‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 26 sur 108 · PLUTARQUE ET APULÉE · texte numérisé non relu

PLUTARQUE ET APULÉE

Apulée prolonge l'effort de Plutarque et insufïle dans le polythéisme traditionnel un esprit profondément religieux et sincèrement dévot. Entre Dieu, « le Dieu « unique et solitaire, qui est tout esprit, qui vit hors (c du monde, le père et l'architecte de ce divin unice vers )) et l'homme faible, misérable et souffrant, il place, comme Plutarque, des « puissances divines por- « tant aux dieux nos supplications et nous rapportant (( leurs bienfaits. Ce sont des interprètes et des mes- (( sagers par lesquels le ciel et la terre communiquent « ensemble », et qui, chacun, appartiennent à un des dieux groupés autour de Dieu, tous impassibles dans une immobilité majestueuse. Il faut s'attirer leur faveur par des prières et des offrandes et des cérémonies ; « il faut obéir aux prescriptions des divers cultes. » Les âmes consolées prient dès lors avec une incroyable ferveur. La théorie des démons-médiateurs provoque un immense essor de la piété.

« Quand Marc-Aurèle et son maître s'écrivent, le nom des dieuxrevient à tout moment dans leurs lettres. Ils ne forment pas un projet sans ajouter pieusement : Si les dieux le veulent. «Nous partirons de Rome avec

critique des trad. reliqieuse chez les Grecs... 1904, Paris ; Caird : The évolution of Iheology in ihe greek philosophers. Glascow ; Croiset, Y, 484.

' Apulée de Madaure, né en 125, a^été accusé de magie. Il a exactement étudié la doctrine de Platon. Il insiste sur les vœux, l'abstinence, la dévotion. Son mysticisme est indéniable. —Voir Monceaux : Apulée, Paris, 1889 ; Boissier : l'Afrique romaine, p. 228.

« laide des dieux... ; grâce aux dieux, nous nous por- « tons bien. » La joie de Fronton éclate quand il apprend que Verus, le frère de l'empereur, qui venait d'être très malade, est guéri. « A cette bonne nouvelle, « dit-il, je me suis rendu dans les chapelles, au pied de «tous les autels ; et, comme j'étais à la campagne, « j'ai visité tous les bois, j'ai fait mes dévotions à tous (( les arbres consacrés aux dieux. » Marc-Aurèle partage les sentiments de son maître et s'exprime comme lui. La santé des siens, qui le préoccupe toujours, amène sans cesse le nom des dieux sous sa plume. «Tous les matins je les prie pour Faustine», nous dit-il. Et ailleurs : « La maladie de ma mère ne me laisse « aucun repos, et voici de plus que les couches de « Faustine approchent; mais il faut mettre sa confiance « dans les dieux, sed confldere dis debemus. » ^ Les efforts d'Epicure ont été vains et vaines les adjura-

* G. Boissier: La religion romaine, préface, p. 5-7, et passiîn, 3« éd. — Sur Marc Aiirèle", voir supjYi p. 37, n. d. De même, Epictète veut croire et se confier à la Providence. « Puis-je faire autre chose, écrit-il, moi, pauvre vieillard paralysé, que d'honorer Dieu? Si fêtais rossignol, je chanterais comme un rossignol; si j'étais cygne, comme un cygne. Je suis un être raisonnable, et je dois chanter Dieu. C'est ma destinée, je la remphrai...: je vous invite aussi à faire entendre ce chant de louange. » [diss.. I, 16. 20. — Marquardt, I, 90]. — Sur le pavé de mosaïque d'un temple d'Esculape, à Lambèse, et ailleurs, on lit : bonus intra, melior exi [Marquardt : eodem loco'].

Sur la renaissance ou les progrès, à ce moment, de l'astrologie chaldéenne [surtout à partir de Tibère , Alexandre Sévère permet aux Chaldéens d'enseigner publiquement], des oracles grecs [Delphes, Dodone, Jupiter Amon], des sorts italiques [Préneste, Padoue, Iguvium], du charlat<uiisme [statues creuses, etc.], voir Marquardt. I, IH-ISS.

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