‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 29 sur 108 · ISRAËL ET L HELLÉNISME · texte numérisé non relu

ISRAËL ET L HELLÉNISME

l'empire universel qu il rêvait. Des colons grecs suivaient partout ses armées ; ils devaient se fixer dans les villes les plus importantes, pour y être les représentants et les propagateurs de l'esprit grec ; ils devaient surtout créer des centres nouveaux d'où l'influence grecque rayonnerait au loin. En Egypte et en Asie Mineure s'étend donc un vaste réseau de colonies. Les rois de Syrie et d'Egypte le complètent et le resserrent; ils se font les zélés continuateurs de leur ancien chef. Ainsi nait peu à peu ce qu'on appelle 1 hellénisme : ce n'est pas la civilisation grecque pure, mais l'élément grec y prédomine ^ » Ainsi 1 Eglise d'Israël, au moment quelle rêve de conquérir le monde, est en danger d'être conquise par lui.

Au début, sans doute, elle n'a pas à se plaindre du conquérant macédonien : le grand-prêtre Jaddua sait se concilier sa faveur; il obtient même remise du tribut pour chaque année sabbatique. Et, durant le siècle qu'elle est annexée à l'Egypte et gouvernée par les Lagides-, la Palestine est heureuse et prospère :

* Pelt : Histoire de l'Ancien Testament, II*, 392. (J'introduis quelques changements de ferme;. — Sur toute cette histoire, voir les livres bibliques et les ouvrages de Josèphe (cf. infra p. 115). Cf. Cheyne ; Dus religiOse Leben der Juden nach dem Exil itrad. Stocks), Giessen, iS99 ; et surtout l'ouvrage monumental de Schtirer : Geschichte des Judischen Volkes im Zcilalter JesiC Christi, 4e éd. 1901-1907. Leipzig; H. J. Hollzmann : Xeufesi. Théologie, 28-110. 0. Hollzmann : SeutestamentUche Zeitgeschichle, 1895; W. Bousset : Die Religion des Judentums im neutestamentlichen ZeitaUei\ Berlin, 1903, 2^ éd.. 1906; Friedlander : Die relig. Beivegungenim Judentum imZeitalter Jesu, Berlin, 1905.

-Conquise par l'Egypte àlpsus (SOli, la Palestine lui est enlevée

Ptolémée Soter, Ptolcmcc Philadelphe, Ptoléméc Evergète rivalisent de bienveillance envers les Juifs. Mais tout change, lorsque, réunis au royaume de Syrie, ils doivent obéir à Antiochus Epiphane : ils ne s'hellénisent pas assez vite au gré de celui-ci. Antiochus gagne à ses visées l'ambitieux Jason, le frère du grand prêtre Onias III et qui convoite la dignité de celui-ci. Onias est déposé et exilé; Jason, nommé à sa place, encourage les prêtres à quitter le service de l'autel. Mais il est bientôt jugé trop tiède; deux frères, Antiochus et Ménélas, se disputent le pontificat et assassinent Onias, tandis que Jason intrigue de nouveau et, finalement, rentre en scène. Antiochus, alors, juge le moment venu : après avoir brutalement étouffé les compétitions sanglantes des grands-prctres rivaux, il promulgue un édit qui prescrit pour tout le royaume un même culte idolàtrique. L'armée d'x\pollonius prend Jérusalem, en rase les murs, construit, pour la brider, une forteresse sur le mont Sion : au cœur même du Temple, derrière l'autel des holocaustes, se dresse une statue de Jupiter Olympien ! La circoncision est interdite sous peine de mort; tous les exemplaires de la Thora sont brûlés ; le peuple se rue dans l'apostasie. C'est (( l'abomination de la désolation )).

Mais lahvé ne meurt pas. En face des apostats se lèvent les martyrs. Après le vieil Eléazar, voici une

par les Séleucides de Syrie en 219-217, puis, définitivement, à la bataille de Raphia [m].

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