‹ La révolution françaiseChapitre 22 sur 54 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

de Staël (1), elle présente évidemment quelques traits communs avec celle du bailli de Virieu, — et nous les signalerons tout à l'heure, — mais elle s'étend beaucoup plus sur la situation européenne que sur les événements intérieurs de la France.

De plus, quelle différence dans le style des deux narrateurs !

Si Virieu raconte avec plaisir la fuite ridicule du ministre Brienne, s'il ne néglige aucun détail, même grotesque, Staël, lui, se borne à dire : « L'Archevêque de Sens est parti avec la défaveur de la Nation. »

Le bailli raconte-t-il la procession des Etats-Généraux, la physionomie du cortège et de la salle, l'ambassadeur de Suède négligera tout ce pittoresque pour ne s'occuper que des discours prononcés.

C'est que le premier est un Français qui écrit en italien, tandis que le second est un homme du Nord compliqué de Genevois par son mariage avec la fille de Necker.

La correspondance, si curieuse pourtant, de Mallet du Pan n'a non plus aucun rapport avec celle du Bailli. Gela sautera aux yeux de ceux qui voudront les comparer.

Quant aux ouvrages de seconde main, il y a, entre eux et Virieu, la différence qui sépare le froid narra-

(1) Correspondance diplomatique du baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède en France. Documents inédits sur la Révolution (1783-1799) recueillis aux archives royales de Suède et publiés, avec une introduction, par L. LéouzonLe Duc. Paris. Hachette. 1881.

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