GROSSESSES DOUBLES
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(1) « Sur le nombre des femmes accouchées, il meurt dans les autres hôpitaux à peu près le cinquième ; à l’Hôtel-Dieu, il en périt une sur treize».
(Rapport du Comité de Mendicité à l'Assemblée nationale, 21 janvier 1791 ) Archives parlementaires de 1787 à 1860, Paris, 1884. Tome XXII, P 379.
(2) Tenon. Op. cit. Préface, p. XXX et XXXI.
(3) Tenon. op. cit. id.
Comparer avec les statistiques actuelles : 1 grossesse gémellaire sur 87 accouchements (Charpentier) ; : sur 92 en France, d'après P. Dubois; r sur 66,4 accouchements (Pinard). Cette dernière statistique serait un peu discutable parce qu’ « on reçoit toute femme ayant une grossesse double, alors qu'un certain nombre de femmes ayant une grossesse simple ne peuvent être admises dans le service. »
Voir : Précis d'Obstétrique, par Ribemont-Dessaignes et Jepage, Paris, 4° édition, 1898, p. 613. |
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Il signale enfin le chiffre beaucoup trop considérable du personnel : 763 officiers et serviteurs à l'Hôtel-Dieu; 158 à l'Hôpital Saint-Louis, soit un serviteur par 2 malades 3/4. Encore faisaiton manger et coucher ces infirmiers et infirmières dans les salles mêmes des malades (1).
Les études de la Commission donnèrent lieu à trois rapports :
1° Sur le projet d’un nouvel Hôtel-Dieu ;
2° Sur la création de quatre nouveaux hôpitaux ;
3° Sur l’examen d'un plan d'hôpital du sieur Poyet, architecte de la Ville.
» Ils (les commissaires) ont remarqué que la disposition géné- » rale de l'Hôtel-Dieu, disposition forcée par le défaut d'empla- » cement, est d'établir beaucoup de lits dans les salles et d’y » coucher quatre, cinq et neuf personnes.
» Ils ont vu les morts mélés avec les vivants, des salles où les » passages sont étroits, où l'air croupit, faute de pouvoir se » renouveler, et où la lumière ne pénètre que faiblement et » chargée de vapeurs humides.
» Les commissaires ont encore vu les convalescents mélés » dans les mêmes salles avec les malades, les mourants et les » morts et forcés de sortir les jambes nues, été comme hiver, » pour respirer l'air extérieur sur le pont Saint-Charles. Ils ont » vu pour les convalescents une salle au 3° étage à laquelle on ne » peut parvenir qu'en traversant la salle où sont les petites véro- » les ; la salle des fous, contiguëé à celle des malheureux qui ont » souffert les plus cruelles opérations, et qui ne peuvent espérer » de repos, dans le voisinage de ces insensés dont les cris fréné- » tiques se font entendre jour et nuit ; souvent dans les mêmes » salles des maladies contagieuses avec celles qui ne le sont pas; » les femmes attaquées de la petite vérole mêélées avec les fébri- » citantes.
» ... Le cœur se soulève à la seule idée de cette situation.
» ... Mille causes particulières et accidentelles se joignent chaque jour aux causes générales et constantes de la corrup- » tion de l'air et forcent de conclure que l'Hôtel-Dieu est le plus
(1) Tenon. Op. cit. Préface, p. xxxvi.
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» insalubre et le plus incommode de tous les hôpitaux...» (r).
Tenon lui-même proposa de supprimer l'Hôtel-Dieu et de le remplacer par quatre hôpitaux excentriques, de ne conserver dans Paris qu'un hôpital central dit « de secours », enfin d'isoler les malades atteints de maladies contagieuses et de les placer à l'Ecole militaire (2).
Voilà donc enfin un système d’hospitalisation conforme aux principes de l'hygiène et de la solidarité modernes : la gloire -d’en avoir jeté les bases appartient aux hommes de la Révolution. On a donc le droit de répéter que, là encore, la Révolution allait accomplir son œuvre de civilisation, de bonté et de justice.
(1) Citation d’après le D' de Pietra-Santa. Union médicale, 1866, 2° série, XXXII. ë
Pour renouveler l'air des salles, on se servait d’une machine qu’un homme mettait en mouvement et qui servait de ventilateur (Halem. Op. cit.) Par contre l'eau existait à tous les étages.
(2) Dictionnaire Dechambre. Boisseau. Article Hôpital.
Tenon. Op. cit. Préface.
Le Comité de Mendicité
La création du Comité : le citoyen Lambert. — Composition du Comité. — Travaux du Comité.
— Appréciation du Comité de Mendicité sur le Bureau de l'Hôpital général. — Moyens d'information. — Résultats.
La création du Comité : Le citoyen Lambert. — Le 19 janvier 1700, le district de Saint-Etienne-du-Mont avait sollicité de l’Assemblée des Représentants de la Commune l’impression du mémoire de Lambert (1), inspecteur des apprentis des maisons de l'Hôpital général. Ce mémoire avait été approuvé déjà le 18 décembre 1789 par la même Assemblée et recommandé à l’Assemblée nationale en même temps qu'un mémoire de Pierre-François Boncerf, celui-là même qui devint plus tard administrateur des établissements publics. Le mémoire de Boncerf traitait: De la nécessité et des moyens d'occuper avantageusement tous les gros ouvriers. Le mémoire de Lambert était intitulé: Adresse à l’Assemblée nationale à l'effet d'en obtenir la formation d'un Comité dans son sein, pour appliquer d'une manière spéciale, à
(1) Lambert était l’auteur du Précis de vues générales en faveur de ceux qui n'ont rien (Bib. Nat. Lb 39/6878), du Cahier des Pauvres (Bib. Nat. Lb 39/6878), de la supplique au roi et aux Etats généraux pour sauver le droit du pauvre et pour l'intérêt commun de tous les ordres (Bib. Nat. Lb 39/1709), de l'Adresse à l’Assemblée nationale pour sauver le droit du pauvre.
Cf. Sigismond Lacroix. Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, Paris, 1895. Tome 3, p. 200.
la protection et à la conservation de la classe non-propriétaire, les grands principes de justice décrétés dans la Déclaration des droits de l’homme et dans la Constitution (1).
Ce mémoire fut présenté à l'Assemblée nationale par Guillotin, à la séance du 22 décembre, soir, mais il ne fut pas remarqué par les députés. Lambert insista de nouveau {2}. Il adressa à l’Assemblée nationale une pétition « réclamant la formation du Comité, demandée par la ville de Paris, pour s'occuper de la classe pauvre. » Le 19 janvier 1700, il obtenait de la Commune l'impression de cette pétition.
L'appuiï que rencontra Lambert dans l'Assemblée municipale pourrait étonner. Il suffit de rappeler que le Comité de police de cette même assemblée n'avait pas craint de dire que «les mendiants sont la preuve et la punition d'un mauvais gouvernement. » (3).
« Dans aucun temps et chez aucun peuple, disait Lambert, » les dernières classes n’ont été prises en considération par » aucun corps législatif, comme si les individus dont elles sont » composées eussent éternellement été voués à n'être jamais que » des instruments purement passifs; toujours la société pèse sur » eux, au lieu de les protéger...
» Les hommes en faveur desquels j'ai l'honneur de vous prier » de former un Comité, ajoutait-il, composent à peu près les » neuf dixièmes de la natjon. »
Ce Comité aurait eu pour but, entre autres choses, « de prévenir par tous les moyens que l'humanité et la saine politique ne réprouveront pas, d'ultérieures émigrations des habitants des campagnes dans les villes, et, par conséquent, le dernier degré d'engorgement des villes, des prisons, des hôpitaux et des dépôts de mendicité. »
Malgré la recommandation de Fréteau de Saint-Just, le mémoire de Lambert produisit cette fois encore très peu d'effet.
Cependant, le 22 décembre 1789, après la lecture du premier
(1) Cf. Sigismond Lacroix. Op. Cit. Tome 3, p. 209.
(2) Pour tous ces renseignements, cf.: Sigismond Lacroix. Op. cit. TomelIl, p. 486.
Pour la pétition de Lambert, cf. : Tuetey. Op. cit. Tome 1, p. 13 (Minute. Archiv: nat. DIV, 51, n° 1472).
(3) Sigismond Lacroix. Op. cit. Tome IL, p. 552.