‹ La révolution françaiseChapitre 8 sur 84 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

les conventionnels ont fait la révolution politique pour défendre la révolution sociale accomplie par leurs prédécesseurs.

Ces deux œuvres successives se complètent l'une l'autre; nous avons essayé pourtant de les distinguer par une division historique nouvelle qui nous paraît devoir être maintenue dans ce résumé.

La Révolution a fondé solidement l'unité nationale, dès longtemps cherchée dans des intérêts divers : par les rois dans celui de leur pouvoir, par les parlements dans celui de leur influence, parle clergé dans celui de l'Eglise. Elle a fondé aussi l'indépendance individuelle, dont les progrès de la raison publique, éclairée par les philosophes, avaient fait comprendre le besoin ; c'est ce que Victor Cousin a très heureusement exprimé dans ces paroles :

« Quand le travail fut terminé, il se trouva que la puissance nationale était centuplée, et que l'individu était émancipé. — La plus puissante unité, et en même temps une liberté immense, tel est le principe, telle est la fin de la Révolution française. »

Le publiciste allemand Oelsner avait pu dire avant lui :

« La réformation de Luther a moins atteint l'ensemble des relations sociales que ne l'a fait la Révolution française. »

Page 1