‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 10 sur 54 · INTRODUCTION .XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION .XI

11 y est assez peu question des lois criminelles. Et dans cette matière, tout en indiquant sur certains points — et souvent par voie d’allusion — des réformes radicales, Montesquieu ne va pas jusqu’à demander une réformation complète de la législation existante ; ce qu'il tend à faireadmettre plutôt, c'est un adoucissement général de la pénalité et une modération plus grande dans l’incrimination de certains faits.

L'influence exercée par Voltaire a été plus considérable, et surtout son action s’est manifestée d’une facon différente sur la législation criminelle.

« Vers la fin du xvur* siècle, dit Villemain... la littérature se transforme, et, au lieu d’être à elle — même son objet, va devenir l’instrument de réforme universelle » (1). Le premier, Voltaire a donné ce but à ses écrits. Quelques griefs qu'on puisse avoir contre lui, il est une qualité que nul ne lui déniera : ileut au suprême degré le sentiment de la justice, il ne cessa de plaider la cause de l'humanité. Il signale les abus, raille les préjugés, s’indigne des injustices et des cruautés. La dernière partie de sa vie est consacrée à sauver des innocents et à réhabiliter des morts. «Je me suis fait Perrin Dandin, écrit-il quelque part ; je ne m'occupe plus que de procès ; j'en juge tous les jours au coin de mon feu ». Il sauve Sirven et Montbailly, il lave la mémoire de Calas et de Lally- Tollendal, il dénonce les bourreaux de La Barre. — Sans émettre de principes généraux, sans dé-

(1) Op. cit. tome IV, page 281.

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