‹ La révolution françaiseChapitre 57 sur 84 · LA PRÉFACE DE L'EMPIBE · texte numérisé non relu

LA PRÉFACE DE L'EMPIBE

M. Thiers dit quelque part, à l'occasion du 18 bru maire, que, dans la manière de prendre le pouvoir, il y a en germe la manière de l'exercer.

L'usurpation violente de Bonaparte était peu faite pour donner des espérances aux amis de la liberté; et pourtant plusieurs de ceux que nous aimons à citer parmi les plus honorables, Grégoire et Lafayette, Cabanis et Volney, Andrieux et Ducis, applaudirent à la chute du Directoire. C'est que ce gouvernement avili avait fini par lasser tout le monde ; c'est aussi qu'on lui reprochait une origine pire encore que celle du Consulat : Bonaparte n'était qu'un général ambitieux, insurgé contre le pouvoir légal ; Bai-ras et ses complices, en violant le dépôt des lois, donné en garde à leur loyauté, avaient commis un odieux abus de confiance.

Le gouvernement consulaire débuta d'ailleurs par des mesures de réparation : il rappela les proscrits, ouvrit les prisons politiques, abolit la loi des otages et le décret sur l'emprunt forcé, remit de l'ordre dans les finances de l'Etat et créa dans la Banque de France

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