‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 15 sur 108 · VALEUR MORALE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

VALEUR MORALE DES RELIGIONS

Ces survivances et ces progrès des sentiments religieux d'autrefois s'expliquent, comme la persistance des anciens cultes, par le poids des traditions qui les imposent : la pression sociale est une force éminemment conservatrice. Mais il semble qu'il faille rappeler aussi la grande liberté de vie que les religions païennes accordent à leurs fidèles : la brute qui sommeille au cœur de l'homme normal s'accommode sans peine des dérèglements qu'elles réglementent; elle apprécie encore les obligations purement extérieures qu'elles édictent^ Il ne semble pas que, d'Alexandre

a pour signifier qu'on était reçu dans la curie, on disait initiari cin-ise sacris. (L'expression) se retrouve au Code Justinien, X, 31, 52 (loi de 397) ». « Le sénat des décurions tenait ses séances dans un lieu consacré, et ses délibérations étaient précédées de prières et de sacrifices. Les fêtes publiques étaient des cérémonies religieuses... Les magistrats municipaux n'avaient pas d'attributions plus importantes que celles de veiller à Taccomplissement de tous les rites ». [Fuslel de Coulanges : Invasion germanique, 34].

* Voir t. I, p. 133, note! , l'observation de Dumont rapportée par PaulGuiraud. Sur la décadence des mœurs dans le monde méditerranéen à l'époque alexandrine et à l'époque impériale, voir Fned\a.endçT : Darstellungen ans der Sittengeschichie Roms. 3 vol., o^édit., 1881; Colin : Royne et la Grèce de -200 à 146 avant Jésus- Christ, Paris, 1905, p. 327 et passim: Boissier : Opposition sous les Césars, 219; Collignon : Pétrone, 1892; Thomas : l'envers de la société romaine d'après Pétrone.

On sait que la difTusion des poèmes priapiques coïncide avec l'époque alexandrine [Sotades, Euphorion'. Priape. protecteur de Lampsaque est pourvu de légendes [Demosthène de Bithynie], devient un dieu phallique : et c'est à ce titre que Ptolémée Philadelphe lui donne, à Alexandrie, une des premières places dans le panthéon officiel. Voir article Priape dans Roscher.

Le début du ii^ siècle avant le Christ marque l'avènement politique des financiers, et les débuts de la transformation éco-

•IH \'\ HKVOLUÏION RELIfilEL'SE

aux Sév( res, la moralité générale se soit fortifiée : loin de là. a Sup])riniez les plaisirs des sens, écrit un philosophe célèbre; je ne vois ])lus rien qui mérite le nom de bien. » Caton le Censeur dé|)lore le déclin des vieilles mœurs, qu'il oublie lui-même de suivre. Polybe assure que « les jeunes gens se livrent aux excès les j)Ius houleux. On sadoune aux spectacles, aux festins, au luxe, aux désordres de tout genre dont on n'a que trop piis rexemple chez les Grecs. La plupart des l^o-

Momiquc de Rome [la monnaie d'argent y a été introduite en 268 avant JésusJ. Ce sont les intérêts des i)td)licains et de leur groupe qui ont engagé Home à la conquête, c'est-à-dire au pillage de l'Orient. Les grands altlux d'or et de richesses commencent : la révolution économique et morale suit.

Les combats de gladiateurs s'introduisent à Rome vers 20i avant Jésus-Christ ii loccasion des funérailles ; en 65 avant .lésu.s-Christ, les Romains assistent i\ un combat où luttent OiO gladiateurs : ce sont soit des prisonniers de guerre [Gaulois, Samnites.ThracesJ, soit des criminels, soit des volontaires. Combattus par Marc-Auréle, favorisés par Commode — gladiateur luimême, — les combats de gladiateurs se répandent alors en (hient: il les avait jusque-là rei)oussés. — Les conU)ats d'animau.x commencent à Rome au début du ir siècle avantJésus-Christ: les trois jeu.x donnés de ôS à 46 sont les plus fameu.x. — Le développement des bancpiels sacrés révèle la goinfrerie romaine : il provoque, en \Ui) avant Jésu.s-Christ, la création des Iresvivi epulones. Le nombre des jours de fête, qui est de 66 sous Auguste, atteindra 175 (sans compter les fêles accidentelles: ainsi lUU jours à l'inauguration du Golisée, sous Titus: on massacre alors !>.000 bêtes sauvages). — On connaît les efforts d'Auguste pour relever la moralité |)ublique : le.r Julia de aduUeriis coevcendis en 18 avant Jésus-Christ; lex Julia de mari/andis ordinibus [4 aj)rès Jésus- Christ]. Cf. les désordres des deux Julie, sa (ille et sa petite-fille, les histoires de Claudius et de Catilina.de Caligula. de Commode et dlléliogabale ; et le témoignage de la littérature, Plante, Térence, Horace. Ovide. Martial, Juvénal, Pétrone, Tacite (Diogène Laërce. Athénéci.

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