‹ La Révolution Pénale en 1791 et ses précurseursChapitre 23 sur 54 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

pagnaient. Les édits de mai 1788 constituaient, en effet, un véritable coup d'Etat contre les Parlements, dépassant, dit M. Rocquain, « toutés les hardiesses de Maupeou ». La France, ajoute le même auteur, « vit que les édits du 8 mai n'avaient d’autre but que de la laisser désarmée devant le pouvoir absolu ». (1) — Il suffit de lire, d’ailleurs, le préambule des édits en ce qui concerne les réformes apportées aux lois criminelles, pour juger l'esprit qui lesavait dictées. Après avoir reconnu que «la question préalable est toujours dangereuse pour l'innocence, en ce que la torture pousse les patients à des déclarations fausses qu'ils n'osent plus rétracter de peur de voir renouveler leurs tourments » (2), le roi ajoute : « Nous nous réservons, quoique à regret, de rétablir la question préalable, si, après quelques années d’expérience, les rapports de nos juges nous apprenaient qu'elle fût d’une indispensable nécessité. » M. Du Boys, cependant favorable en général à Louis XVI, dit à ce propos: « La circonspection et la prudence doivent empêcher de mettre au jour les réformes quand elles n’ont pas été suffisamment étudiées; mais il faut prendre un parti définitif et ne pas laisser en suspens ce qu’on annonce être un bienfait et une justice. Ce langage hésitant n’est pas celui d’un vrai législateur. Ce n'est plus de la circonspection, c’est de la fai- ‘blesse ». (3) — Le garde des sceaux Lamoignon,

(4) L'esprit révolutionnaire avant la Révolution, p. 470. (2) Introduction au Moniteur, p. 812. (3) Op. cit. t, IL, p 259.

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