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charité. » On y recevait tous ceux que la misère rendait inactifs, et moyennantune paye qui variaitde 1oà 18sols au maximum(1)}, on les occupait, sur les rives de la Seine principalement, à des travaux de terrassement (2). En mai 1780, on ouvrit de nouveaux ateliers où les salaires furent un peu plus élevés (20 sols) et l’atelier de charité de Montmartre occupa pendant quelque temps 18.000 ouvriers. D’autres furent également créés dans l’année, et jusqu'en 1791, date à laquelle on les supprima, ils rendirent d’appréciables services (3).
Pour les femmes et les enfants, la Municipalité organisa des ateliers de filature. Elle en créa dans les couvents des Récollets, à Ste-Geneviève, à Chaillot, à Picpus. Le magasin général de la filature recueillait les produits de ces ateliers et en assurait la vente au profit du Trésor. Enfin, le Mont-de-Piété, créé par lettres patentes du 9 décembre 1777, soulagea bien des misères, et ses bénéfices servirent à l’amélioration du sort des pauvres de l'Hôpital général (4).
Mais si généreuses qu'elles fussent, ces œuvres n'étaient ni coordonnées, ni systématiques. L’Assemble nationale se rendit compte que la tâche qu'elle entreprenait ne pouvait être que provisoire. Elle résolut, avant d'arrêter un (système » définitif,
d'ouvrir une série d’enquêtes.
De son côté la Municipalité parisienne décida, dès sa création, de recueillir elle-même des informations sur la situation des pauvres à Paris et dans les hôpitaux en particulier.
L'Assemblée nationale créa le Comité de Mendicité, tandis que la Municipalité de Paris instituait le Département des Hôpitaux et se chargeait même de leur administration.
Il était réservé à la Convention d’ériger en lois les indications
(1) 10 sols au maximum pour les enfants, 18 sols au maximum pour les hommes.
(2) Ces malheureux étaient obligés, malgré ces salaires dérisoires, de se munir à leurs frais des instruments de travail, pioches ou pelles.
(3). Ces ateliers furent supprimés définitivement le 1° juillet 179. Voir la lettre de M Pastoret aux administrateurs destravaux publics (20 juillet 1791). Extr. AN F13, 1138.
(4) En 1780, les bénéfices furent singulièrement amoindris par la remise gratuite des vêtements d'hiver et des linges de corps engagés, que Louis XVI décida au mois d'octobre.
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qui ressortaient à la fois des études de l’Assemblée nationale et de celles de la Municipalité, et l’on peut dire qu'en matière d’Assistance publique, nous vivons encore aujourd’hui sur cet admirable héritage que nous ont légué nos ancêtres (1).
Mais avant d'étudier l'œuvre du Comité de Mendicité et celle du Département des Hôpitaux, il n’est pas inutile de faire connaître rapidement le régime des hôpitaux parisiens à la fin du XVIIL siècle.
(1) En dehors de toute autre considération, il convient sans doute de rappeler ces bienfaits, dans un temps où certains esprits les méconnaissent, ou feignent de les méconnaître.
M. Drumont n’a-t-il pas dit, en effet :
« Chez nous, tous les êtres libres, qu'ils appartiennent à l’éliteintellectuelle » ou au prolétariat, sont unanimes à maudire cette Révolution manquée, et » à déclarer qu'elle ne nous a rapporté que le paupérisme, le déshonneur » et la ruine. » (Fin d’un monde, p. 19).
: L'Administration générale du Temporel
L'Hôpital général Le Bureau de lHôtel-Dieu
| Le Grand-Bureau des Pauvres
État déplorable des Hôpitaux et en particulier de
l'Hôtel-Dieu, à la fin du XVIH"“ siècle.
En 1780, la ville de Paris possédait plus de 700.006 habitants (1) et, pour cette population considérable, on n’y comptait, en dehors des maisons de santé particulières (2), que 23 hôpitaux ou hospices proprement dits. Parmi cesétablissements, les moins importants étaient sous la dépendance du clergé ou dirigés par des administrations privées (3) ; les autres relevaient de trois grands bureaux ; le Bureau de l'Hôpital général, le Bureau de l'Hôtel-Dieu et le Grand-Bureau des Pauvres.
(1) Necker évalua à 620,000 habitants le chiffre de la population parisienne en 1784. Cf.: Recherches statistiques sur la ville de Paris et du département de la Seine. Tome VI (Archives de la Seine).
(2) La pension d’aliénés des demoiselles Douay par exemple. Voir Archives nationales DV, 5, n° 61.
(3) Il ne sera point question ici des hôpitaux pour militaires où vieux ecclésiastiques (maison de santé, hôpital des protestants, etc.}, mais en dehors de trois hôpitaux payants mixtes, intéressants à signaler, on ne s’occupera que des hôpitaux, hospices, maisons, réservés aux indigents.
Voici comment se répartissait dans son ensemble le service des hôpitaux de Paris :
Hôpital Notre-Dame de Pitié.
Hospice de Bicêtre.
Hospice de la Salpétrière.
Hôpital des Enfants-Trouvés.
Hospice de Vaugirard.
Hôpital du S'-Esprit (orphelinat) (1 |
Bureau
de l'Hôpital général
Hôtel-Dieu.
Bureau Hôpital StLouis.
de l'Hôtel-Dieu Hospice des Incurables.
Hôpital de la Santé ou de Ste-Anne (2).
Grand Bureau \ Hôpital des Petites-Maisons.
des Pauvres | Hopital de la Trinité (orphelinat).
/ Hôpital de la Charité (3).
Maison de Charenton (3P5).
| Hospice St-Merry.
ARGUS Hospice St-André des Arts.
ge Hospice St-Jacques du Haut-Pas (4). à Hôpitaux re | Hospice St-Sulpice (5).
possédant une Hospice des Quinze-Vingts.
administration Hospitalières de la Charité Notre-Dame ou de Pre la Place Royale. |
particulière 2
Hospitalières de la Roquette.
Maisons Hospitalières de St-Mandé.
payantes | Hospitalières de la Miséricorde de mixtes | Jésus, rue Mouffetard.
Hospice des Écoles de Chirurgie (6).
(1) N’eut jamais le caractère d'Hôpital et fut supprimé le s avril 1702.
(2) 1l peut être intéressant de mentionner que ce dernier est aujourd’hui un asile départemental, qui, en cette qualité, ne ressortit pas à l’Assistance publique.
(3 et 3bis) Ces deux maisons appartenaient aux Frères St-Jean de Dieu, religieux de la Charité.
(4) Aujourd’hui Hôpital Cochin.
(s) Aujourd’hui Hôpital Necker.
(6) D'autres maisons portaient le nom d'hôpital ou d’hospice, sans avoir véritablement le caractère de l’un ou l’autre de ces établissements. Ainsi l'hô-
des Bureaux de l'Hôpital général et de l'Hôtel-Dieu appartenait aux Chefs de l'Administration du Temporel. Ceux-ci étaient à l'origine au nombre de deux, le premier Président et le Procureur Général du Parlement ; on leur adjoignit en 1676 l'Archevéque de Paris, puis en 1690, les Premiers Présidents de la chambre des Comptes (1) et de la Cour des Aides, le Lieutenant-général de Police et le Prévôt des marchands. En 1700 (2), on remplaça ces deux derniers par le Maire de Paris, Chef de la Municipalité. Le souci de confier l’administration à la ville de Paris se manifesta encore mieux en 1791, par ce fait que le Maire est nommé Chef de l'Administration de tous les hôpitaux (3). La Convention, d'ailleurs, devait déposséder la Municipalité de Paris, en faveur délEtat.
Le Conseil administratif ainsi constitué pourrait être comparé au Conseil supérieur de l'Assistance publique. Au-dessous de lui deux conseils particuliers étaient chargés de la Direction, l’un de l'Hôpital général, l'autre de l'Hôtel-Dieu.
Bien que le clergé eût dans l'Administration générale du Temporel une influence prédominante, comme l'atteste ce fait, qu'il était en 1789 présidé par l’Archevèque de Paris, les administrateurs étaient des laïques pour la plupart et dans les deux bureaux qui en dépendaient, il n’y avait aucun membre du clergé.
Hôpital général. Fondé par Louis XIV le 27 avril 1656 (4), inauguré le 14 mai 1657 par l'incarcération de plus de cinq mille mendiants qui furent répartis entre les différents établissements du ressort, le Bureau de l'Hôpital général fut
pital de St-Gervais (Ste-Anastase) n’était qu'un asile pour les pauvres. L’hospice (aujourd’hui hôpital) Beaujon ne fut jusqu’en l'an III qu’un orphelinat ; de même l'hôpital du St-Esprit, dépendance de l'Hôpital général, et l'hôpital de la Trinité dépendance du Grand Bureau des Pauvres.
(1) Voir Tuetey. L’Assistance publique sous la Révolution. Tome I, p. 96, d’après l’almanach royal.
(2 et 3). Tuetey. Op. cit. Tome I, p. 97 et 98.
(4) D' Octave Guiller. Histoire de l’hôpital Notre-Dame de Pitié Us 1882). Paris, 1882. Bureaux de la Gazelle des Hôpitaux, p. 24.
supprimé le 11 avril 1791 (1). Son importance déterminée par celle des hospices ou hôpitaux qu'il administrait, était considérable. Huit cents villes ou villages lui envoyaient leurs indigents et plus du quart de tous les mendiants français, y compris les fous, les épileptiques et les incurables de toutes les provinces étaient à sa charge (1 bis). Il administrait les Grandes et les Petites Maisons (2). Les Petites Maisons réunies à l'Hôpital général après sa fondation, comprenaient les hôpitaux des Enfants- Trouvés (3), des Enfants-Rouges (4), du Saint-Esprit (5), de Vaugirard {6) et le Refuge de Sainte-Pélagie. La Pitié, la Salpêtrière, Bicêtre et Scipion (7), constituèrent le groupe des
(1) Emile Richard. Thèse pour le doctorat en médecine (1889): Histoire de l'hôpital de Bicêtre (1250-1791), p. 5 et p. 21. Cf. Tuetey. Op. cit. Tome |. Introduction, p. xxvr.
(1 bis). « L'Hôpital général nourrit et secourt journellement à peu près » 13000 pauvres, qui sont Enfans, Vieillards ou Infirmes. » 11 renferme environ 1400 prisonniers, qui lui sont adressés par les Trici bunaux. : E » Et l'Hôpital des Enfans-Trouvés est toujours chargé d’environ 13 à » 14000 Enfans des deux Sexes (Pensionnaires des 3 Maisons + enfants « distribués » en province).
» D’après la vérification qui en a été faite, la Ville de Paris contient “ environ 50 différens hôpitaux, ou Maisons de secours, dont neuf seulement » dépendent de l'Hôpital général.
» On compte dans ces 50 Hôpitaux, en y comprenant les Enfans-Trouvés, à n peu près 36000 pauvres ou malades ; et de ce nombre, l'Hôpital général et » celui des Enfans-Trouvés en réunissent, comme on l’a démontré, près de » 30000. | | 4 » Letraitéde l'Administration des finances nous apprend qu'on peutencore compter à peu près 700 Hôpitaux, ou Maisons de secours dans l’étendue de » la France ; et Que Ces 700 Maisons contiennent environ 110.000 pauvres ou » malades. » ; Mémoire pour l'Hôpital général de Paris et pour celui des Enfans-Trouvés de cette Ville (Arch. N-ADXIV3), p. 9 et 10.
À Paris, de l'Imprimerie de Seguy-Thiboust. Imp. de l'Hôpital général, Placcambrai, 1790.
(2) I importe de distinguer les Petites Maisons, groupe d’hôpitaux dépendants de l'Hôpital général, et l'hôpital des Petites Maisons qui existait à
l’époque étudiée dans cet ouvrage et qui dépendait du Grand Bureau des pauvres.
(3) Rattaché en 1670.
(4) Rattaché le 23 mars 1680, supprimé en 1772.
(s) Rattaché le 12 avril 1680.
(6) Rattaché à sa fondation, en 1781.
(7) La plupart des renseignements ainsi que ceux qui suivent sur l’'Hôpi-
du.
Grandes-Maisons. Du Bureau de l'Hôpital général dépendaient encore la maison de Scipion, et le Refuge de Sainte-Pélagie. En 1751, le clergé tenta, par l'intermédiaire de l’Archevéque
Christophe de Beaumont (r}, de mettre la main sur l'Adminis- :
tration de ce Bureau, et obtint du roi (Déclaration du 24 mars) que les administrateurs ne seraient plus recrutés par élection, ni nommés à vie, mais choisis par l’Archevèque et nommés par le roi.
. Le Parlement résista avec énergie et refusa d'enregistrer l’acte royal (2). Deux lettres de Jussion (16 août et s septembre 1751) lui furent envoyées, mais il eut enfin gain de cause et la « Déclaration » de Louis XV fut rapportée le 15 mars 1758.
On trouvera dans les documents publiés par M. Tuetey (3), les noms des dix-huit administrateurs civils du Bureau de l'Hôpital général pour l’année 1780. Il y avait en outre un receveur général charitable, deux greffiers et quinze officiers de la Direction.
Le Bureau était établi à l'Hôpital de la Pitié (4), rue Copeau, carrefour Saint-Victor, et cet hôpital était suivant l'expression consacrée « le lieu du domicile judiciaire de l'administration ». Les administrateurs s’y assemblaient tous les lundis « pour y faire les réceptions des pauvres destinés à être admis dans les différentes maisons de l'Hôpital général » (5) et pour y délibérer
tal général sont extraits de la thèse d'Emile Richard, op. cit, p. 204 21, 22, 2B 2412020502 1e
Pour l'histoire des débuts de l'Hôpital général, consulter :
P. Jourdan. Histoire de l'Hôpital général (Paris, 1676).
(1) Emile Richard. Op. cit., p. 21.
(2) Le Parlement était à cette époque mal disposé à l'égard de la Cour de Rome. En 1756 il fit brûler en place de Grève un mandement de l’Archevêque de Paris, et força les Curés à administrer les sacrements aux Jansénistes (voir : Aulard, histoire politique de la Révolution française. Paris, Armand Colin. Avril 1900, p. 14). 11 convient de ne pas se tromper sur la signification de ces luttes contre le Clergé. Elles se déroulaient à l'époque même des arrêts contre les philosophes, et jusqu'à la Révolution le parlement n'eut d'autre but que de soutenir et de fortifier le pouvoir royal.
(3) Tuetey. Op. cit., tome |, p. 171 et 172.
(4) Le dictionnaire Dechambre indique à tort la Salpêtrière comme résidence du Bureau de l'Hôpital général (Article Hôpital).
(s) Tuetey. Op. cit. Tome 1, p. 156. Observations sur le régime et la destination de la Maison de la Pitié, avec lettre d’envoi des administrateurs de l'Hôpital général (au département des Hôpitaux), 17 mai 1790.
sur les affaires relatives au gouvernement des hôpitaux qui en dépendaient. É
Toute décision était prise à la majorité des suffrages. Le greffier de la Direction enregistrait les décisions, tandis que le receveur charitable était chargé de la comptabilité. Les bureaux du greffe, des affaires contentieuses, des archives et des opérations de la caisse étaient placés dans la maison, mais la caisse générale (1) se trouvait à l'Hôpital du Saint-Esprit et était ouverte pour les paiements le mercredi et le samedi.
C'était encore à la Pitié qu'on visait et immatriculait toutes es rentes payées par l'Hôpital général (2), et que se trouvaient ce qui constitue aujourd’hui le magasin central de l’Assistance publique du boulevard de l'Hôpital, les magasins nécessaires à l'entretien du vestiaire et l’ameublement des hôpitaux, les magasins des salines, beurres et fromages et « de toutes les parties de chincailleries et d'épiceries. dont la distribution se fait dans toutes les maisons (3) ». Le Conseil d'Administration pour l'année 1789 était riche en légistes et en hommes d'affaires. On y comptait en effet deux fermiers généraux, un payeur de rentes, deux anciens échevins, d'anciens avocats, un maitre des comptes, un secrétaire du roi, un conseiller au Châtelet, un professeur au Collège Royal de pharmacie. Il est à remarquer que les médecins n’y étaient pas représentés.
Le soin des affaires litigieuses était confié aux officiers de la direction, un ancien avocat, un avocat aux Conseils, un notaire, deux huissiers dont un huissier priseur, un procureur au cidevant Parlement et un procureur au Châtelet.
Le célèbre architecte Viel, de l’Académie des sciences de Rouen, était chargé de l’entretien des bâtiments, tandis que le service de santé était organisé comme suit :
Philips (1), doyen de la Faculté, professeur de pathologie externe, fut jusqu'en 1792 le médecin de l'Hôpital général. Il ne
(1) Emile Richard, op. cit., p. 22.
(2)BMuetey 20pCir.lomelL per 0 (3) Tuetey, op. cit. Tome I, p. 176
(1) Philips (Joseph), né en Provence, à Entrevaux. Il avaiteu comme prédé-
cesseur dans ses fonctions à l'Hôpital général, Goulard, docteur de Reims, auquel il succéda en 1782.
NS
résidait pas à la Pitié. Saïllant (1), Son Assistant pour là Salpétrière, où ilrésidait, était plus spécialement chargé de l'infirmerie de cet hospice ; mais il n’accepta la place que pour peu de temps, résigna ses fonctions et fut remplacé par Chambon de Montaux. Celui-ci, ayant été révoqué en 1790, se consacra à la vie publique (2), Saillant se fit nommer de nouveau médecin de la Salpétrière, mais il fut congédié le 4 novembre 1791. Ces médecins furent les derniers de l'Hôpital général.
De 1770 à 1792, Brun fut chirurgien en chef des maisons de l'Hôpital général et résida à la Pitié. Il eut pour aide Girardeau, chirurgien en chef en survivance, qui conserva ses fonctions de 1789 à 1702 (3).
Philips touchait 1000 livres par an, et pour cette somme visitait chaque maison de l'Hôpital général deux fois par semaine. Une voiture était à sa disposition pour la visite de Bicêtre.
Saillant ne touchait pas d’'émoluments. Le chirurgien en chef avait droit au logement à la Pitié et touchait mille livres par an (4). Il visitait deux fois par semaine Bicètre et la Salpétrière et toutes les opérations devaient se faire en sa présence.
(1) Saillant (Charles-Joseph},né à Paris en 1747, médecin de la Salpêtrière, fut révoqué en 1791. Riche et influent, il eut beaucoup de peine à se consoler de sa disgrâce et en fit appel au roi; mais celui-ci confirma la décision du Directoire du Département.
(2) Chambon de Montaux fut médecin de la Salpétrière de 1786 à 1790, date à laquelle il fut destitué. Ù
Voici ce que dit le Journal de la Municipalité et des districis (n° du 8 avril 1790) de cette révocation :
« Les administrateurs de l'Hôpital général ont jugé à propos de destituer > de sa place de médecin M. Chambon. Les motifs, constatés dans un procès- »> verbal fait par cette administration et que, par ménagement, elle n’a pas » fait porter sur ses registres, sont quelques propos désobligeants sur les > sœurs officières, des vivacilés quand elles manquatent au service, un propos » irréligieux que M. Chambon a démontré être fondé sur une équivoque. » 1l fut élu maire de Paris à la fin de novembre 1792. Cf. : Sigismond Lacroix. Actes de la Commune de Paris. Paris 1895. Tome IV, p. 604.
Il a d’ailleurs été fort attaqué aussi bien comme médecin qu'en qualité d'homme politique. Cf. : les attaques du D' Retz, à propos de deux ses livres. l'an en français intitulé : Moyen de rendre les hôpitaux plus utiles à la mation, l’autre en latin, traitant de quelques observations ‘cliniques. (Nouvelles ou Annales de l’Art de guérir à l’usage des gens du monde 1789. T. VII, p. 266, 1790. T. VI, p. 221. Bibl. Nat. T. 32, IU.
(3) D'après Emile Richard. Tableau du Collège et Académie de chirurgie. Bibl. Nat. T. 1,1X. Almanach royal, 1736-1792.
(4) Emile Richard, op. cit., p. 115, d'après la Collection Joly de Fleury.
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Il y avait en outre des chirurgiens gagnant maitrise attachés aux divers hôpitaux (1) et parmi ceux-ci, à Bicêtre, le fameux Michel Cullerier nommé en 1787: un chirurgien spécial pour les bandages herniaires, un apothicaire en chef à la Salpétrière et dans chacune des deux autres grandes maisons la Pitié et Bicètre, des apothicaires gagnant maîtrise.
Un recteur pour le spirituel avait sous ses ordres un certain nombre de prêtres répartis entre les hôpitaux qui dépendaient du Bureau.
Le montant des revenus de tous les hôpitaux parisiens s'élevait, en 1780, à 8 millions de livres (2). Les revenus de l'Hôpital gcnéral s'élevaientà 3 millions 548.185 livres et ceux des Enfants- Trouvés, sa dépendance, à r: million 145.019 hvres.Voici, empruntée à la thèse remarquable d'Emile Richard (3) sur l'hôpital de Bicêtre, la liste des revenus de l'Hôpital général :