CHAPITRE DIXIÈME
dans quelque main que l’exercice en fût confié. Ils s’efforcèrent donc d’imprimer dans l’esprit des peuples des principes si purs et si élevés, qu’ils suffirent pour leur inspirer une haine éternelle contre le despotisme. Dès lors, le nom de toi devint odieux au peuple romain. Voilà les sentiments qui animent les peuples libres, ceux qui conviennent aux Français, s’ils veulent l’être »
« Il est temps, s’écrie un autre, de terminer cette lutte révoltante de la royauté contre la république. Lorsque les Prussiens se répandaient comme un torrent dans les plaines de la cidevant Champagne... alors il était indubitable que quelque nouveau César croyait déjà toucherait dénoûmenten voyant la France déchirer, comme Caton, .<=es entrailles de sa propre main. Mais Caton ne fut qu’un simple mortel et le peuple, image de la Nature, est impérissable copime elle s. »
Eu prenant pour épigraphe de son journal le mot que nous allons citer, un troisième répète chaque jour pendant deux ans, vingt mille fois par jour, le cri régicide d’un Romain ; Victima haud ulla amplior potest magisque opima mactari Jovi, quum rex *. La victime la plus belle et la plus agréable qu’on puisse immoler à Jupiter, c’est un roi * !
C’est Lebrun qui lait chanter daus toute la France le fameux couplet :
Tyrans, les nations sommeillent.
Ah I si jamais ils sc réveillent Ces peuples souverains détrànés par les roisl
Enfin, c’est l’Assemblée tout entière qui, traduisant sa pensée par un acte inouï dans l’histoire d’aucun peuple chrétien, inaugure solennellement, dans la salle de ses séances, Icèusle de Brutus •. Placé au-dessus du fauteuil du président, le classique ennemi des rois plane sur l’Assemblée, l’inspire de son esprit et lui dicte sa conduite.
1 Macharmont, Souv. des peuples, t. I.
* Uillaud-Varcnnes, Décade phil., t. I, p. 45. S Seiicc. Trag.
4 Itiiüol. de Desmoulins.
( Décret ilu 25 juillet 1793.