INTRODUCTION XXIX
Une impression se dégage de l'examen des cahiers de 1789 (1): celle de l’existence dans la nation d’un esprit singulièrement avancé. La Révolution est commencée dans les vœux hardis formulés par les électeurs. Pas plus ici que dans ‘l'ordre politique, quoi qu’on en ait dit, l'Assemblée Constituante n’a dépassé réellement les vœux de ses commettants.
L'ère des réformes s’ouvrit dans la nuit du 4 août 1789, lorsque, dans un moment d’enthousiasme sublime, les trois ordres oublièrent leurs discordes passées et s’unirent pour abolir les privilèges et proclamer l'égalité de tous les hommes. — Puis, ce fut la déclaration des droits de l’homme, qui vint poser ces règles de raison et de justice qu’on a appelées les principes de 1789.
Les principes proclamés, il fallait les mettre en pratique, les appliquer à la législation, les rédiger en articles de lois. L'Assemblée Nationale entreprit immédiatement cette tâche et la mena rapidement à bien. — Dès le 15 septembre 1789, le comité de législation criminelle, qui venait d’être nommé par l’Assemblée, se réunit et commença ses travaux (2). Son activité fut grande: les 8-9 octobre, un décret provisoire, élaboré par lui, vint opérer dans la procédure les réformes les plus urgentes, en attendant la rédaction définitive des Codes, qui devait exiger vingt mois.
(1) On trouvera l'extrait des vœux des cahiers dans l’ouvrage précité de M. Chassin : Le Génie de la Révolution. (2\ Les membres de ce comité étaient : Fréteau-Saint-Just, de
Beaumetz, Tronchet, Le Berton, Thouret, Target et Lally-Tollendal.
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