‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 15 sur 54 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

à prendre conscience de leur mission souvent délicate ; leur rappelant les fréquentes erreurs judiciaires commises, il les adjure d’être prudents. Bientôt, il porte plus haut l'accusation. C’est à la législation même qu'il s'attaque. Il s'indigne torture dont la France semble être le dernier de « ces horribles sacrifices » dont des fanatiques ont ensanglanté la religion; il s'élève contre la refuge. Il voudrait que les lois pénales fussent plus précises, qu’elles ne laissassent aucun arbitraire au juge. Enfin, il proteste contre la barbarie des châtiments, contre l'abus que les lois font de la peine de mort. — Il prévoit d'avance les reproches qui pourront lui être adressés. « Ne

m'aceusera-t-on point de manquer au respect que:

nous devons aux lois ? Hommes sages, dites-moi si j'outrage les lois, parce que j'en souhaite de plus parfaites (1). » Il ne faut pas sacrifier à « ce faux respect qui a fait vieillir le monde sur les erreurs de son enfance (2). » — Ce discours eut un grand retentissement en France ; l'opinion publique y applaudit, la magistrature s'en émut, mais on n’osa blâmer Servan.

Les sociétés savantes el les académies, très nombreuses à la fin du xvir° siècle, contribuèrent à entretenir l'esprit de réformation de la législation criminelle. « Les corps littéraires eux-mêmes, dit Boucher d’Argis, proposent aujourd’hui pour sujet des prix qu'ils distribuent la discussion de

(1) Discours sur l'alninistration dela justice criminelle, Œuvres choisies de Servan,t Il. p, 91.

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