INTRODUCTION XV
avaient fait naître. Les plus connus sont : les Observations sur les lois criminelles de France, de Boucher d’Argis (Amsterdam, 1782); la Théorie des lois cr'imaunelles, de Brissot de Warville (1) (Paris, 1781, deux vol. in-8°); le Discours sur le préjugé des peines infamantes (Paris, 1784), de Lacretelle aîné ; De la législation ou principes des lois, de Mably (Paris, 1776) ; Des lois pénales, de Pastoret (Paris, 1790, deux vol. in-8°), ouvrage qui fut couronné par l’Académie (2).
Des magistrats même prirent part au mouvement réformateur et attaquèrent la législation qu'ils étaient chargés d'appliquer. Celui qui se manifesta avec le plus d'éclat fut Servan, avocat général au Parlement du Dauphiné. Dans un discours de rentrée, prononcé en 1766, il prit courageusement à partie les lois pénales en vigueur. Il commence par exhorter les magistrats
(1) Brissot, qui devait jouer un rôle important dans la Révolution française, a écrit un assez grand nombre d’autres ouvrages, dont plusieurs sur le droit criminel. Celui que nous avons cité plus haut est le plus considérable. Lacretelle (op. cit. p. 339) a porté le jugement suivant sur la Théorie des lois criminelles : « L'auteur était trop jeune quand il l’a écrit ; on n'y aperçoit pas un esprit assez sage; mais des connaissances étendues, l'ambition d'arriver aux grands principes, beaucoup de sagacité et d'énergie annoncent un écrivain qui n’a besoin que de reprendre son ouvrage dans la maturité de son âge et de son talent pour le rendre digne du sujet. »
(2) Parmiles autres écrits de l'époque, on peut citer les suivants:
‘ Bergasse, Discours sur l'humanité des juges dans l'administration de la justice criminelle (1716); Bernardi, Discours sur la législation criminelle (1780) ; Chaussard, Théorie des lois criminelles (1786) ; Dufriche de Valazé, Lois pénales (1784); Letrosne, Vues sur la justice criminelle (1178) ;: Thorillon, Zdées sur les lois criminelles ; Vermeil, Essai sur les réformes à faire dans notre législation crinineile.