‹ La révolutionChapitre 68 sur 93 · CHAPITRE QUATORZIÈME. lo · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME. lo

Les accusations d’assassinat ont augmenté de 22 pour ICO. ^ Les accusations d’infanticide, de 49 pour iOO.

Les accusations de parricide ont presque doublé : de 9 leur nombre annuel s’est élevé à 17.

Les attentats à la pudeur sur des enfants au-dessous de seize ans, ont plus que triplé. Les accusations de ce crime, qui n’étaient que de 136 année moyenne, de 1826 à 1830, ont été de 420 de 1846 à 1850.

Les attentats à la pudeur sur des adultes, se sont accrus de 34 pour 100.

A Paris, où l’on signale surtout l’amélioration des idées, .es accusations de ces crimes, qui, de 1820 à 1830, étaient chaque année en moyenne de 13, se sont élevées, de 1846 à 1850, au chiffre annuel de 35.

Sous le rapport de la criminalité en général, le département de la Seine est arrivé à un accusé par 1,335 habitants : c’est le rapport le plus élevé.

Le nombre des jeunes détenus, qui, en 1837, était de 1,334, est en 1854 de 9,364 h

Quant au crime le plus signiflcatlf, le suicide. Mercier écrivait en 1785 : a On se tue à Paris depuis environ vingt-cinq ans ; le nombre des suicides peut monter, année commune, à 150 personnes *. »

Pendant la période de 1835 à 1849, c’est-à-dire pendant quatorze ans, le nombre des suicides en France a été de 43,493 : hommes, 32,783; femmes, 10,710 *.

il est à remarquer que le plus grand nombre des accusés, et particulièrement des récidifs, appartient à la classe lettrée.

Le nombre des naissances illégitimes, qui, en 1805, était de 45,000, s’élève aujourd’hui au chiffre annuel de 73,000

Citons des chiffres plus récents. Le rapport de M. le garde des sceaux, rendant compte de l’administration de Injustice criminelle en France et en Algérie, pendant l'année 1874 | constate que les crimes de toute catégorie vont toujours en augmentant; que sur 100 accusés condamnés par les cours d’assises, 47, soit près de la moitié, étaient des récidivistes, et

* De» enfant» dan» le» prüont, par M. Viogtrenier, médecin en chef des prisonf.

* Tableau de Pari», ch. ccltiii.

> De 183S i 1846, ce nombre avait été de 33,032. — Tout en tenant compte de l'augmentation de la population et de l’activité plus grande de la justice, on voit dans quel sens le progrès s’est accompli.

loG LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.

sur 100 prévenus condamnés par les tribunaux correctionnels, 38 étaient également récidivistes. Quant aux suicides, il en a été constaté pendant l’année 5,617, soit 16 suicides par jour. « C’est, ajoute le rapport, le chiffre le plus élevé que la statistique criminellè ait jamais présenté. »

Et les non-constatés !

Tel est le dernier bordereau de la moralité chez la ûlle aînée de l’Église 1 ses sœurs ne se portent pas mieux ! Que les optimistes veuillent bien méditer ce fait lamentable, inconnu, depuis le commencement du monde, chez n’importe quelle nation, et, s’ils en ont le courage, qu’ils osent affirmer le progrès continu dans le bien t

Au contraire, de ces chiffres effrayants il nous semble permis de conclure en disant avec un savant médecin : « De même que les maladies et la mort servent à mesurer la salubrité d’un pays et l’état sanitaire d’une population, de môme le nombre et !a qualité des crimes peuvent donner la mesure (le la moralité d’un pays et de l’amélioration des idées '. » Nous ajouterons : et de la sécurité avec laquelle on peut continuer un système d’éducation qui a si puissamment contribué à nous faire ce que nous sommes.

On se hâte de reprendre : L'enseignement classique n'est plus le même ! — Eu quoi est-il changé ï N’esl-ce pas toujours Cornélius, Quinle-Curce, Salluste, Ovide, Virgile, Tite-Live, Horace, Démosthène, les Grecs et les Romains qui régnent dans les établissements d’instruction publique, aujourd’hui comme au dix-huitième siècle?

Voyez ce qui se pratique. Le jeune enfant que sa mère livre aux collèges, lycées, séminaires, institutions, pour y recevoir l’instruction, et qui n’a appris jusque-là qu’à lire, écrire et prier Dieu, est aussitôt mis en face de l’antiquité, qu’il doit contempler, étudier, méditer, approfondir pendant huit mortelles années.

11 vit une année avec les hommes illustres de Rome, dont l’histoire et la glorification sont extraites de Tite-Live par le bon M. Lhomond, C’est là qu’il apprend à admirer Brulus, Mucius Scævola et les farouches défenseurs de la liberté romaine; il passe à Cornélius Nepos et à la vie des grands hom-

1 M. le D'' Bouilio, méd. en chef de rhôpital milit., etc., Géographie médicale, p. vit.

Page 1