péronne et Saint-Quentin. D'un autre côté l'insurrection gagnait du terrain en Provence, dans la Gironde, la Vendée, la Normandie; elle n'avait que peu de distance à franchir pour donner la main aux étrangers : somme toute, soixante départements en proie à Tinvasion ou à la guerre civile. « Jamais Etat ne se trouva dans une situation plus alarmante et ne parut si près de sa ruine, » dit un historien militaire (Jomini).
Frappés de ces dangers imminents, les commissaires des assemblées primaires de toute la France, réunis à Paris pour l'acceptation de la constitution nouvelle, demandèrent une levée générale des citoyens en état de porter les armes. Devant la hardiesse d'une pareille mesure, la Convention hésitait; elle en renvoya l'examen au comité de salut public. C'est alors que Carnot
y fut appelé; et deux jours après était rendu le décret de la levée en masse. « Il a sauvé la France, » s'écriait cinq ans plus tard le général Jourdan. Et Durand de Maillane, un écrivain ennemi de toute exagération : « Les suites de cette loi furent prodigieuses; la république lui dut sa conservation et ses victoires. »
Les trois membres du comité de salut public spécialement chargés des services militaires, Carnot, Robert Lindet et Prieur (de la Cote-d'Or) se mirent aus^iLùt à l'œuvre. Il fallait unifier les éléments les plus divers, amalgamer les conscrits du jour avec les conscrits de toutes les dates et de toutes les origines. Carnot donna de l'homogénéité à ce chaos ; il fouilla les rangs pour en faire émerger les supériorités, composa d'excellents états-majors, et mit à la tête de nos bataillons républicains ces généraux inconnus la veille, qui ont jeté tant d'éclat et assuré l'indépendance de la patrie.
A ces jeunes chefs, à ces soldats improvisés, l'ancienne tactique ne convenait plus : elle les eût placés dans une condition d'infériorité, devant les vétérans de la Prusse et de l'Autriche. Il leur fallait un mode de combat inusité, qui déroutât de tels adversaires et qui donnât carrière à l'impétuosité de notre jeunesse; il fallait à celle-ci de prompts succès pour lui inspirer confiance dans ses forces.
La France va présenter un spectacle unique dans l'histoire : la nation formera une seule armée, ayant son quartier général à Paris ; l'impulsion partira du palais des Tuileries où siège le comité de salut public ; et les quatorze phalanges guerrières chargées de défendre le sol national agiront seules ou combinées, comme autant de régiments sur un champ de bataille.
La science dirigeant l'enthousiasme : tel est le caractère de l'œuvre militaire qui sauva le territoire. Un exemple en çiuelaue sorte plus beau fut donné :
c'est celui des citoyens qui formèrent entre eux des syndicats et cultivèrent les champs délaissés par les laboureurs absents pour le service de la patrie.
L'effectif de nos soldats était en février 1793 de 228, 000; il alla croissant jusqu'à un million vingt-six mille, en septembre 1794. C'était insuffisant pour faire face à la multitude des assaillants sur toutes les frontières à la fois. Il fallut doubler, tripler ces forces par la rapidité des évolutions, en fusionnant promptement plusieurs armées dans une seule main, de manière à se trouver tout à coup supérieur à l'ennemi, dans l'endroit où l'on voulait triompher.
Les grands capitaines ont souvent pratiqué la méthode de concentrer leurs forces sur un point du champ de bataille, pour s'y assurer «ne victoire complète, et rendre insignifiants les avantages partiels obtenus ailleurs par l'adversaire. — La nouvelle stratégie, c'est son mérite, transporta cette méthode sur un théâtre immense, embrassant le pays tout entier.
Ce qui lui donna une valeur formidable, c'est l'unité; unité à laquelle les généraux de la coalition opposaient des volontés isolées, souvent rivales; c'est la confiance enthousiaste que cette manière de combattre en masse inspirait aux soldats : ils se croyaient invincibles.
L'intérieur de la France ne déployait pas moins d'activité que ses frontières : nos savants les plus illustres, Monge, BerthoUet, Guyton de Morveau, enseignaient la fabrication de la poudre et des canons; Prieur montrait comment on lessive les caves pour en extraire le salpêtre ; et les citoyens apportaient triomphalement à la Convention le fruit de leur travail. Une manufacture générale d'armes s'était établie sur l'esplanade des Invalides, dans le jardin du Luxembourg et sur d'autres emplacements ; 258 forges y fonctionnaient, dirigées par les plus habiles ouvriers de Paris;
elles produisaient mille canons de fusils par jour. Les chevaux, les bêtes de somme, les armes de guerre et de luxe, tout était offert spontanément.
Voilà les moyens matériels. Quant aux moyens moraux, les voici : un décret de bien mérité de la Patrie pour le corps qui s'était distingué; un sabre d'honneur pour les braves; l'inscription au Panthéon pour le nom de l'homme, général ou soldat, qui avait héroïquement succombé. Des rapports lus à la Convention, des articles imprimés dans le Défenseur de la Patrie, faisaient connaître les actions d'éclat et entretenaient la noble émulation du civisme et du dévouement; les représentants auprès des armées, par l'étendue de leurs pouvoirs sur les chefs les plus élevés, prévenaient les abus du militarisme, et par leur empressement à partager les fatigues et les périls de la guerre, savaient maintenir haut le prestige de l'Assemblée nationale.
« Ces forces immenses et les moyens employés pour les mettre en mouvement sont la conception la plus étonnante et la plus hardie que nous ait transmise l'histoire des nations, » dit un écrivain royaliste (Fantin Désodoars).
Voyons les résultats :
Les Anglais assiégeaient Dunkerque, place de guerre maritime, qu'ils s'étaient d'avance réservée comme leur quote-part de nos dépouilles. Sa perte aurait eu des suites incalculables et un effet moral terrifiant. Un brave général, mais de talent médiocre, Houchard y commandait, heureusement secondé par deux jeunes officiers sortant à peine des rangs inférieurs. Hoche et Jourdan. Douze mille hommes détachés des armées du Rhin et de la Moselle vinrent leur rendre possible la victoire d'Hondschoote (8 septembre 1793) : le siège de Dunkerque fut levé.
Une autre forteresse, bien autrement importante encore, était également menacée : si Maubeuge tom-
bait dans les mains des Autrichiens, rien n'arrêtait leur marche vers Paris. Carnot, témoin des services rendus par Jourdan à Hondschoote, le désigna pour commander en chef les armées réunies du Nord et des Ardennes ; et il alla porter lui-même au jeune général l'aide de son expérience. Le prince de Cobourg investissait Maubeuge par des positions qu'il croyait inexpugnables : « Les Français sont de fiers républicains, disaitil; s'ils me chassent d'ici, je me fais républicain moimême. » Nos soldats essayent d'enlever les retranchements de l'ennemi, ils sont repoussés plusieurs fois ; la nuit vient, l'armée française en profite pour changer son plan d'attaque : toutes les forces sont portées sur un même point. Le lendemain, au jour naissant, les Autrichiens se voient assaillis par une colonne, ayant à sa tête, avec le général Jourdan, les deux représentants du peuple, Carnot et Duquesnoy, revêtus de leurs écharpes tricolores et leurs chapeaux sur la pointe du sabre. Rien n'arrête l'élan des républicains : ils envahissent le plateau de Wattignies, qui va donner son nom à leur victoire ; les Impériaux en sont chassés ; Cobourg est obligé de mettre la Sambre entre lui et ses vainqueurs, en se donnant la consolation de les qualifier d'enragés. « C'étaient autant de héros ! » dit Jourdan. La délivrance de Maubeuge (16 et 17 octobre 1793) souleva des transports d'enthousiasme.
L'autre héros d'Hondschoote, Hoche, nommé à 25 ans général en chef des armées réunies du Rhin et de la Moselle, entre en scène à son tour.
Plein d'une ardeur exubérante, il fait une imprudence, et éprouve à Kaiserslautern une perte d'hommes assez considérable. Carnot lui écrit : « Un revers n'est pas un crime, lorsqu'on a tout fait pour mériter la victoire, » Et le jeune général rachète sa faute par de brillants faits d'armes.
Les lignes de Wissembourg avaient été forcées. On
donne ce nom aux fortifications qui longent le cours de la Lauter et qui, protégeant la frontière, sont considérées comme le boulevard de T Alsace. Haguenau et le fort Vauban étaient tombés dans les mains de l'ennemi ; seule, la forteresse de Landau résistait encore, mais investie à la suite d'un bombardement. Hoche reprit victorieusement les lignes, dégagea Landau (26 décembre 1793) et contraignit l'ennemi de repasser le Rhin. Ses mouvements militaires avaient été puissamment secondés par la présence de plusieurs commissaires de la Convention. Saint-Just particulièrement déploya dans cette circonstance une activité et une habileté qui ne furent égalées que par son implacable énergie.
Ces trois grandes opérations, la délivrance de Dunkerque, celles de Maubeuge et de Landau, permirent à la France de respirer. Barère, en les annonçant à la Convention, dit que l'armée s'était constituée en victoire permanente.
Il n'en était pas de même aux Alpes et aux Pyrénées, où les succès étaient mêlés de quelques revers. Mais les grands dangers ne venaient pas de ce côté ; et l'on peut dire que, dès le commencement de 1794, la République était partout triomphante dans sa défense.
Si rémigration de beaucoup d'officiers avait désorganisé les états-majors de l'armée de terre, elle avait affaibli plus sensiblement le corps de la marine, où les nobles servaient en grand nombre. Son matériel aussi avait subi des pertes considérables, une trahison ayant livré aux Anglais la flotte et l'arsenal de Toulon. Nous ne pouvions donc pas espérer des succès sur mer. Du moins la valeur républicaine s'y témoigna glorieusement dans la bataille navale du l^"" juin 1794, l'une des plus terribles dont l'Océan ait jamais été le théâtre. Il s'y accomplit un de ces actes d'héroïsme qui retentissent au loin dans l'histoire : les marins du Vengeur,
voyant couler le navire, refusèrent d'amener leur pavillon et descendirent dans les flots au cri de : Vive la République ! Une partie des naufragés fut heureusement recueillie par des embarcations de l'ennemi. Nous perdîmes six vaisseaux, ou plutôt six carcasses de vaisseaux, selon l'expression de Jean-Bon-Saint-André dans son rapport à la Convention. Mais les bâtiments vainqueurs s'éloignèrent presque aussi désemparés que les nôtres; et le but du combat fut atteint, car il s'agissait de protéger un convoi de 200 navires chargés de blés américains, et ce convoi put en effet gagner les ports de France.
Malgré les échecs qu'ils avaient éprouvés sur nos frontières du Nord, les coalisés y occupaient toujours les places de Valenciennes, de Condé et du Quesnoy; ils espéraient au printemps s'élancer de là sur notre seconde ligne de forteresses, puis marcher vers Paris pour y étouffer la révolution. L'empereur d'Allemagne se rendit lui-même sur le théâtre de la guerre afin de prendre part au triomphe.
Mais Carnot, en prévision de ces projets, avait combiné des opérations militaires destinées à les déjouer. Un grand coup fut frappé : l'armée de la Moselle, rapidement jointe à celle du Nord et à celle des Ardennes, remporta dans les champs de Fleurus une victoire complète (26 juin 1794). Jourdan y commandait en chef et Saint-Just y assistait comme représentant du peuple.
L'adversaire de Jourdan, le prince de Cobourg, se retira avec ses soldats découragés derrière la Meuse, et finit par abandonner la partie, que son successeur Clerfayt continua sans espoir de succès. Les Français entrèrent le 6 juillet à Cologne, le 8 à Bonn, puis à Coblentz, quartier général des émigrés.
L'empereur d'Autriche, voyant la fortune tourner contre lui, avait quitté son armée quelques jours
avant la bataille de Fleurus, pour reprendre le chemin de Vienne, où d'autres soins l'appelaient.
Depuis assez longtemps les liens de la coalition s'étaient relâchés; les vautours de la Pologne, acharnés sur leur proie, s'occupaient moins de la France. Pauvre Pologne ! destinée à nous aider, même par ses malheurs. Elle fut, sous prétexte de menées démagogiques, envahie de nouveau par la Prusse, d'accord avec la Russie, qui décidèrent ensemble un second partage, sans même en donner connaissance à l'Autriche. Celle-ci poursuivait avec persévérance un ancien projet d'échange des Pays-Bas contre la Bavière, échange rendu très problématique par ses défaites. Elle comptait sur une campagne heureuse et rapide, qui eût permis de faire payer à la France les frais de la guerre. Mais cet espoir fut trompé dès les premières rencontres : la vieille tactique, qui avait encore conservé sa supériorité pendant la campagne de 1793 en Belgique, cédait désormais devant les armes de la Révolution : nos jeunes oiïiciers avaient fait leur apprentissage, nos jeunes soldats avaient acquis de l'expérience, notre organisation militaire s'était complétée; et l'inflexible courage des terroristes, écrasant les résistances intérieures, laissait toutes les forces de la nation se consacrer à la défense des frontières.
Le mécontentement des cabinets se traduisait en colloques diplomatiques assez vifs. La Prusse menaçait de réduire son contingent militaire si on ne lui faisait pas une part suffisante de butin. Tous se disputaient sur l'emploi des troupes subsidées, que chacun prétendait utiliser au mieux de ses intérêts, tel dans les provinces belges, tel autre sur le Rhin ; de là les ordres contradictoires que ces troupes recevaient à chaque instant. Le gouvernement anglais lui-même, qui s'était constitué « payeur général de la coalition » (mots de Barère), ne réussissait pas à obtenir que l'on se servît
de son argent pour empêcher la Belgique de devenir française : la Prusse dépensait cet argent à soumettre la Pologne.
Nos adversaires s'accusaient réciproquement de mauvais vouloir, même de perfidie et de trahison. L'Autriche se plaignait de ne point trouver chez les Prussiens l'aide qu'elle était fondée à en attendre; les Prussiens reprochaient à l'Autriche d'abandonner volontairement les Pays-Bas, possession plus embarrassante pour elle qu'avantageuse; car la population s'y montrait fort peu sympathique à ses anciens maîtres, et les officiers impériaux eux-mêmes demandaient la fin de la guerre, dùt-on céder ces provinces.
Des deux parts, Prusse et Autriche, on se soupçonnait de secrets arrangements avec la République française, cet objet d'une horreur officielle. Des arrangements eurent lieu en effet; mais qui en prit l'initiative? Les publicistes d'outre-Rhin discutent encore avec vivacité ce problème historique, qui les intéresse plus que nous. Ce qui est certain, c'est le fait de leur désaccord, si grand, dit-on, que la Prusse, dans les négociations, se montra plus jalouse d'écarter l'Autriche des rives du Rhin que de les refuser à la France.
Le cabinet de Berlin paraît s'être déterminé le premier à des relations moins hostiles. On en trouve un témoignage, dès le commencement de juillet 1794, dans un acte d'échange de prisonniers, signé à Landau, et portant cette suscription : « Le roi de Prusse à la République française. » Aussi l'impératrice Catherine, devenue maîtresse absolue des destinées de la Pologne par un affreux triomphe de Suwarow (le massacre de Praga), Catherine qui, l'année précédente, avait favorisé les prétentions de la Prusse, pour punir l'Autriche de sa négligence à défendre la Belgique, fit maintenant tout l'opposé pour punir la Prusse d'avoir conduit
avec mollesse sa guerre contre la France. Elle commença naturellement par s'attribuer à elle-même une double part du gâteau ; elle en fit une moindre à l'Autriche, et elle réduisit notablement celle de la Prusse. La politique de l'autocrate, pendant ces conflits d'avidité monarchique, fut constamment de mettre sa faveur à Tenchère, et de faire de la malheureuse Pologne l'enjeu des coups qui nous seraient portés. Dans le traité qui accompagna le nouveau partage, l'Autriche dut s'engager, par une déclaration secrète, à soutenir l'ambition russe en Moldavie, Valachie et Bessarabie, moyennant quoi la Russie promettait de l'aider à se procurer un dédommagement, soit en France, soit en Italie.
Ces projets furent mis à néant par nos succès militaires.
Tandis que Jourdan poussait les Autrichiens jusqu'au Rhin, Pichegru pénétrait en Hollande, occupait Amsterdam; et sa cavalerie, traversant le Zuydersée sur la glace, allait s'emparer de la flotte ennemie.
L'invasion de la Hollande « brisa le noyau de la coalition, » dit Carnot. Le parti démocratique dans ce pays, applaudissant à l'arrivée des Français et profitant de leur présence, renversa le stathouder, et proclama la République des Provinces-Unies, sans exercer aucunes représailles. Bientôt la Belgique demanda hautement son annexion à la France.
Un dernier trait d'audace du comité de salut public acheva de déconcerter nos adversaires.
Les quatre places de Landrecies, Condé, Valenciennés et le Quesnoy, étaient demeurées aux mains des Autrichiens. Munitions et soldats nous manquaient pour les reprendre. Le comité eut une pensée que l'on ne manquerait pas d'appeler téméraire si elle eût échoué dans l'exécution. Comptant sur la terreur inspirée par ses dernières victoires, il fit sommer les garnisons de
se rendre à discrétion sous peine d'être exterminées. « Nos menaces furent d'autant plus violentes que nous étions moins en mesure de les exécuter, » raconte Carnot dans son rapport sur l'événement. Les quatre places furent soumises dans les vingt-quatre heures. C'est pour annoncer la reprise de Condé que l'on fit le premier usage du télégraphe aérien. C'est à Fleurus que pour la première fois on avait employé un ballon captif pour observer les mouvements de l'ennemi.
En traçant un historique rapide de cette grande campagne, qui dura dix-sept mois, contrariée par un des hivers les plus rigoureux dont on ait gardé le souvenir, et pendant lequel nos soldats avaient toujours été sur pied, nous avons seulement cité les faits qui eurent une importance capitale pour le salut de la République : Hondschoote, Wattignies, Landau, Fleurus.
En voici le résumé, extrait du rapport général de Carnot :
Vingt-sept victoires, dont huit en bataille rangée ;
Cent vingt combats de moindre importance ;
Quatre-vingt mille ennemis tués ;
Quatre-vingt-onze mille prisonniers ;
Cent seize places ou villes importantes prises, dont six après siège et blocus ;
Deux cent trente forts ou redoutes;
Trois mille huit cents bouches à feu;
Soixante-dix mille fusils;
Dix-neuf cents milliers de poudre;
Quatre-vingt-dix drapeaux.
La Convention décréta que ce tableau demeurerait affiché dans le lieu de ses séances, et qu'il serait imprimé en livrets, distribués aux soldats et aux citoyens