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CHAPITRE SEPTIÈME

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Le 3 mars 1791, il s’empare des pierres précieuses et de l’argenterie des églises, chapitres et communautés, qui a été ou qui pourra être jugée inutile.

Le 26 août, il s’empare de tous les vases, meubles et ustensiles de cuivre et de bronze, existant dans les communautés, églises et paroisses supprimées.

Le 14 septembre, il s’empare, chemin faisant, des possessions du Saint-Siège, les Étals d’Avignon et le comtat Venaissin.

Le 16 août 1792, il s’empare des immeubles réels alTectcs aux fabriques des églises cathédrales, paroissiales et succursales, à quelque titre que ce puisse être.

Le 17, il s’empare de tous les jardins, vergers, locaux occupés par les religieux ou les religieuses.

Le 18, il s’empare de tous les biens des corporations, congrégations séculières, ecclésiastiques ou laïques, d’hommes ou de femmes; de ceux des séminaires, collèges, familiarités, confréries, et de toutes autres associations de piété et de charité.

Le 9 septembre, il s’empare de l'argenterie des églises dépendant de la liste civile.

Le lendemain, « considérant que les objets en or et en argent employés au service du culte dans les églises conservées sont de pure ostentation, et ne conviennent nullement à la simplicité qui doit accompagner le service, » il s’empare de tous ces objets et les convertit en monnaie destinée au payement de ses armées *.

Le 12 septembre, il s’empare de toutes les grilles en fer des maisons religieuses, et les destine à la fabrication des piques pour l’armement des citoyens.

Le 19, il s’empare de tous les biens de l'ordre de Malte.

Le 27, il s’empare de tous les meubles et effets des maisons religieuses, les destine au campement des troupes et les met à la disposition des généraux.

Le 13 août 1793, il s’empare de toutes les cloches, pour faire les canons nécessaires à la défense de la république.

Le 25 brumaire an II, il s’empare de tous les presbytères et de leurs revenus, et les destine au soulagement de l’humanité souffrante et à l’éducation républicaine.

> ibi.

Le 28 nivôse an II, il s’empare du linge des églises elle destine aux hôpitaux militaires.

Le 23 prairial an II, il s’empare de toutes les cloches existant encore à Paris, et ordonne d’en faire des canons.

Eu Belgique, en Espagne, en Italie, ses généraux s’emparent de toute l’argenterie des églises. A Rome, ils la mettent en réquisition, et ne laissent qu’un seul calice dans chaque église L

Enfin, pour couronner son œuvre, le peuple-dieu condamne à dix ans de galères tout prêtre, qui oserait présenter comme injuste la vente jou l’acquisition des biens du ci-devant clergé *.

En conséquence, on voit, chaque jour, se succéder à la barre de la Convention, des députations municipales, qui déposent sur l’Autel de la Patrie les dépouilles de leurs églises.

C’est la commune de Meaux qui apporte 1,114 marcs 2 onces d’argenf, provenant, dit-elle, des dieux inutiles de ce district.

C’est la commune de Bercy qui offre à la Patrie l’argenterie de sa pauvre église.

C’est la commune de Nemours qui apporte trois caisses remplies d’or, d’argent, de vermeil et de pierres précieuses, provenant d’une incursion philosophique dans les églises de son territoire.

C’est l’administration des Invalides dont l’orateur dit : « Nous vous apportons la dépouille de l’hypocrisie et les hochets de la superstition. La superstition avait quelque chose de bon et de réel, c’était l’or et l’argent dont elle couvrait sa hideuse effigie, et que nous venons déposer au pied de l’Autel de la Patrie, non pas à la vérité pour sauver des âmes, mais pour sauver la République et consolider le règne de la Raison et de la Liberté. »

C’est l£ commune de Sèvres (Seine-et-Oise) qui fait hommage de l’argenterie de son église en disant : a On n'immolera plus de victimes humaines aux dieux imaginaires. Le

* Moint., t XV, p. 717; I. XXIX, p. JÎ5.

* 7 Tend, an XIV. — De là ce mot d'un brare fermier qui, après avoir fait à une dame dont il cultivait les terres le récit de ces malheurs sous le règne de la r.onvcniion, conclut en disant : « Enfin, ma chère dame, y'one été persécuté comme une éijlise. • lUém, de la Itéo. fr., in-12, p. 313.

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