CHAPITRE III
Nouveaux témoignages ; Dumondiel. — Augcr. — Grégoire. — Bernardin de Saint-Pierre. — Daunou. — Briot. — Dupuy. — Boissy d’Anglas. — Dupuis. — Fourcroy. — La Décade philosopliique. — Camille Desmoulins. — Pagès. — Condorcet. — Danton. — Talleyrand. — Chateaubriand. *
A peine la Révolution a-t-elle vu le jour, que le corps enseignant s’empresse de la reconnaître pour sa fille et de revendiquer publiquement les honneurs de la paternité. Le 8 janvier 1790, le recteur de rUniversilé de Paris, l’abbé Dumonchel, à la tête de tous les professeurs, se présente à la barre de l’Assemblée nationale, et prononce ce discours, qu’il faut relire deux fois : « C'est dans notre sein que vous aviez les plus sincères et les plus zélés admirateurs. Interrogeant nuit et jour les ombres de tous ces grands hommes qui ont immortalisé les républiques de Grèce et d’Italie, nous retrouvions dans les monuments d’Athènes et de Rome ces sentiments généreux de liberté et de patriotisme, dont leurs cendres sont encore toutes brûlantes.
« Dépositaires du feu sacré, nous n'avons point à nous reprocher de l’avoir laissé éteindre entre nos mains. Âlais notre éducation était une contradiction avec nos mœurs et nos usages. Nous parlions de patrie et de liberté, et nous n’apercevions autour de nous ni liberté ni patrie.
« Les temps sont changés. On ne sourira plus de pitié à ces vieilles vertus des Grecs et des Romains. L’Assemblée nationale a fait revivre dans son sein le génie des grands hommes de l'antiquité; elle a transporté les vertus de Rome et de Sparte dans un royaume où, avant elle, on ne trouvait que des tyrans et des esclaves *. »
Des tonnerres d’applaudissements interrompent plusieurs fois ce discours,donU’.\ssemblée entière demande l’impression.
> Mollit, 8 janvier 1790.