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LA PARTICIPATION ECONOMIQUE

La C. G. T. traverse aujourd’hui la même crise que le Parti socialiste à la fin du siècle passé. Il s’agissait alors de la participation du Parti au pouvoir politique de la bourgeoisie ; il s’agit maintenant de la participation de la classe ouvrière au pouvoir économique de cette même bourgeoisie.

Lorsque le 1 4 juin 1899 Jaurès me posa, dans les bureaux de La Petite République , pour la première fois, la question : « Un socialiste peut-il participer

au pouvoir ? », je répondis sans hésitation :

« Non î » (Avis à ceux — soit dit en passant — qui parlent sans savoir de mes « variations ».) Et j’avançai deux raisons : i° On ne saurait pas à la fois combattre et défendre le régime capitaliste ; 2° Il y aura des grèves où coulera le sang ouvrier. Et c’est notre Parti qui en sera éclaboussé.

Jaurès passa outre et s’engagea résolument dans la voie de la participation — pour les autres. Il fut la noble victime de son optimisme universel et de sa confiance d’alors dans la bonne volonté réformatrice de M. Millerand, le premier « participant », qui, depuis, est devenu ce que vous savez.

On connaît la suite. La « participation » a paralysé pendant des années l’action socialiste et, provoqué une scission dans le Parti. Elle fit naître toute une pépinière de « ministrables » socialistes et devint une école de trahison. Des grèves sanglantes (Châlon et autres) éclatèrent. La première grande grève des cheminots fut impitoyablement étranglée par un ministre « socialiste ». Les socialistes participant au pouvoir avaient non seulement abandonné leur foi socialiste, mais ils avaient aussi porté des coups terribles au Parti républicain lui-même.

Je ne citerai qu’un exemple. Il y a quelques jours, M. Buré qui, lui, participait à la participation comme sous-ordre, énumérait, dans un plaidoyer émouvant, les états de service de M. Briand devant la réaction en suppliant M. Léon Daudet de reconnaître enfin dans la personne de l’orateur de Périgueux et de l’auteur de la politique de l’apaisement à droite et de la lutte à gauche un ami de la

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