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L'HÔTEL-DIEU

Les Médecins de l'Hôtel-Dieu. — Les Chirurgiens de l'Hôtel-Dieu. — Desault fonde les Cliniques chirurgicales. — Desault el les Sœurs. — Détresse financiére.

L'Hôtel-Dieu, dit l'Alembert, est fort ancien. Il est situé dans la maison même d'Ercembalus, préfet ou gouverneur de Paris, sous Clotaire III, en 665 (1). La même époque est indiquée par d’autres auteurs. « (L'Hôtel-Dieu, dit Boisseau, établi dans un couvent de femmes placé sous l’invocation de Saint-Christophe, ne fut installé que vers l’an 650, sous Clotaire III, et en partie aux frais de Saint-Landry, 29° Évèque de la Cité : Erchinoald, maire du Palais, eut aussi, paraît-il, beaucoup de part à cette bonne œuvre (2). »

Selon le docteur Piétra-Santa, la date de 829 est «plus authenthique. » A cette date en effet, sous le règne de Louis le Débonnaire, une charte de l'Evêque Inchad RS de Notre-Dame) fait mention de l’Hôtel-Dieu.

«Illud hospitale pauperum quod est apud memoriam beati Christofori, ubi fratres, tempore statuto pedes pauperum lavandi

(1) d’Alembert. Encyclopédie. 1765. Article Hôtel-Dieu. (2) Dictionnaire Dechambre. Article Hôpital.

MaceAuliffe, == 5,

FER IDURE

gratia confluunt (1). » La devise de l'établissement était : Medicus et hospes. »

En 1780, l'Hôtel-Dieu occupait un emplacement trop exigu pour son importance ; il était situé des deux côtés de la rivière entre la rue Neuve Notre-Dame, le parvis du même nom, au Nord, la rue de la Bôcherie, au Sud, le Petit-Pont de la rue du Marché-Palu (rue de la Cité) à l'Ouest, le Pont au Double à l'Est. Les bâtiments, séparés par le petit bras de la Seine, étaient réunis par deux ponts, le pont Saint-Charles, spécialement réservé aux malades, le Pont au Double, sur lequel était construit une salle en même temps qu'un passage public (2).

La mauvaise disposition des locaux avait occasionné, dans le cours d’un demi-siècle, trois incendies : le 27 avril 1718, le 2 août 1737, et le 30 décembre 1772. Ce dernier fut terrible ; il éclata la nuit dans les chandelleries, embrasa les boucheries les écuries, un grenier à fourrages, le bâtiment des religieuses, l'infirmerie, les salles S'e Jeanne et du Légat (3). Ce n'est qu’au bout de deux Jours qu'on parvint à se rendre maitre du feu. Les gardes pompiers et la garde de Paris noyaient encore les décombres le 8 janvier 1773. Les 3, 4 et s janvier on releva sous les ruines de la Salle du Légat 12 cadavres, la plupart du sexe féminin, complètement carbonisés ; 2 pompiers furent tués par la chute des murailles et 2 femmes malades qui s'étaient sauvées en chemise chez une

(1) Piétra-Santa. Union médicale, 1866, 2e s., xxxI1, p. 69.

Voir aussi la remarquable histoire de l'Hôtel-Dieu de l'Archiviste Coyecque: L'Hôtel-Dieu de Paris au moyen-âge. Histoire et documents par E. Coyecque. Paris 1891. lome l, p.21 ct.22;

» La plus ancienne mention relative à l'hôpital parisien par excellence » est contenue dans un acte de l’année 829 (Guérard Cartul. de Notre-Dame. » 1, 323, 439, 440. Coll. des Doc. inéd. DD. Félibien et Lobinien, Hist. de la » ville de Paris, 1, 77).

» L'Hôtel-Dieu de Paris, tel qu’il apparaît au début du Xlll‘ siècle, doit » être à notre avis considéré comme la forme définitive et parfaite du ser- » vice d'assistance publique établi dès l’origine du siège épiscopal, en un » mot, cette institution prit naissance quand Paris fut érigé en C£vitas ».

(2) Tuetey. Op. cit. Introduction. Tome 1, p XXXIV.

Voir dans les Mémoires sur les hôpitaux de Tenon (1788), p. 118 et 124» 2 plans de l'Hôtel-Dieu.

(3) Tuetey. Op. cit. Introduction. Tome I, p. xxx. Procès-verbal du commissaire Dorival, 30 décembre 1772). (Archives nationales, Y, 12465). Brièle. Délibérations du Bureau de l'Hôtel-Dieu, 143" registre. Année 1773,

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« ferrailleuse » de la rue de la Bûcherie, moururent de saisissement et de froid.

Les salles de malades étaient construites sur les cuisines, bûchers, buanderies, fonderies de suif, etc. Les tueries des boucheries de Paris avaient été installées à l’'Hôtel-Dieu, et la suifrerie se trouvait encore en l'an II (1794) au-dessous de la Salle Sainte-Marthe. On voit sans peine combien cette disposition présentait d'inconvénients de toute sorte.

Malgré les projets de reconstruction présentés après le sinistre de 1772, dès le 15 mars 1773 (1) par les sieurs Chalgrin et Ledoux, architectes des bâtiments du roi, malgré le projet Poyet (1785) dont il a été question plus haut, rien n'avait été fait pour obvier à ces graves inconvénients, et c'est encore aux hommes de la Révolution que les malades durent d'être débarrassés de ce voisinage incommode (Arrêt du Comité de Salut public du 12 Floréal an Il).

... Le Rapport du Comité de Mendicité renseigne sur les formalités exigées pour l'entrée des malades à l'Hôtel-Dieu et signale la négligence de l'administration.

« Les malades ne sont reçus à l'Hôtel-Dieu qu'après avoir été » visités, les hommes par un chirurgien, les femmes par une » personne de leur sexe appelée visiteuse. Ceux que l'on a admis » sont aussitôt inscrits dans un registre où l’on marque leurs » noms, de baptême, de famille, le lieu de leur naissance, leur » domicile habituel et le diocèse auquel ils appartiennent. Ce qui » est marqué sur le registre est aussitôt transcrit sur une petite » bande de parchemin que l'on attache au bras du malade, et sur » laquelle est aussitôt mentionné, la date de l’entrée et la feuille » du registre où le nom est écrit. Si le malade vient à mourir, » le billet de parchemin est rapporté au bureau d'entrée, et la » mort est écrite en marge du registre, à côté du nom. On » observe comme un défaut essentiel, que ce registre ne contient » aucune colonne pour indiquer la sortie de ceux qui ont été » traités dans la maison ou à ses frais. Par cette omission, il » devient impossible de voir d’un coup d'œil, le nombre des » journées de chaque malade, et d'apprécier la dépense qu'ila

(1) Brièle. Délibérations du Bureau de l’Hôtel-Dieu, p. 23.

5 Len

-» pu coûter. C'est un véritable abue qu'il faut se hâter de » corriger ; il a les plus fâcheuses conséquences pour l'économie » et le bon ordre. » (1).

Les soins hospitaliers étaient surtout donnés par les sœurs, religieuses de l'ordre de S'-Augustin.

« Ces sœurs, maintenant (1791) au nombre de 82 (y compris » celles de l'hôpital S'-Louis), engagées par des vœux perpétuels, » sont aidées par 20 filles, dites de la chambre, qui se consacrent » au service des pauvres, sans faire de vœux et sansexiger aucuns » gages. Le même établissement réunit environ 580 serviteurs » et servantes, gagée et répandus dans les différentes salles et les » divers offices, 25 prêtres et 4 enfans de chœur, 15 officiers » principaux, 62 officiers de santé, non compris les médecins » qui ne sont ni nourris, ni logés dans la maison ; ce qui fait un » nombre total de 790 personnesenviron, employées directement

ou indirectement au service des malades » (2).

Il ne paraît pas indispensable de revenir sur la situation misé-

-rable des malades à l’Hôtel-Dieu. Cependant, pour répondre aux objections qui peuvent être faites (3), il n'est pas inutile de citer un document du 12 avril 1790 (4).

A cette date l'Hôtel-Dieu dispose de 1488 lits.

1° pour les hommes : 308 grands lits (5), 10 lits à cloison, à deux places,

291 petits lits ;

2° pour les femmes : 153 grands lits, 140 lits à cloison, à deux places, 419 petits lits ;

3° pour les enfants : 39 berceaux dans les salles d'hommes, 38 — — — |, de femmes.

(1) Rapport du Comité de Mendicité. Archives parlementaires. Op. cit. Tome XXII, p. 378.

(2) Mémoire de de Jussieu à la Commune. Op. cit. Bibl. Nat. L4® b, 1221, P: 6.

Le «tableau des Hôpitaux de Malades » sans date (17012). Archives Nat. FE 3578 ser la journée commune du consommateur à l’Hôtel-Dieu à 141, 4,5: 2e

(3) Nous faisons allusion à un entretien que nous avons eu avec un de nos maîtres les plus distingués, M. le Docteur Jayle.

Voir aussi un article de la Presse médicale du 23 mai 1900. ete DER Op. cit. Tome 1, p. 108, n° 42. Minute : Archives nationales.

(5) Il y avait aussi de grands lits pour les domestiques de l'hôpital.

1488 lits, ainsi 1500 lits en chiffres ronds.

D'autre part, le 161e et dernier registre de l'Hôtel-Dieu (12janvier 1791) établit que le r°° janvier 1700, le chiffre des malades présents était de 2837, 3000 en chiffres ronds.

Etudions plus attentivement le tableau précédent.

291 + 419 = 710 petits lits, peuvent recevoir 719 personnes ;

10 + 140 = 150 lits äcloisons, peuvent recevoir 30opersonnes; 39 + 38 — 77 berceaux peuvent recevoir 77 enfants, Donc 710 + 150 + 77 = 837 lits, 850 en chiffres ronds, reçoi-

. vent 710 + 300 + 77 = 1087 malades, 1100 en chiffres ronds.

IT ressort donc que 1500 — 850 = 650 lits doivent recevoir 3000 — 1100 = 1900 malades, c’est à-dire qu’il y a en gros un lit pour 3 malades {1}. Encore faudrait-il tenir compte des lits qui restaient nécessairement disponibles. On a vu du reste plus haut que certains lits recevaient quatre malades. « Les souffrances de l'enfer, dit Cuvier, devaient surpasser à peine celles des malheureux serrés les uns sur les autres, étouffés, brülants, ne pouvant remuer ni respirer, sentant quelquefois un ou deux morts entre eux pendant des heures entières. » (2).

Que penser de cette Administration générale du Temporel, vantée par le D' Emile Richard{(3), et du Bureau de l'Hôtel-Dieu lui-même, qui couvrait de pareils scandales ? Est-ce qu'il n'est pas justifié ce mot d’Alembert, qui disait de l'Hôtel-Dieu :

« Il est resté comme un gouffre toujours ouvert où les vies des hommes, avec les aumônes des particuliers vont se perdre. » (4)?

Les Médecins de l’'Hôtel-Dieu. — Fort heureusement, les soins purement médicaux ne manquaient pas.

Les malades étaient visités par les médecins de l'établisse-

(1) Encore le chiffre des malades présents fut-il souvent bien plus élevé; lorsqu'il visita l'Hôtel-Dieu, Halem y trouva 4500 malades. Il y en eût jusqu'à 7000. Cf. Chuquet, Op. cit. p. 361 et Mémoire de de Jussieu à la! Commune. Bibl. Nat. Lb‘° 1221, p. 6.

(2) Maxime du Camp. Paris,ses organes, ses fonctions et sa vie,1879; p.137.

(3) Dr Emile Richard. Op. cit.

(4) D'Alémbert. Encyclopédie. 1765. Article Hôtel-Dieu.

ment à 6 heures enété, à 7 heures en hiver (1), et la contre-visite était faite par un médecin expectant (auxiliaire) à cing heures du soir.

Ces appellations de médecin ( expectant, résident, pensionnaire ou ordinaire » demandent une explication.

Il y avait à l'Hôtel-Dieu 12 médecins. On les choisissait «dans » la faculté de Paris, parmi ceux qui ont dix années de doctorat ; » ce qui suppose en eux une expérience acquise et une considé- » ration méritée. Les dix premiers font les visites du matin » dans les salles assignées à chacun d'eux ; les deux derniers, » sous le titre d’expectans, viennent le soir, pour parcourir » toutes les salles, et y voir les malades nouveaux et ceux qui » ont besoin d’une seconde visite. Tous remplissent chaque jour » leurs fonctions avec zèle ; mais, logés dans des quartiers sou- » vent éloignés, et obligés d’ailleurs à un autre service public, » ils s’astreignent plus difficilement à des heures fixes, qui » seroient cependant si essentielles pour la perfection du régime » intérieur. Peut-être seroit-il plus utile pour l'Hôtel-Dieu, que quelques-uns ÿ fussent logés et attachés exclusivement à son ser- » vice, moyennant un plus fort honoraire (2). »

Cette dernière réflexion de de Jussieu infirme les renseignements donnés par le Dr Corlieu sur l'existence de médecins-résidents de l'Hôtel-Dieu, à cette époque.

D'après cet auteur il y aurait eu à l'Hôtel-Dieu trois catégories de médecins : les médecins-pensionnaires ou ordinaires, chefs de service, qui recevaient 000 livres par an, les médecins-expectans ou auxiliaires, chargés des contre-visites et qui touchaient 300 livres par an, enfin le médecin-résident qui pouvait être choisi parmiles pensionnaires ou les expectants, et qui était logé, nourri, chauffé, éclairé et blanchi par la maison. Ce médecin aurait joué à peu près le rôle de nos internes d'aujourd'hui et aurait assuré le service pour les heures de la journée où les médecins pensionnaires et expectants étaient absents. Cette charge fondée, le 18 novembre 1771, bien que la création en eût

(G:) Mémoire pour la prieure de l'Hôtel-Dieu. 20 janvier 1788 Paris, N-H. Nyon. 1788. Bibl. Nat. Impr. 4° F* 24096 et 24100, p. 34.

(2) Compte-rendu à la Commune par le Département des Hôpitaux. Imp. Lottin aîné. Bibl. Nat. Lb 40, 1221, p. 22.

été résolue, d'après le D' Cornu (1), depuis le 17 mars 1691, assurait au médecin-résident 1500 livres d’appointements (2).

Le D' Corlieu ajoute que tous les médecins déjeunaient à l’apothicairerie de l'hôpital et qu'il leur était alloué un quarteron de pain et un demi-setier de vin par personne. Nous n'avons pu trouver trace pour l'époque qui nous occupe de l'existence de cette charge de médecin-résident non plus que de la relation de cette dernière coutume (3).

Le matin, lorsque le médecin pensionnaire (ordinaire) faisait la visite il était accompagné de la religieuse en chef de chaque salle, d'un infirmier ou d’une infirmière, du chirurgien de salle ou bien d’un garçon apothicaire ou d'un chirurgien externe qu'on appelait le « topique ». Le chirurgien tenait le cahier des aliments et l’apothicaire le cahier des drogues (4).

Les visites devaient être de courte durée si l’on en croit le « mémoire pour la prieure de l'Hôtel-Dieu » (5):

Le médecin passe, « aborde le malade, le questionne, lui tâte le pouls, demande l'effet du remède, de la nourriture, l’état des accidens....»

D'après le D' Corlieu (6). la visite du médecin-pensionnnaire devait être suivie par cinq élèves au plus. Le régime des malades, d’ailleurs suffisant, était fixé par les règlements.

(1) D‘ Georges Cornu. A l'hôpital, il y a deux siècles. L'Hôtel-Dieu. Les compagnons chirurgiens et externes. Thèse pour le doctorat en médecine. Paris, 1897, p. 25, d'après les Délibérations du Bureau de l’Hôtel-Dieu.

(2) Cf. D’ Corlieu. Les Médecins de l'Hôtel-Dieu du XV* au XIX' siècle. France médicale, 1898, n° 23, 28, 29, 30, 31, 32. p. 498, 514, 515, 516, 658.

(3) 11 semble, au contraire, que s’il exista antérieurement, ce poste de médecin-résident ne fut pas maintenu ; le document cité plus haut semble établir cette affirmation. Ajoutons qu'en 1790. de Jussieu se plaignit à l'Assemblée des Représentants de la Commune.de ce qu'aucun des 12 médecins de l’Hôtel-Dieu ne fûtlogé à l'Hôpital : « C’est, dit-il, une des réformes les plus urgentes à accomplir. »

(Sigismond Lacroix. Actes de la Commune de Paris. Paris, 1897. Tome V (15 avril-8 juin 1790}, p 266 et 267 : Mémoire de de Jussieu sur les Hôpitaux de malades).

(4) Mémoire pour la prieure de l’Hôtel-Dieu, 20 janvier 1788. Paris, N.-H. Nyon. Bibl. Nat. Imprimés, 4° F*, 24096 et 24100, pe 33.

(5) 1d., p. 33, (6) D: Corlieu. Op. cit., p. 516.

Le tableau et les indications suivantes sont empruntés aux articles publiés dans la « France médicale » (1) ; » En 1780, les médecins de l'Hôtel-Dieu étaient :

Expectants : Ordinaires :

Ds aa at ee PL — 1753 D EMGTAU TES NE A A ANT — 1702 » Roussin de Montabourg. 1922 1975 » Danié-Despatureaux .... V2 1775 » Solier de la Romillais.. 1772 1777 De Mallet ne nee ee 17 1780 » Grossin-Duhaume...... 1780 1782 » Levacher de la Feutrie . 1782 1784 DAÉÉDFÉR NE le 1787 1787 DNCOUTAVOA NE. He 1789 1787 ARHADAUS SR 7, A eo 1789 1787

(Il faut ajouter à cette liste, Bocquillon, nommé médecin ordinaire, en même temps que Lepreux et Coutavoz, le 16 juillet 1787) (2).

» Dejean est mort en 1702, et de Montaigu, expectant depuis » 1700, fut nommé médecin ordinaire.

» Majault, Michel-Joseph, reçu docteur le 15 octobre 1738, » visitait à la fois les malades de l'Hôtel-Dieu et ceux des Incu- » rables. Il avait été médecin du roi aux armées d'Allemagne. Il » avait publié des mémoires sur les eaux de l’Yvette, de la Seine, » d’Arcueil, etc., ilest mort en l'an VIII (1800).

.» Roussin de Montabourg, J.-Armand fils, reçu docteur le » 4 octobre 1762 ; mort en 1702, il fut remplacé par Marie- » Antoine Petit, mort en 1840.

» Danié-Despatureaux Gui, reçu docteur le 6 octobre 1756, » avait été élu professeur d'accouchements en 1761, professeur » de chirurgie française en 1766, médecin expectant le 6avril1772, » médecin ordinaire le 8 mars 1775 ; il est mort en 1806.

» Sollier de la Romillais, Benjamin-Michel, reçu docteur le

(1) D' Corlieu. Op. cit. — Le nombre des médecins avait été considérablement augmenté pendant le dix-huitième siècle. L'hôtel-Dieu, d'après le Dr Cornu (Op. cit., p. 25),en possédait cinq seulement en 1689.

(2) Tuetey. Tome 1. Op, cit., p. 97.

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20 octobre 1770, avait été élu professeur de physiologie et de pathologie en 1770, de pharmacie en 1785 ; en 1704, il fut nommé médecin-expectant en 1772, ordinaire en 1772 et est mort en 1796 (an IV).

» Mallet, Noël-Nicolas, reçu docteur le 14 septembre 1758, avait été élu professeur de chirurgie latine en 1764. de chirurgie française en 1784, de pharmacie en 1786 et de chirurgie latine en 1788. Nommé médecin expectant le 29 janvier 1777, il devint médecin ordinaire le 1° mars 1780 et est mort le 8 avril 1813.

» Grossin-Duhaume, Etienne, reçu docteur le 3 octobre 1760, fut élu professeur de chirurgie française en 1776, de pharmacie en 1782 ; il donna sa démission en 1784 et est mort en l'an III.

» Levacher de la Feutrie, Thomas, avait été reçu docteur à Caen, puis à Paris le 14 octobre 1768. Nommé expectant en 1782, il succéda à Philip démissionnaire, en 1784. Il est mort au mois de mars 1700.

» Lepreux, Paul-Gabriel, reçu docteur le 10 septembre 1766, élu professeur de pharmacie en 1777, fut nommé en 1787 médecin ordinaire de l'Hôtel-Dieu. Il devint médecin consultant de l'empereur en 1808 et est mort en 1816.

» Coutavoz, J.-Auguste, reçu docteur le 17 septembre 1768, fut nommé ordinaire en 1787, lorsque le nombre des médecins de l’Hôtel-Dieu fut porté à 11. Il est mort au mois de juillet 1789 et fut remplacé par Thauraux.

» Thauraux, Jean, reçu docteur le 4 septembre 1776, nommé expectant en 1787, succéda à Coutavoz, le 1°" juillet 1780. Il est mort en 1806.

» En 1700, on nomma comme médecins expectants de Frasne et de Montaigu.

» De Frasne, Jean-Martin,.reçu docteur le 9 septembre 1774, avait été élu professeur de matière médicale en 1777, d’accouchements en 1783 ; 1l fut nommé expectant en 1790 et ordinaire en 1793. Il est mort en 1813.

» De Montaigu, Louis-Cyprien Piot, reçu docteur le: rer 1782, expectant le 10 mars 1700, devint ordinaire en 1792 et est mort le 4 novembre 1832. Il fut membre de l'Académie de médecine (1821). »

Les Chirurgiens de l’'Hôtel-Dieu. Desault fonde les Cliniques chirurgicales. — La chirurgie était exercée sous l'inspection d’un chef, nommé par le bureau, et choisi parmi les plus célèbres de la capitale : |

» Logé et nourri à l'Hôtel-Dieu, il y emploie une partie de la » journée au traitement des malades et à l'instruction des élèves » qui s'y portent en. grand nombre. Ils y trouvent tous les » moyens de se perfectionner dans leur art, soit dans les salles » où l'on tient des journaux exacts pour chaque malade, soit » dans un amphithéâtre où l'on pratique les grandes opérations, » loin des autres malades qui ne sont point troublés par les cris » des personnes opérées. Celles ci peuvent quelquefois répugner » à la publicité de l'opération ; mais la nécessité de l'instruction » en fait une loi générale ; et il convient d’ailleurs de s’en rap- » porter à la prudence gt à l'humanité du premier chirurgien, » pour les ménagements qu'il doit garder dans les diverses » circonstances. Ceux qui le secondent, au nombre d'environ 40, » sont distribués par classes, qu'ils parcourent successivement.

"» Ils sont d'abord simples ex/ernes, sans logement ni nourriture ; » puis ils deviennent chirurgiens commissionnaires, nourris et » non logés ; puis chirurgiens internes, logés et nourris, admis, » après un examen et distingués en chirurgiens de garde, pour » les salles et chirurgiens de porte, pour la réception des malades. » Les deux plus anciens parmi ces derniers passent, pendant » 6 ans, aux places de gagnans-maîlrise, après un second examen, » sous forme de concours: et ils partagent, avec le premier chirur- » gien,les détails des grandes opérations. Ce n’est qu'après avoir » passé par tous ces grades, qu'ils parviennent à la maîtrise, au » bout de 26 ou 30 ans, terme bien long et qui en rebute une » grande partie. » (1).

Le chirurgien-major était Desault (2). Né le 6 février 1744, au

(1) Compte-rendu à la Commune par le Département des hôpitaux. Rapport de de Jussieu. Imprim. Lottin aîné, p. 21 et 22. Bibl. Nat. Lb40, 1221.

(2) Voir sur la vie et les œuvres de Desault :

V Desault Thèse de Paris. 1849. ‘

D' Labrune. Etude sur la vie et les travaux de Desault (Couronné par l'Académie de Besançon)

Un chirurgien au siècle dernier. P.-J. Desault, par Emile Sauzay (arrièrepetit-neveu du Maître), Thèse pour le doctorat. Paris, 1880.

Daremberg. Histoire des sciences médicales. Paris, 1870, Tome Il, p. 1286, etc. etc

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