CHAPITRE QUATRIÈME
logique, et que ce paganisme ridicule était bien le fils du paganisme classique *. »
Nous venons d’entendre le présent, écoutons de nouveau le passe. Voici un témoin de choix, un témoin parfaitement renseigné, puisqu’il vit naître la Révolution, qu’il en futl’admirateur, qu’il en connut l’esprit et qu’il travailla longtemps, dans les positions les plus élevées, à réaliser l’idée révolutionnaire : ce témoin est le ministre du Directoire François de Neufchâteau. Dans un discours solennel, où il exhorte la jeunesse à marcher sur les traces de ses pères, il proclame hautement et sans détour que la Révolution n’a pas eu d’autre but que de refaire la France à l’image des Grecs et des Romains ; que cette idée a été l’àrne de la Révolution, sa boussole, sa gloire, le secret de son opiniâtre énergie ; il dit : « Quel fut, citoyens, le but moral qui détermina la nation française à conquérir sa liberté ? Quelle est cette vw/m constante de la Révolution, si ce n’est Vopinidtre volonté de remonter à cet état de sagesse et de gloire, de pureté et de splendeur, longtemps heureux partage du petit nombre de peuples qui connurent la grande, science d’ètie libres * ! »
Il est temps de clore cette longue liste de témoignages. Nous allons le faire par la déposition suivante, qui résume toutes les autres, et que nous livrons sans commentaire aux méditations du lecteur.
On avait dénoncé au Directoire, comme suspectes de royalisme, je ne sais quelles écoles de Paris, accusées d’enseigner clandestinement des principes monarchiques. Un des hommes qui connurent le mieux la Révolution et qui la secondèrent avec le plus d’énergie, le promoteur du tribunal révolutionnaire, le régicide Chazal, soutient l'accusation. Le 12 vendémiaire an VI, il monte à la tribune et prononce ces mémorables paroles : « On recueille ce qu’on a semé ; souffrez qu’on