‹ La révolution françaiseChapitre 20 sur 54 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

La dépêche du 22 juin 1789 est remarquable par le peu d'importance qu'elle donne à la séance du Jeu de Paume. Le baron de Staël, qui s'étend longuement sur la réunion des" Trois Ordres et sur la constitution des États généraux en Assemblée Nationale, reste, lui aussi, absolument muet sur la séance du 20 juin. On voit par là que cet événement qui fut grossi par la suite ne produisit pour ainsi dire aucun effet sur les contemporains.

Le second document curieux est la lettre du 4 avril 1791, sur la mort de Mirabeau. Elle n'est pas ce qu'il y a de moins étrange dans la correspondance de Virieu. Le Bailli déplore cette mort, — en vrai démocrate qu'il n'était pas. Gela prouve, du moins, la sûreté de ses renseignements ; l'acquisition de Mirabeau par la Cour, inconnue alors du public, n'était pas pour lui un secret.

Enfin, dans une troisième lettre, à la veille du 10 Août, Virieu constate un fait qu'on a signalé depuis, mais qui ne paraît pas avoir été observé au moment même. Tandis que les plus graves événements se préparaient, Virieu remarquait le calme apparent de la Capitale : « Ce n'est pas à Paris qu'on s'aperçoit, dit-il, que la patrie est en danger. Les spectacles regorgent de monde. On danse et tout annonce que les habitants vivent dans une sécurité parfaite. Un sourd le croirait, car il ne pourrait juger les Parisiens que par leurs actes extérieurs. »

Après le départ de Virieu, la correspondance, continuée par Lama, n'est plus que le récit d'une longue

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