‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 13 sur 54 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

inspiré les législateurs de la Constituante (1). Au surplus, ses théories diffèrent peu de celles de Beccaria. — D'autre part, ils ont, en général, les mêmes qualités et les mêmes défauts. Ces jeunes Italiens, admirateurs enthousiastes de la philosophie française, épris des idées nouvelles de justice et d'humanité, furent plutôt des cœurs généreux que des esprits profonds. Ils ont le grand mérite d’avoir mis au service de la cause qu'ils embrassaient une chaleur de conviction, un zèle d’apôtres, qui contribuèrentà sa victoire définitive. Aujourd’hui, ils sont presque oubliés. Pourquoi s’en étonner ? Les principes qu’ils développaient avec tant d’ardeur ont passé dans les législations modernes. « Leur gloire, dit Villemain, a disparu dans le triomphecompletdeleurs opinions. » Mais, justement à cause de cela, c’est un devoir pour nous de ne pas oublier combien ils ont de droits à notre reconnaissance.

«Un grand ouvrage est toujours le père de plusieurs bons ouvrages », dit Servan à propos du livre de Beccaria. A la suite du Traité des délits et des peines et jusqu'à la Révolution, parurent en France un foule d’écrits sur la législation criminelle. La plupart sont tombés dans l'oubli et n'ont pas survécu aux circonstances qui les

(1) La Science de la Législation n'a commencé à paraître qu’en 1780, et elle n’a été traduite en français qu’assez longtemps après. Une mort prématurée ne permit pas à Filangieri de mener à son terme le plan qu'il s'était tracé. Sur les sept livres qu'il avait projeté de donner à son œuvre, il ne put en écrire que quatre et la première partie du cinquième. — La congrégation de l’Index crut devoir condamner la Scicnce de la légisiation nar décret du 6 février 1784.

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