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ig6 la Révolution française.
aux distributions de prix, dans toutes les maisons d’éducation, lie sont guère qu’un long dithyrambe en l’honneur des Grecs et des Romains.
Et puis les rois s’en vont; et l’Europe est menacée de devenir républicaine ou cosaque ; et sur les bancs des collèges on courbe la tête sous le joug des tyrans, mais on admire en secret Brutus et Chéréas; et les révolutions sc succèdent, les régicides se multiplient : et l’on s’en étonne 1
Il est un nom surtout qui, depuis la Renaissance, est devenu pour la jeunesse de collège l’objet d’un véritable culte et je cri de ralliement des assassins politiques : c’est celui de Brutus.
Vers la fin du quinzième siècle, à l’aurore même de la Renaissance, vivait à Milan un célèbre professeur de littérature appelé Montanus. Ayant reçu une injure du duc Galéas Sforza, il dissimule, mais jure de se venger. Au nombre de ses élèves était un jeune homme, à peine âgé de dix-huit ans, appelé Jérôme Oligati. Un jour, Montanus, après avoir suivant son habitude, exalté devant sa classe Brutus et Cassius, prend Oligati en particulier, lui montre, à l’exemple de Cicéron, Brutus traversant les siècles environné d’une auréole impérissable et comblé des éloges de la postérité. Il fait briller à ses yeux la gloire immortelle qu’il acquerra lui-même en délivrant sa patrie du tyran Galéas. Ces leçons portent leur fruit. Quelques jours après, le 26 décembre 1476, Oligati assassine le duc de Milan, en présence de tout le peuple, dans l’église de Saint- Etienne*.
On l’arrête, on le condamne au dernier supplice, etjusqu’à la mort, le jeune démocrate conserve son stoïcisme républicain. Pas un sentiment chrétien ne s’éveille dans cette âme paganisée. La pensée de son immortalité l’occupe tout entier et lui inspire, même sur l’échafaud, ces paroles dignes d’un Romain : Courage, Jérôme, dans tous les siècles on parlera de toi : h supplice sera cruel, sans doute, mais il sera court, tandis que ta gloire sera étemelle *.
1 Obligatum pene imberbem levisslmumque adulescentem inani spe parandæ gloriœ inUaTcrat Cola Montanus litterarii ludi magister, si occiso tyranno patriam iii libertatem asseieret; sœpe Cassios et Brutos in schola magnis extollens laudibiis, qu- gloria ducti pulcherr.'mi facti consUium oUm suscepissent. P. Jov., Elog. Ouleacci, p. 245.
* Oligatus ipse tisu audituque Tesana constantia obstinatum animum in conspeetu earniSeis gerens, seseque in ipsa morte conGrmans hcc contumaci orc protulit