XXVIII INTRODUCTION
teur, venu longtemps après les événements, du témoin oculaire. La seule chose qu'on en puisse dire est le regret que ce document n'ait pas été connu d'historiens modernes qui auraient su en tirer le plus utile des partis (1).
Il est cependant un point commun entre les lettres du baron de Staël et celles du bailli de Virieu ; c'est dans l'appréciation des événements auxquels ils assistent.
Et pourtant, ils sont partis des points les plus opposés.
Staël e st tout imprégné de l'esprit de la Révolution. Il a subi l'influence de Necker. Les mauvaises langues le traitent de Jacobin.
Virieu ne lui ressemble en rien. Ambassadeur de famille, il est tout dévoué aux Bourbons. Pour lui, rien n'existe, aucune réforme n'est possible en dehors de la Monarchie. Et cependant, si l'enthousiasme des premiers spectacles soulève bien plus d'échos chez l'ambassadeur de Suède, quand arrivent les premiers désordres, le Jacobin et le Royaliste parlent le même langage.
(1) M. Taine, malgré ses recherches aux Archives nationales, n'a pu y découvrir les fragments de la correspondance de Virieu qui y sont conservés. Un jour, il a « brûlé, » mais la chance s'est éloignée. Ce fut quand il découvrit une dépêche du Bailli relative aux déprédations commises dans une forêt qui appartenait à l'ordre de Malte. Par suite d'une classement particulier, il n'eut connaissance que de cette seule dépêche et il passa à côté du paquet de la légation de Parme.