INTRODUCTION XVII
Vergennes lui prodigua les grâces et les amabilités les plus rares. Il soulignait l'estime qui entourait le Bailli et sa famille ; il célébrait sa nationalité de Français.
C'était le désigner pour la succession prochaine du comte d'Argental.
En effet, celui-ci venait à peine de mourir que le comte Ventura faisait signer, le 8 mars 1788, la nomination du bailli de Virieu.
Le nouveau ministre n'arriva à Paris que le 14 décembre. Il s'était longuement arrêté à Faverges et à Lantilly, les deux terres de sa famille.
Gomme si la fortune n'avait demandé qu'à le combler, la mort subite du bailli de Labriane, ambassadeur de la religion de Malte en France, lui ouvrait encore une nouvelle voie ; le 19 décembre 1789, le grand-maître Rohan écrivit au comte de Montmorin, ministre des Affaires étrangères, pour lui dire qu'il remplaçait Labriane « par le vénérable bailli de Virieu, sous le simple titre de chargé d'affaires, mais avec le même crédit que s'il était ambassadeur. »
Comment il remplit sa mission, avec quel soin il sut conserver l'affection de la famille royale sans froisser les ministres, — qu'ils s'appelassent Montmorin, Dumouriez ou Danton, — avec quelle intelligence il conseilla la conduite que le duc de Parme devait tenir dans ces circonstances difficiles , avec quelle précision il signalait les moindres faits parvenus à sa connaissance, on verra tout cela dans la correspondance que nous publions aujourd'hui.