XII INTRODUCTION
velopper de théories, il a servi puissamment la cause du Droit.
Rousseau a exercé sur la législation pénale de
‘la Révolution une influence moins directe que sur
la constitution politique qu’elle a adoptée. Le Contrat social ne s'occupe que fort peu des lois pénales en elles mêmes. Mais cet ouvrage a eu une
‘portée plus élevée. En établissant que le pacte so-
cial a pour butunique la conservation de la société et des droits naturels de l'individu, il a assigné au droit de punir des bases nouvelles et mis en lu-
* mière les principes éternels qui, proclamés par la
Révolution, sont devenus les pierres angulaires
‘des législations modernes.
L'Italie, terre classique du droit criminel au
: Moyen-Age, a contribuélargementau mouvement réformateur du xvur° siècle. C’est d’elle que nous
est venu le grand courant d'opinion. Au milieu des noms, peu connus en France, de Muratori, de
- Verri, de Maffei, éclatent les deux noms illustres
de Beccaria et de Filangieri.
Philanthrope épris de justice, le marquis de Beccaria avait longtemps voyagé, visitant les prisons, étudiant les questions de droit criminel. De ses observations, de ses méditations philosophiques naquit le Traité des délits et des peines, dont
lapparition causa une véritable révolution dans le “monde civilisé (1). En France surtout, il fut
(1) Un moine vénitien, Angelo Facchinei, soudoyé par son gou-
F vernement, attaqua odieusement le livre de Beccaria.
Celui-ci répondit par une défense dans laquelle il se justifiait de l'accusation d’avoir attaqué la religion. Sa l'ouvrage fut mis à l'index par la Cour de Rome.