LA BBV0LX3TI0N
lîté ec»aiine un principe; nous fais<»n» aux pouvoirs oppresseurs un ao^guoeat ac2 haminem^ et rien de plus; Noua faisons un ai^pel. légitime et raisonnable à leur équité isaturelle, sans entrer le moins du monde dans la <fuestion de principe. « Accordez-nous au moins, leur disons-nousy ce que vous accordez, aux aiïtres citoyens; c'est de droit naturel. » Ëa parlant ainsi, catholiques et libéraux, i^<>us aommes tous: d'accord. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas- dèsifrer mieux, pour ne pas tendre à un état nosmal. La lii>erté du libéralisme vaut mieux que l'oppression, voilà tout; elle ne doit pas être envisagée comme une fia, encore moins comme un principe.
« Mais TËglise a réclamé cette égalité dans toutes ses épreuves. » — Oui, mais en quel sens? L'Église n'a jamais réclamé la liberté bâtarde du bien et du mal, même au milieu des persécutions. Les apologistes du Christianisme ne faisaient à leurs adversaires, je ne saurais trop le redire, que des arguments ad homnem; jamais ils n'ont approuvé, comme on approuve un droit, la liberté de l'erreur et du mal, qui perdait les âmes autour d'eux. L'Église est la société du bien, de la eérité ; elle De veut et ne peut vouloir que la vraie liberté,
la liberté du bien, le pouvoir d'enseigner et de pratiquer la vérité. Pour Tamour de Dieu, ne confondons pas le possible avec le désirable, et n'érigeons pas en principes de tristes et passagères nécessités.
« Ainsi, quand nous serons les plus forts, nous ne parlerons que d'autorité, et nous ne parlerons que de liberté quand nous serons les plus faibles. Est-ce loyal? »— Ce serait fort peu loyal; aussi TÉglise ne le fait-elle pas. Faible ou forte, opprimée ou triomphante, elle dit de la même voix à tous les hommes, aux. bons comme aux mauvais : <c La vérité et le bien méritent seuls votre amour; le mal vous perd.
Plus vous donnerez de liberté au bien, et plus vous serez bénis é^ Dieu en ce monde et en l'autre; plus vous en donnerez au mal, et plus vous serez misérables. Dieu ne donne l'autorité aux hommes que pour protéger le libre exercice de ce qui est bon et honnête ; tout prince, tout magistrat, tout père de famille qui use de son arutorité pour protéger autre chose que le droit, la vérité et le bien, abuse des dons de Dieu et perd son âme. » L'Église ne dit jamais que cela. Son droit, aussi bien que son devoir, est de réclamer toujours, vis-à-vis des puissances de la terre, la liberté du bien et la protection de cette liberté.
LA RÊVCLUTtON 1 17
L'Église se trouve face à face avec dts pou- Toirs ennemis> ou bien avec des pouvoirs indifférents, ou bien avec des pouvoirs amis. Elle dit aux premiers : « Pourquoi me frappezvous? J'ai le droit de vivre, de parler, de remplir ma divine mission, qui est toute bienfaisëjite ; vous avez tort de me fair^ du mal, de ne pas me lasser libre. » Elle dit aux seconds : « Celui qui n ist pas avec moi, est contre moi. Pourquoi demaurez-vous indifférents à la cause de votre Dibu? pourquoi traitez-vous le mensonge comme la vérité, le mal comme le bien, Satan comme Jésus-Christ? Vous n'avez pas le droit de demeurer dans cette indifférence. »
Elle dit aux troisièmes : « Vous Mes dans le vrai, et vous faites la volonté de Dieu. Aidezmoi le plus qu'il vous est possible à faire régner Jésus-Christ et, avec Jésus-Christ, la vérité, la justice, la paix, le bonheur. Aidezmoi à faire disparaître le plus complètement possible tout ce qui est contraire à la trèsbonne et très-sainte volonté de Diku et au vrai bonnheur des hommes. » Tel est langage do 'Église au milieu du monde. Au fond, elle demande une seule et même chose : la liberté du bien, la seule vraie liberté.
nllj aura donc deux poids et deux mesu-
118 h^ RBVOÏiUTIOIf
res : libert^^ poui; nouis ^ oppre$$ioja poyj^ les autres? » — L'Église n'a, couii»).* soa ôimn Maître,, qu'w poids et qu'une, m^^uice^ elle n'aiiue, elle ne favorise, que le droite la vénié, le bien ; elle repousse et déteste tout ce qiiÀ e^l erreur, tout ce qui est njal et injuste.. (Wl e«fc ie chrétien q,ui osera jaie,aia dire cpie,Sata« a dans le naoode le? mêmeS: djîoit» qu^ le Ghriét? Voilà cepeudajiit ce qu^estou foïf4 d<e. la p^étefttion du libéfflLlisiwe. L'ÉgJise et xïmik^tom avec elle, nous c^l^^oi^a^ lea droits de la Yérité, parce que sçule la. vérité a, des dj?oit3; nous nions ce que l'on ose appeler les droits de Vec* reur, les droits de Thérésie, les droits du o^al^ parce que Terreur, Thérésie et le mal. a'ont au^ cun droit. Il y a, je le sais, des u^loessités 4^ faity qui obligent souvent l'autorité à fermât les yeux sur des ravages qu'elle ne peut empêcher ; mais sou devoir est d'extirper les abus 1$ mieux possible et le plus tôt possible.
Cette indignation d'un grand nombre d0 chrétiens au sujet de V oppression du mal. est.ea vérité fort étrange. Dans l'intérieur de leurs familles, à Tégard, de leurs enfants et de lews serviteurs, ils oppriment et répriment le oiaI tant qu'ils peuvent, même par la force quand la douceur ne suffit pas. Et ils trouvent maavais que l'Église, que l'État agisse coname eux!
1^ sauvegardant ainsi les mœurs, la loi, Thonneiur, \e salùt ûe leurs familles, ils remplissent tm devoir sacré, le premiers de leur» revoirs; et lorsque l'Église catholique et TEtat, aceom* plissant ce même devoir^ lèvent le bras pour frapper les corrupteurs publics de la foi, des mœurs, de la société entière, l'Église et TÉtat deviennent des tyrans, des pouvoirs cruels, intolérants et fanatiques ! Mais c'est le libéralisme qui a deux poids et deux mesures.
Il confond le modërantisme, c'est-à-dire la tol^ance doctrinale, avec la modération, c'està-dire la tolérance personnelle ou la charité, et en cela il s'écarte gravement de la règle catholique. Le libéralisme n'est au fond qu'un accommodement avec la Révolution; voilà pourquoi la Révolution lui témoigne tant de sympathies. La liberté du bien et du mal est un leurre par lequel le serpent l'évolutionnaire séduit un grand nombre d'esprits trop confiants, comme il fit jadis en présentant à Eve, avec toute sorte de belles {promesses, non pas le fruit de l'arbre de la science du mal, mais le fruit de l'arbre de la science du 6i6n et du mal.
a Mais alors nous hvrons la liberté à la merci des puissances de ce monde, et l'on sait ce qu'elles en font! p — L'Église ne s'abandonne
nullement aux puissances de ce monde. Quand les Souverains temporels écoutent sa voix et quand ils sont chrétiens, elle leur demande de lui faciliter le salut de tous, en protégeant la liberté de son ministère, en écartant les ennemis de la foi, et en contenant par la crainte les hommes pervers à qui la persuasion ne suffit pas. Est-ce là se mettre à la merci du pouvoir?
Lorsqu'un prince n'est pas catholique, l'Église ne réclame de lui aucune assistance et se contente de l'argument ad hominem cité plus haut. C'est ce que , plus ou moins, selon les circonstances, nous faisons tous dans nos sociétés modernes, qui ne reposent plus sur la base catholique. Demander plus serait une haute imprudence, et en outre une pure perle de temps.
« Nous ne croyons donc pas à la puissance de la vérité pour lui chercher ainsi des appuis humains?»— Nous croyons très-fort à la puissance de la vérité, mais nous croyons aussi très-fort et très-pratiquement au péché originel. Tout ce qui est bon a besoin d'être protégé en ce monde, parce que le monde est perverti et parce qu'il y a beaucoup de méchants. La société, tant religieuse que civile, n'a été éta-
blie de Dieu que pour organiser la défense des bons contre les mauvais. L'État protège le commerce; il protège les arts, les sciences, la propriété; et, quand il est chrétien, il ne protégerait pas le plus précieux des dons du ciel, la vérité, cette liberté et ce droit de nos âmes! Protéger, remarquez-le bien, n'est pas dominer. Si, trop souvent, les princes chrétiens ont ainsi entendu la protection, ils ont eu grand tort et Dieu les a punis ; mais cet abus ne détruit pas le principe, et l'Église a eu et aura toujours raison de dire aux autorités humaines: « Vous devez m'aider. »
« Ce n'est pas seulement pour le gouvernement de la société temporelle , mais surtout pour la protection de l'Église, que le pouvoir a été donné aux princes (1). » Ainsi parlait Grégoire XVI ; et Pie IX, plus explicite encore, déclare que « l'autorité suprême n'a pas seulement été donnée aux princes pour le gouvernement du monde, mais principalement pour la défense de l'Église (2). » Pie IX lui-même emprunte textuellement cette sentence au Pape saint Léon le Grand. Tel est l'enseignement formel du Saint-Siège, dont les libéraux sincè-
(4) Encyclique de ^832.
(3) Encyclique du 9 novembre 1846.
rement catholiques devraient tenir plu^ de compte.
L'État chrétien est le fils dévoué, le défenseur et le serviteur de sa Mère, la sainte Église, et de son Père spirituel, le Souverain-Pontife* Il ne protège TÉglise qu'en la servant; et, selon rens.eignement du Saint-Siège, enseignement formulé dans la Bulle dogmatique, Unam s&netamy le prince catholique est tenu de ne combattre pour l'Église que adnutumetpatien' tiam sacerdotis, avec l'assentiment du* Pontife et dans la mesure que celui-ci juge convenable.
Il n'y a donc rien à craindre pour l'Église dans la protection qu'elle réclame des princes véritablement catholiques. Cette protectioù n'est, au fond, qu'un dévouement efficace et docile.
« On nous accordera du moins qu'il y a libéraux et libéraux ?» — Oui, certes; mais y a-t-il libéralisme et libéralisme? Tout est là; car c'est ici une question de principes et non de personnes. Qui ne rend hommage au caractère et aux droites intentions des libéraux catholiques? Ce qui me semble évident, c*est qu'ils défendent la bonne cause de manière à la compromettre, avec une très-fausse prudence, sans esprit de foi, avec des arguments qui pèchent par la base ; c'est que le libéralisme
n'est pas uh principe capable de supporter un examen approfondi. Ses partisans, au fond, ne se rendent pas bien compte de ce quils veulent; ils croient avoir une doctrine et ils n'ont que des sentiments ; ils croient défendi'e les principes parce qu'ils en présentent quelques-uns. Ces principes, détachés du principe^ sont des branches séparées du tronc; ils n'ont plus de sève ni de vie.
Le principe libéral, si on le prenait au sérieux et comme une thèse doctrinale, mènerait droit à une- hérésie formellement condamsiée par le Saint-Siège, du temps de Philippe le Bel; hérésie mère du dogme révolutionnaire, et qui, pour la première fois en France, osait nier la subordination du pouvoir temporel au pouvoir spirituel, de TÉtat à FÉglise. Le Saint- Siège condamna cette erreur, et définit comme* de foi que toute créature humaine doit être soumise au Pontife romain^ et cela^ de nécessité de^ salut. Toute créature humaine, c'est-à-dire tout magistrat, tout roi, tout gouvernant.
La liberté du bien et du mal, voilà en deux mots le résumé de la thèse libérale; qu'on l'a^dopte, qu'on l'applique avec des intentions chrétiennes, ou bien avec des intentions perverses, cette thèse demeure toujours ce qu'elle est : UNE GRAVE ERREUR, ct unc crrcur pratique
très-dangereuse, parce qu'elle est séduisante ; très-utile à la Révolution, à laquelle elle prépare les voies. Aussi le Pape Pie IX, sans faire de distinction, a-t-il condamné naguère, non les intentions des libéraux, mais le libéralisme; et, avant lui , Grégoire XVI avait condamné avec une énergie tout apostolique le même faux principe de liberté, en ses deux principales applications : la liberté de consdence (1), et la libeoHé de la presse (2).
Je demande pardon au lecteur de m'être longuement étendu sur le libéralisme; c'est une question à Tordre du jour, sur laquelle il faut être bien fixé. Qu'on le sache bien cependant; malgré ces divergences, qui sont en réalité des questions de conduite plus encore que des questions de doctrine proprement dites, tous les chrétiens honnêtes, tous les catholiques éclairés sont d'accord contre la Révolution; leurs dissentiments ne sont au fond que des
1-2. Ex hoc putidissimo indifferentismi fonte absurda illa fluit ac erronea senteniia, seu potius delirameutum, asserendam esse ac vindicandam cuilibet libertatem conscieniiœ. Gui qui dem pestileniissimo errori viair sternit plena iila atque immoderata libertas oplnionum, quae in sacrse et civilis rei labem late grassatur, dictantibus per summant impadeniiam noonal- Us aliquid ex ea commodi in religionem promanare. (Encyclique Mirari, 15 août 1832.) — Deterrima illa ac luinquam sati« execrata et delestabilislibeitasartis librarise adscripta quœlibe^ in yulgiis. (/rf.)
malentendus, une alBfaire de mots et de formules (1).
Je reprends donc la suite de mon sujet, et, après avoir exposé la liberté, telle que l'entend TÉglise, et la liberté telle que Tentend le libéralisme, j'arrive à la liberté telle que l'entend la Révolution.
3** La liberté de faire le mal en entravant le bien, en opprimant l'Église et ses Pasteurs, en foulant aux pieds les droits légitimes du pouvoir, en violant les droits de la famille, telle est la liberté révolutionnaire. Il est superflu, entre honnêtes gens, de s'arrêter à la discuter. Faire le mal aux dépens du bien, ce n'est plus la liberté, c'est la licence; ce n'est plus l'usage, mais l'abus, et l'abus sacrilège du plus magnifique des dons de Dieu. Il n'y a qu'un scélérat qui puisse comprendre et vouloir ainsi la liberté.
On a prétendu que c'était la liberté de 93; j'affirme, du moins en ce qui touche l'Église et la foi, que c'était aussi la liberté de 89. Les faits l'ont bien prouvé, et l'on n'a pas besoin de verser le sang pour opprimer le bien. Les
' Voir, pour plus de développement sur la question du libéralisme catholiqae, IBommage aux jeunes catholiqwi libéraux.
lois révolutionnaires ne sont-elles pas plas dangereuses que Téchafaud?
Telles sont, ce me semble, les vraies notions de la liberté. Elles s'appliquent à l'ordre religieux aussi bien qu'à Tordre politique et à Tordre intime de la famille. Il est facile à chacun de juger, d'après ces principes, ce qu'il y a de bon et de mauvais dans ce que nos institutions modernes appellent la liberté religieuse, la liberté des cultes, la liberté de la presse et les autres libertés politiques.
La liberté religieuse, bien entendue, consiste à pouvoir pratiquer avec le moins d'entraves possible la Religion, la vraie Religion ; elle impose au Souverain temporel le devoir de protéger, dans la mesure du possible^ le plein et entier exercice, de la religion catholique, qui est la seule vraie religion, et d'aider ainsi TÉglise dans sa mission salutaire. « Le prince, dit saint Paul, ne porte pas en vain le glaive; car il est le Ministre de Dieu pour le bien ; Non enim sine causa gladium portât ; Dei eràm minister est in bonum ; vindex in iram ei qni malum agit. » (Ad Rom., xiii.) Quel plus grand bien, je le demande, pour un peuple aussi bien que pour uii particulier, que de pouvoir librement connaître et servir Dieu, et accomplir le premier et le plus grand des devoir3Î
J'ai dit : « dan$ la mesure du possible^ it parce qu'il arrive souvent que le Souverain, aussi bien que le père de famille, est obligé de tolérer bien des choses qu'il ne peut empêcher, bien qu'elles soient nuisibles aux intérêts spirituels de son peuple. Son devoir n'est pas de tout brusquer par des mesures imprudentes, mais de préparer, par toutes sortes de moyens légitimes, un meilleur avenir. Il est obligé, eu conscience, d'extirper immédiatement le mal qu'il peut extirper sans attendre. « Vindex in iram ei qui malum agit ^
« Et les juifs, les protestants, qu'en ferez- TQUS donc? » — De deux choses l'une : ou bien ils ont déjà introduit l'erreur dans un pays catholique, ou bien ils n'y sont pas encore établis et veulent y entrer. Dans le premier cas, le devoir du Souverain catholique est de les y tolérer, de leur garantir, comme aux catholiques^ tous les droits civils; mais en même temps il doit les empêcher de propager leurs erreurs délétères. S'il le peut, il doit procurer leur conversion, en facilitant auprès d'eux le ministère de l'Église. C'est, en définitive, le rôle d'un non père vis-à-vis de ses enfants.
Il ne les oblige pas à se faire chrétiens, mais il tâche de les y amener par tous les moyens
de persuasion; et ensuite il les oblige, soit par la persuasion, soit par la force, à garder pour eux leurs erreurs et à ne pas en infecter les populations fidèles confiées à sa garde. Quoi de plus simple?
Dans le second cas, le rôle du prince est tout différent, bien que ce soit au fond Taccomplissement du même devoir. Il doit, s'il veut rester fidèle à sa haute mission, empêcher à tout prix rhérésie d'infecter la foi de ses sujets, et traiter les propagandistes comme d'injustes agresseurs qu'ils sont. L'hérésie n'a aucun droit en pareil cas.
« Et dans les pays protestants, que devra faire le Souverain ?» — Le Souverain protestant, en protégeant une religion fausse, appliquera mal un principe vrai. Ce ne sera pas la faute du principe, et le malheur du Souverain et du peuple sera uniquement d'être protestants. Il arrive bien souvent que l'on applique à faux des principes véritables ; le démon détourne ainsi à son profit les institutions les plus excellentes. Le Christ, d'ailleurs, a droit de chasser Satan, parce que Satan est un révolté, un injuste, un usurpateur et un sacrilège. Satan, au contraire, n'a aucun droit contre le Christ, parce que le Christ est Seigneur légitime, bon,
jiiste et saint. Ainsi en -est-il de l'Église et de l'hérésie.
Ce que nous venons de dire dans tout ce chapitre s'applique également à la liberté de la presse, à la liberté de l'éducation et de renseignement, à toutes les libertés politiques. Jamais on ne saurait être trop libéral, si l'on comprend bien la liberté, et Ton ne comprendra jamais la liberté qu'en se mettant à l'école de l'Église. L'Église seule est la mère de la liberté sur la terre, en même temps qu'elle est la protectrice et la sauvegarde de l'autorité.
■■*«gallt«.
Un mot seulement sur cette question, pour y discerner le vrai du faux. Comme pour la liberté, distinguons trois sortes d'égalités:
Tune bonne ; Tautre qui paraît bonne et qui ne Test pas ; la troisième qui ne Test pas et ne le paraît pas davantage.
10 L'égalité chrétienne, seule absolument vraie et absolument possible, et, pour cette raison, seule admise et pratiquée par TÉglise, laquelle a toujours enseigné que tous les hommes sont frères, qu'il n'y a qu'une même morale, qu'une même religion, qu'un même jugement, qu'un même Dieu, pour les pauvres et pour les riches, pour les Souverains et pour les sujets, pour les petits et pour les grands. Nos églises sont les seuls véritables temples de l'égalité parmi les hommes, et nos sacrements, surtout le Sacrement de la Communion, sont les symboles divinement institués pour nous rappeler à tous cette égalité fraternelle et éternelle.
20 L'égalité libérale de 89 qui domine dans nos lois modernes; mélange d'idées vraies et fausses, comme les principes de 89 eux-mêmes; cette égalité acceptable en plusieurs points (par exemple pour la répartition des impôts, pour la jouissance des droits civils, etc.), est contraire h la loi de Dieu sur d'autres points (par exemple en ce qui touche le^ immunités ecclésiastiques) (1). Ella est d'ailleurs bien bou-