INTRODUCTION XXI
italien, il entreprend une apologie en règle de la torture. Non seulement il affirme contre le témoignage constant de l’histoire judiciaire, que le cas est très rare d’un innocent avouant sous l’empire des tourments un crime imaginaire, mais il demande quel autre moyen l’on aura, si l’on supprime celui-ci, de forcer un voleur à dire où il a caché l’argent volé. Ainsi, la loi empruntera au voleur lui-même ses moyens de cærcition, on légalisera le procédé des « chauffeurs » ! = Guy du Rousseaud de la Combe est plus libéral sur ce point : il engage les juges à être prudents, à ne pas ordonner la question à la légère. Le seul argument qu’il trouve à faire valoir en sa faveur est qu’ «elle est fort ancienne ». En revanche, il défend sans hésitation la question préalable qui « produit très souvent des effets merveilleux par rapport à la découverte des complices ».
Dans l'enceinte même du prétoire, le mouvement de réaction se manifesta bientôt. Aux attaques de Servan et de beaucoup d’autres, la magistrature était demeurée muette. Un incident lui fournit l’occasion de rompre ce silence. Trois habitants de Chaumont, Lardoise, Simare et Bradier, accusés de vol domestique, avaient été condamnés à la roue. Alors parutun mémoire, qui était un plaidoyer chaleureux en leur faveur : l'innocence des trois condamnés y était établie d’une façon péremptoire. Mais le mémoire visait plus baut et plus loin que le procès ; derrière les juges de l'affaire, c'était toute la magistrature, c'était la législation ellemême qu'il attaquait. Il s’'indigne contre la rigueur féroce des peines et des condamnations : « Rieñ