LES MACCHABÉES
mère qui encourage ses sept fils à rester fidèles au Dieu de leurs pères; elle assiste, héroïque, à leur supplice. Le grand prêtre Mathathias, lorsqu'il est relancé par les fonctionnaires d'Antiochus au petit bourg de ^lodaïn où il s'est réfugié, leur résiste ouvertement et organise la guerre sainte. Une armée nombreuse bat les Syriens, renverse les autels païens, punit lesrenégats. Conduite par Judas Macchabée,, elle conquiert Jérusalem, restaure le culte mosaïque et finit par arracher au fils d'Antiochus Epiphane la liberté religieuse. L'œuvre lij3ératrice est un moment compromise par les émules des Jason et des Ménélas : un rival de Judas pousse le Séleucide à revenir sur ses décisions et à dépouiller le héros du pontificat suprême ; Judas est battu et tué. Mais son frère Jonathan sauve son œuvre : en même temps que la liberté religieuse, les Juifs recouvrent l'indépendance politique, et acquièrent très vite une grande prospérité matérielle. Simon et ses successeurs réunissent sous leur sceptre, avec la Judée, ce fertile jardin quest la Galilée et quelques ports méditerranéens très actifs ^
' Antiochus IV Epiphane [175-164]. Antiochiis Y [164-162], Demetrius I" [162-150], rois de Syrie. — Ptolémée I" Soter [305-284], Ptolémée II Philadelphe [284-247], Ptolémée III Evergète [247-222], Ptolémée IV Philopator [222-204], rois d'Egypte. — Onias III [199- 173], Jason [175-172], Ménélas [172-171], Lysimaque [172-171], Ménélas [171-162], grands prêtres de Jérusalem. — 167, soulèvement de Mathathias, 166, sa mort : Judas Macchabée de Martel?) [166-161]; Jonathan, prince et grand prêtre [161-142] ; Simon III [142-135], Jean Hyrcan [13.3-106], Juda Aristobule [106], Alexandre lannée [103-78]. Alexandra, sa veuve [78-69]; de 69 à 63, rivalité de ses deux fils Hvrcan et Aristobule. Le bisaïeul de Mathathias
Ce bonheur ne se soutient pas. L'Hellénisme continue de s'insinuer dans les âmes et brise, avec la ferveur de la foi. l'unité morale du royaume. La rivalité de deux frères, l'ambition d'un gouverneur qui leur dispute le sceptre, la force envahissante de Rome, tout concourt à détruire l'œuvre politique- des Macchabées. Pompée tranche la querelle qui met aux prises les trois compétiteurs en s'emparant de Jérusalem ; une fois de plus la cité sainte est souillée par les Nations. César dépouille du trône l'héritier légitime et le sénat en gratifie le fils même du gouverneur de ridumée dont Pompée s'était servi : vassal des
s'appelait Hasmon : c'est pourquoi on appelle hasmonéenne la dynastie formée par ces princes. — Voir les articles de Hastings, Gheyne. Vigoiiroux.
Le premier livre des Macchabées raconte l'histoire juive de 175 à 135 : de l'original hébreu, perdu, nous avons une version grecque ; il a été écrit sans doute entre 135 et 106 ; l'auteur anonyme utilise des traditions orales et des documents écrits (qui étaient rédigés en grec, 10-15) ; c'est une source très silre. — Le second livre raconte les mêmes événements de 180 environ à 161 : l'auteur, qui écrit en grec, utilise deux sources : l'une est ancienne et autorisée ; la seconde, plus récente, prolixe et fortement légendaire, était une histoire des Macchabées en 5 livres, par Jason de Cyrène. Il y a parfois désaccord entre les livres I et II. Le livre II a été compilé sans doute à la fin du i" siècle avant JésUs- Ghrist. Voir R. Laqueur ; Kritische Untersuchungeti zum zweilem Makkabàerbuch. Strasbourg. 1904 ; Sluys : De Macchahœorum Ubris 1 et II quesliones, Amsterdam, 11)04. — Les troisième et quatrième livres sont des apocryphes édifiants qui content, celuilà une persécution, d'ailleurs inconnue, organisée contre les Juifs |)ar Ptolémée IV Philopator, celui-ci un récit paraphrasé des martyres d'Kléazar et des sept frères. Les auteurs écrivaient sans doute à Alexandrie au déjjut du i" siècle de notre ère : ils visent à réchauffer la foi et la vertu de leurs frères. Cf. Judith, Esther. etc.