‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 12 sur 54 · INTRODUCTION XII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XII

accueilli avec empressement par les écrivains. Morellet en fit une traduction qui eut sept éditions en six mois : Voltaire le commenta. — Ce n'est pas que le livre contint beaucoup d'idées neuves. A ce point de vue, il devait beaucoup à la philosophie française. Mais il avait un autre mérite. «Beccaria donna, dit M. Desjardins, une forme précise à des mécontentements et à des vœux instinctifs : il changea les premiers en accusations motivées, les seconds en demandes réfiéchies ; on sut, grâce à lui, que les abus qui choquaient l’équité dans la pratique blessaient d’abord la raison en théorie ; on apprit sur quels points l'attaque devait porter, dès lors la lutte se poursuivit sans relâche » (1).

Moins connu, Gaëlano Filangieri est cependant supérieur à Beccaria. Non seulement il a embrassé un sujet beaucoup plus vaste ; mais, encore qu'il soit exagéré de l'appeler, comme 6n l'a fait « le Montesquieu de l'Italie », ila certainement l'esprit plus scientifique. D'autre part, le Traité des délits et des peines à vieilli ; les idées qu’il exprime nous paraissent retardataires, par suite des progrès que nous avons faits dans cette voie. Dans la Science de la législation, au contraire, les jurisconsultes modernes pourraient encore puiser des idées utiles. — Néanmoins, il est vrai de dire que Beccaria a exercé sur son époque une influence bien plus considérable que Filangieri. Ce dernier, venu plus tard d’ailleurs, n’a que très rarement

(4) Les cahiers des États-Généraux en 1789 et la législation criminelle. Introd., page XI.

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