‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 9 sur 54 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

justice, la criminalité prend des proportions considérables.

Ce phénomène n'échappe point à l'attention des penseurs du siècle. En voyant les attentats se multiplier en dépit de la rigueur et de la fréquence des supplices, ils sont conduits à se demander s’il n’y aurait pas de meilleurs moyens de prévenir les crimes. De ces préoccupations naît le mouvementremarquable contre la législation pénale, dans lequel on verra bientôt se jeter tout ce qui pense, parle et écrit au xvi° siècle. Dès lors, l’impulsion donnée, l'opposition ne cessera de croître, la législation sera de moins en moins en harmonie avec les idées courantes ; et, nul remède efficace n’y étant apporté, l'édifice vermoulu croulera tout d'un coup et la Révolution bâtira sur ses ruines.

Trois noms dominent le xvir* siècle : Montesquieu, Voltaire, Rousseau. L’œuvre de chacun nous semble nettement caractérisée en ces termes par Michelet : « Montesquieu écrit, interprète le Droit. Voltaire pleure et crie pour le Droit. Et Rousseau le fonde » (1).

Montesquieu recherche et étudie les législations de tous les peuples anciens et modernes ; il les compare, met en lumière leurs vices ou leurs qualités ; et de là il tire des principes généraux. Mais il s'attache plutôt à expliquer ce qui est ou a été qu’à demander ce qui pourrait être.

L'Esprit des lois, comme l’a dit M. Villemain, est plutôt un livre d'histoire qu'unlivre de théorie.

(1) Histoire de la Révolution francaise (éd. Flammarion 1897- 1898). Avant-propos, page 102.

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