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CHAPITRE QUINZIÉME. i7l

« Vierge de la Probité, délivre-nous des excellences, des mouchards, du Sénat, des voleurs, du budget, de l’emprunt, de l’impôt, de la Bourse, de la Banque, du grand-livre, de la guerre, de la famine, de la peste, de l’empire et de l’Empereur !

a Vierge du droit et du devoir, du courage et de la force. Vierge de l’honneur, montre-loi enfin ! Que chacun dise : C’est ellel Anime-nous, soutiens-nous, combats avec nous! Il est temps. A cette heure, princes et ambassadeurs, tous ces mangeurs d’hommes sont à table. Le couvert est mis. La carte de l’Europe est leur nappe. Ils se servent les peuples et se découpent les nations. Italie, Pologne, Hongrie, Roumanie sont les plats chauds partagés par le lion qui se réserve in France. Les animaux prennent leur nouriilure. Surprcnds-lcs à la curée, arrache-Leur la proie et coupe-leur l’appétit. Marche sur ces monstrueux asticots qui rongent le monde en le souillant, comme s’il était déjà mort. Sauve la France! sauve l’humanité I Donne le signal, sonne le tocsin de Février, et pousse avec nous notre cri de bataille et de victoire : vive la

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE UNIVERSELLE! Ainsi SoU-il !

• Le comité de la Commune révolutionnaire^

« Félix Pvat, Bougée, G. Jourdain. »

Libre à nous de fermer les yeux pour ne pas voir, de nous boucher les oreilles pour ne pas entendre; quiconque jouit de la faculté de lier deux idées reconnaît à ce document que la race de Brutus n’est pas éteinte, que son esprit vit encore, qu’il poursuit le même but, et que les lettrés de collège d’aujourd’hui le comprennent et le traduisent commeceux de 1793: « Pour moi, disait le régicide Poultier,je n’ai jamais vu qu’un poignard entre Brutus et César, entre un républicain et un roi. Si le roi se saisit du poignard, le républicain tombe et périt ,* si c’est le républicain, il ne doit pas balancer, s’il veut que la Liberté reste debout »

Parce que ce manifeste empreint d’une violence sauvage, nous inspire une juste horreur, prétendre qu’il n’a trouvé d’écho dans aucune caverne démocratique, qu’il n’a éveillé les secrètes sympathies d’aucun cœur, c’est se flatter qu’il n’y a

1 Dise, décad. sur le 21 janvier.

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plus de socialistes en France, en Suisse, en Italie, en Europe. La chose est-elle bien certaine?

Vous oubliez donc que pour faire un socialiste il suffit de deux négations et d’une affirmation ; négation de foi ; négation de fortune; affirmation d’appétits à satisfaire. Comptez maintenant.

Vous oubliez encore que l’école de Brutus et des démocrates de l’antiquité continuant à être fréquentée par la jeunesse, «lie continue de former des mazziniens, c’est-à-dire les socialistes et les sicaires qui nous épouvantent.

Au nom de tous ceux dont il serait trop long de rapporter le témoignage, écoutons un ami intime, un complice affidé de Mazzini. C’est l’avocat italien Ruffini, aujourd’hui réfugié en Angleterre, mais rfN’enu de scs erreurs. Dans un récent ouvrage ’, il s’exprime ainsi : « Mon enfance fut pieusement élevée par un de mes oncles, curé dans les environs de Cônes. En 1818, je fus mis au collège des religieux somasques, qui suivent les mômes principes et les mômes livres que les autres corps enseignants, ecclésiastiques ou laïques. Or, un jour je proposai aux camarades de ma division l’établissement d’une république. Mon ouverture fut très-favorablement accueillie, et je m’aperçus que les mots république et autorité consulaire obtenaient un assentiment général et très-marqué. Alors je m’écrie : Que ceux qui sont pour la république lèvent la main. Toutes les mains se levèrent; il n’y eut pas une voix discordante.

« Chose étrange, mais très-vraie ! dans le Piémont, qui était alors le gouvernement le plus absolu, l’éducation publique était toute républicaine. L’histoire de la Grèce et de Rome, la seule chose qu’on nous enseignât avec un peu de soin, n’était qu’une déclamation perpétuelle contre la monarchie, un panégyrique splendide de la démocratie. Athènes et Sparte, heureuses et florissantes aussi longtemps qu’elles restaient républiques, déclinaient du jour où le pouvoir passait dans une seule main. Rome datait sa grandeur et sa puissance du jour où elle chassait les Tarquins ; la grande république, qui avait conquis le monde, se flétrissait entre les mains des Césars.

« Il semblait qu’on excitât à dessein notre indignation contre les tyrans et notre admiration môme pour leurs assassins. Nos

1 Lorenzo Benoni, Passage! iii the life of an Italian. In-8, 18S0.

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