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RÉFLEXIONS

En présence de cet échafaud, dressé par Brutus, quelques réflexions seulement.

Si dans le cours du procès, on avait constamment invoqué les grands hommes du christianisme, les Pères de l’Église, les conciles, les docteurs et les martyrs ; si on s’était appuyé de leurs maximes, autorisé de leurs exemples, pénétré de leur esprit ; si, pour montrer qu’on agissait sous leur inspiration, on avait placé leur buste dans l’Assemblée et parlé constamment leur langage, on dirait avec raison : Les conventionnels étaient disciples et admirateurs des chrétiens ; c’est au nom du christianisme qu’ils condamnèrent Louis XVI à mourir.

De môme, si dans le cours du procès on avait constamment invoqué Luther, Calvin, Zuingle, Farel, Arius, Mahomet ; si on s’était appuyé de leurs maximes, autorisé de leurs exemples, pénétré de leur esprit ; si, pour montrer qu’on agissait sous leur inspiration, on avait placé leur buste dans l’Assemblée et parlé constamment leur langage, on dirait avec raison : Les conventionnels étaient disciples et adoairateurs de Luther, de Calvin, d’Arius, de Mahomet; c’est au nom du protestantisme, de l’arianisme, du mahométisme, qu’ils condamnèrent Louis XVI à mourir.

Si donc, dans le cours du procès, on a constamment invoqué les républicains de Rome et d’Athènes ; si on s’est appuyé de leurs maximes, autorisé de leurs exemples, pénétré de leur esprit ; si, pour montrer qu’on agissait sous leur inspiration, on a placé leur buste dans l’Assemblée et eonstamment parlé leur langage; si, en partieulier, la majorité régicide qui a décidé que le roi est jugeable, qu’il sera jugé par la Convention, qu’il sera jugé sans appel, qu’il sera condamné à mort, a motivé son vote par l’autorité des républicains de Rome et d’Athènes, et de Brutusen particulier, n’est-on pas en droit de dire : Les conventionnels étaient disciples et admirateurs

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