‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 15 sur 69 · AO · texte numérisé non relu

AO

mémoire de Lambert par Guillotin, le Comte de Virieu avait

opiné pour la création d'un Comité de sept membres. » Le 16

janvier, Boutteville-Dumetz, député de Péronne, avait également proposé la création d’un comité. Mais le principe seul de la création de ce comité avait été admis.

En fait, le Comité de Mendicité fut institué le 21 janvier

1790 (1) sur la proposition de Barnave. La veille, on avait lu à l'Assemblée la lettre suivante de Bailly :

« Monsieur le Président,

» Je vous supplie de mettre sous les yeux de l'Assemblée nationale une œuvre de charité, pour laquelle je me recommande à sa bienfaisance.

» La misère est extrême à Paris; le travail manque, et une infinité d'honnèêtes ouvriers sont réduits au désespoir. Ces maux sont connus de l’Assemblée. Le Roi a fait ouvrir des ateliers de charité, et sa bonté y consacre chaque jour une somme considérable, et cependant les malheureux ne sont pas encore soulagés.

» Un particulier a proposé que les personnes charitables et aisées donnassent, pendant les mois de l'hiver, une petite somme proportionnée à leurs facultés. Il a demandé que les fonds me fussent remis, et j'ai chargé M. Dufour, l’un de mes secrétaires, de les recevoir.

» Je me propose de les employer à faire travailler, afin de soulager l’indigence sans favoriser la paresse ; et, comme les hommes ont des ateliers de charité, j'ai dessein d'appliquer ces bienfaits principalement aux femmes, qui n’ont pas encore été secourues. Je les ferai employer aux filatures.

» Je prends donc, Monsieur le Président, la liberté de recommander mes pauvres à la charité de MM. les députés: ils seront touchés de ces maux et comme hommes d'Etat et comme hommes sensibles : leurs décisions sont des lois ; leurs bienfaits seront des exemples, et les pauvres de la capitale

1) Archives parlementaires de 1787 à 1860. Paris, 1884. — Tome 11.

» devront la vie à ceux à qui ils doivent déjà et leur liberté pré- » sente et leur bonheur futur.

» Je suis avec respect, Monsieur le Président, etc. Signé : BaïLLy (1).

Composition du Comité. — Les membres du nouveau Comité furent nommés le 30 janvier 1700. C'étaient :

Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt, député de la noblesse du bailliage de Clermont-en-Beauvoisis (2);

De Coulmiers, abbé d’Abbecourt, député du clergé de Parishors-les-Murs ;

Prieur, député du Tiers-État de Châlons-sur-Marne :

Massieu, curé de Sergy, député du clergé du baïillage de Senlis.

L'abbé Massieu demanda, le 17 mars 1790, que six nouveaux membres fussent adjoints au Comité. L’amendement fut immédiatément adopté et le 14 avril 1790, les nouveaux membres furent nommés. C'étaient :

Decrétot, député du Tiers-État de la Ville de Paris;

le curé David, député du clergé du baillage de Beauvais ;

le docteur Guillotin, député du Tiers-État de la Ville de Paris :

de Bonnefoy chanoine, député de la sénéchaussée de Riom; de Colbert-Seignelay, évêque de Rodez, député du clergé de la sénéchaussée du même nom.

Barère de Vieuzac, député du Tiers-État de la sénéchaussée de Bigorre, et le comte de Virieu, député de la noblesse du Dauphiré, étaient suppléants.

Les quatre premiers commissaires nommés le 30 janvier avaient eu d’abord pour mission « de recevoir les dons des membres de l'Assemblée en faveur des pauvres de Paris, puis d'étudier les moyens de détruire la mendicité. » (3).

(1) Sigismond Lacroix. Op cit. Tome III, p. 488.

(2) 11 y avait à l’Assemblée constituante deux membres qui portaient le nom de la Rochefoucauld : de la Rochefoucauld, député de Paris et de la Rochefoucauld-Liancourt, député de l'Oise. Ce dernier est le philanthrope bien connu:il fut pair de France sous Charles X et mourut en 1827 à l’âge de 84 ans. Son cercueil, porté par les anciens élèves de l'École de Chàâons, fut brisé et roula dans la boue (30 mars 1827).

(3) Sigismond Lacroix. Op. cit. Tome Ill, p. 489.

Page 1