INTRODUCTION XXIIE
ques’étaitémue ; lesJuges, convaincus eux-mêmes reconnurent leur erreur, et les trois hommes furent acquittés.
. Comme nous l'avons dit, le contre-courant réactionnaire fut impuissant à enrayer le mouvement de réforme. Ce mouvement ne cessa de prendre de nouvelles forces. Il gagna même d’autres États de l'Europe, conquis par l'influence dela philosophie française. Des réformes importantes furent opérées par les souverains de plusieurs pays. L’'Impératrice Catherine de Russie, le grand duc Léopold de Toscane supprimèrent la peine de mort de leurs législations pénales. La torture fut abolie presque partout. D’autres réformes encore furent accomplies. |
Chose étrange, la France d’où étaient sorties les idées fécondes, la France, dont le génie avait rayonné sur l'Europe, reste seule en arrière.
De grandes espérances avaient accueilli l’avènement de Louis XVI au trône. Après l’absolutisme de Louis XIV, après les hontes de la Régence etdu règne de Louis XV, il se trouvaitenfin un prince sérieux, de mœurs pures, pénétré du sentiment de ses devoirs. Malheureusement, à côté de ces qualités, le nouveau roi n'avait ni largeur d'esprit, ni cette volonté énergique qu'ileût fallu pour imposer des réformes à ceux contre l'intérêt de qui elles allaient. Cethomme bon ne fut qu'un mauvais roi. D’esprit timoré, incertain, hésitant, il n'eût pas la force de réaliser les intentions louables qu'il avait conçues. Sans cesse il se laissa dominer, d'abord par Maurepas, un courtisan plus soucieux de garder la faveur de son maître