INTRODUCTION XIX
pris dans l'île. L'ordonnance par laquelle, en retour, Louis XVI lui accordait 3,000 livres de gratification fut un des derniers actes de la souveraineté royale.
Huit jours après le Dix Août, Virieu demanda au ministre Lebrun un passeport pour se rendre à Aix-les- Bains. Il revint à la charge, le 25 août, en s'appuyant sur les immunités diplomatiques ; sur la manière dont Flavigny était traité à Parme, ce qui entraînait une réciprocité nécessaire ; il espérait qu'on ne fouillerait pas ses bagages, qu'on ne l'obligerait pas à échanger son numéraire contre des assignats « sans valeur à » Genève et en Savoie » ; il se mettait « sous la protec- » tion du droit des gens pour son voyage et sous la » sauvegarde de la loi pour son habitation de Paris » pendant son absence. »
A toutes ces demandes, on répondit, le 1er septembre, par son arrestation et sa mise au secret ; il dut fournir des explications à l'Assemblée et peu s'en fallut qu'il ne fût traduit devant la Commune de Paris (1). C'était dangereux puisqu'on était à l'heure même des massacres de Septembre. Enfin, le 7 septembre, Virieu fut relâché par ordre de Danton. Le lendemain, il partait dans sa berline pour Genève, où il arriva le 27.
La carrière politique de Virieu était finie. Le 16 novembre 1792, Ventura lui donna Tordre de se fixer à Berne. Il paraît n'avoir plus quitté la Suisse (2) que
(1) V. également M. Frédéric Masson, loc. cit., pp. 259 et 260 et M. A. Sorel, t. III, p 14.
(2) On trouve dans ses papiers une lettre datée de Ghiavenna, 10 janvier 1794, où il conseillait à Ventura de diriger l'infant sur le Tyrol plutôt que sur Venise. Si l'on voulait résister à l'invasion, il