‹ La révolution françaiseChapitre 25 sur 54 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

accompagné de faits aussi odieux et qui démentaient comme à plaisir les espérances les plus généreuses.

Qui nierait cependant les réformes sorties de ce grand mouvement ?

La Révolution n'est pas tout entière dans les horreurs de la rue, dans l'anarchie érigée en système, dans l'assassinat devenu une légalité et un instrument de règne ; elle est aussi dans l'héroïsme victorieux de nos armées et dans la destruction des vieux abus que personne, du reste, ne voulait plus défendre.

L'admiration en bloc et sans réserve n'est pas plus à sa place ici que la critique irraisonnée et de parti-pris. L'une et l'autre seraient la négation même de la réalité.

Que les contemporains n'aient pas eu cette vue sereine des événements, il ne faut pas trop s'en étonner ; mettons-nous en garde contre leurs jugements, car les générations survenues ne sauraient les suivre sur ce terrain.

La vérité est dans la modération et, quelque paradoxale que notre opinion puisse paraître à certains, nous la croyons tout entière dans cette pensée de Napoléon :

« Il faut avoir soin d'éviter toute réaction quand on parle de la Révolution.

« Aucun homme ne pouvait s'y opposer.

« Le blâme n'appartient ni à ceux qui ont péri, ni à ceux qui ont survécu. Il n'était pas de force individuelle capable de changer les éléments et de prévenir les événements qui naissaient de la nature des choses. »

Page 1