‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 21 sur 108 · CICERON · texte numérisé non relu

CICERON

(( nous faisant naître des mêmes principes et pour la

« même lin C'est ce qui nous rend sociables ; la

« justice et le droit n'ont pas d'autre fondement. « Il montre, en effet, dans le premier livre du De legibiis, que « la science du droit ne se tire pas des édits des a préteurs ou de la loi des Douze Tables, mais du « cœur de la philosophie, ex intima philosophia. « Or la philosophie nous apprend qu'il y a dans tous les « hommes une raison commune ; cette raison, c'est la « loi même... Ce n'est pas une loi écrite, elle est née « avec nous ; nous ne lavons pas apprise, reçue <( d'autrui, lue dans les livres, nous l'avons trouvée et (( puisée dans la nature même, w C'est de cette loi qu'émane le droit ^

Les jurisconsultes aperçoivent peu à peu ces idées. Avant même que Cicéron ne les défende, les deux Scaevola s'en inspirent ; Servius Sulpicius Rufus s'appuie sur elles lorsqu'il organise les coutumes romaines

* Janet : Hisi. idées polit. I. 264, ;282. et passim. Voir de finihus, III, 20 ; de officiis. I, 7: de republ.. I, 17 : de legibus, I. 5. — M. Tulliiis Gicero [106-431 débute au barreau sous Sylla; compromis, il va faire un voyage d'études en Grèce et en Asie. En 70 il plaide contre Verres; consul en 63. il déjoue la conspiration de Catilina. Il prend le parti de Pompée, se soumet à César en 47. mais en 44, il prend la tête du parti républicain [Philippiqiies] : d'où sa mort.

Voir Wallon : Histoire de l'Esclavage dam l'antiquité', 2« éd., 1879, livre III; Boissier : La religion romaine, livre III; Pichon : Histoire de la littérature latine, p. 170; Thiaucourt : Les traités philosophiques de Ciceron... Paris, 1885; Thamin : La ynorale de Saint Ambroise et celle de Cicéron. Paris. 1895; Troplong : De l'influence du Christianisme sur le droit civil des Romains (rééd. 1902, Tours '. p. 34.

en un corps de doctrine déiini. Si les Sabiniens, au nom d'un passé qui s'efface, luttent souvent contre l'effort tenté par les Proculiens afin d'organiser la justice selon la loi naturelle et selon l'équité, les Proculiens l'emportent: l'œuvre dé progrès s'accomplit; Gaïus, Julien et Papinien la précisent et l'achèvent. Ils conçoivent le droit comme une règle de conduite que doivent suivre les membres de la cité dans leurs rapports avec leurs concitoyens, avec les étrangers, et même, dans une certaine mesure, avec les esclaves; peu s'en faut qu'ils n'osent ouvertement déclarer : « c'est une règle des actions humaines ». Sénèque appelle ses esclaves des amis d'un rang inférieur, hicmiles amici^; Florentinius s'écrie que la servitude est contre nature ; Ulpien déclare : « en ce qui concerne le droit naturel, tous les hommes sont égaux » ; et encore : « par le droit naturel tous les hommes naissent libres » ; et enfin : « la société repose sur un certain droit de fraternité ». L'idée de loi naturelle révolutionne bientôt le droit tout entier : les règles qui s'appliquent aux hommes, aux choses, aux contrats, aux modes d'acquisition de la richesse. Beaucoup d'autres règles se transforment aussi sous l'empire de l'idée d'équité : les théories de la demeure, par exemple, et de la faute contractuelle. 11 est entendu, désormais,

* Sur la morale de Sénèque, voir Boissier: Lareligion romaine^ II, HO; Martha : les Moralistes..., d-100; Caro : Quid de beata vita Seneca senserit, 1852; Dorison : Quid de clementia Seneca senserit, 1892 ; Burnier : la moralede Sénèque et le nouveau stoi-

lesch. der Phil.

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