XII INTRODUCTION
marquis Troïlo Venturi, d'où ils passèrent, en 1788, dans celles du comte César Ventura.
Né en 1741, à Parme, Ventura, qui était d'origine espagnole, conserva ses fonctions jusqu'en 1800. D'après les notes diplomatiques, « ce ministre unique paraît avoir beaucoup de sagesse et de prudence ; il est très attaché à la France. Cependant, il ne jouit pas de la confiance exclusive de l'Infant, alors que ce Prince paraît en accorder beaucoup au P. Turchi, capucin, ci-devant instituteur du prince Don Louis (1). »
Auprès de l'Infant et de Marie- Amélie, en collaboration quotidienne avec le comte Ventura, la France avait un représentant direct dans l'administration du Duché ; c'était Louis-Claude Agathon, Comte de Flavigny (2), ancien guidon des gendarmes de la Reine Marie Leczinska, lieutenant-général et grand-croix de Saint-Louis.
Le beau Flavigny — on l'appelait ainsi à la Cour — avait rempli, en 1771, une mission diplomatique auprès du Prince-Evèque de Liège.
Nommé ministre plénipotentiaire à Parme, le 27 sep-
(1) Après la mort du duc, Ventura fut membre du Comité de la régence de l'archiduchesse Marie-Amélie, veuve de Don Ferdinand. 11 fut successivement ministre plénipotentiaire du roi d'Étrurie, puis chef de la régence provisoire des duchés sous le gouvernement de l'Impératrice Marie-Louise. 11 mourut à Parme en 1826.
En 1828, Joseph de Lama prononça son éloge : « Les Parmesans, dit-il, réuniront dans leur mémoire et leur cœur les noms de Ferdinand Ier et de Ventura, comme les Français, ceux d'Henri IV et de Sully. »
Nous nous sommes demandé si, dans son admirable Chartreuse de Parme, Stendhal n'avait pas voulu dépeindre Ventura sous les traits dont il a composé le portrait de son comte Mosca?
(2) Né à Cugny, le 17 janvier 1722.