‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 31 sur 108 · ASSERVISSEMENT D ISRAËL · texte numérisé non relu

ASSERVISSEMENT D ISRAËL

Romains, Hérode met fin à l'autonomie juive. Ses lils,haïs du populaire, sont bientôt rejetés par Rome : la Judée devient province romaine ; elle est gouvernée par un chevalier qui porte le titre de procurateur avec droit de glaive'. Seulement, lesprit des Macchabées n'est pas mort : lorsqu'un envoyé du fisc veut prendre possession de l'argent légué à Auguste par Hérode, une révolte soulève la population : un chef populaire, Judas le Gaulonite, ressuscite le fils de Mathathias; il faut que le légat propréteur de Syrie, Varus, accoure avec deux légions et quatre cahortes de cavalerie et crucifie fî.OOO Juifs dans Jérusalem reconquise. Il nest pas sûr que ce peuple indomptable soit définitivement dompté.

De fait, surtout depuis Téchec des Macchabées, l'Église dlsraël- s'attache à son Dieu d une foi plus forte

' C'est en 63 que se révolte le gouverneur d"Iduniée. Antipater : il soutient-Hyrcan et s'appuie sur Pompée, qui prend Jérusalem cette même année après trois mois de siège : Hyrcan II, roi et grand-prêtre comme ses ancêtres, règne nominalement de 63 à oU. Son neveu Antigone dispute un temps le trône aux fds d'Antipater, dont lun gagne la faveur de Rome, Hérode ^37 avant J.-C. à 4 avant J.-G.J. — Le procurateur romain réside àCésarée ; il a droit de vie et de mort. 11 nomme comme grand-prêtre Anne, un partisan des Romains : « parmi ses successeurs on compte cinq de ses fils, son gendre Gaiphe, et son petit-fils. » Il y a une garnison romaine permanente à Jérusalem, à la tour Àntonia. Les Juifs payent une capitation, ou cens, et un impôt foncier.

A lépoque grecque, chaque communauté juive de Palestine a une administration propre, So-jÀt, : « mais les villages sont subordonnés aux villes, les petites villes aux grandes » et toute la Judée à Jérusalem. Le pouvoir suprême est aux mains du grand sanhédrin.

' Que la religion juive survive à la ruine de l'état macchabéen.

que jamais. La pression qu'exerce l'Hellénisme détermine en elle un renouveau de haine à l'encontre des Nations, un renouveau d'amour à l'adresse de lahvé : la mort qui la menace ranime sa vie. La masse du peuple se presse autour des soferim, dans les écoles et dans les synagogues ; elle se groupe autour des Hasidim et des Pharisiens ; elle fait de la Thora l'unique aliment de sa vie religieuse.

Les soferwi, ou scribes, étaient à l'origine de modestes copistes de la Loi : ils en apparaissent aujourd'hui comme les commentateurs et les docteurs. Juristes, ils enseignent à l'école \ le soir du sabbat par exemple ; pour donner plus de majesté à leur enseignement, ils le murmurent à l'oreille du disciple

c'est une nouvelle preuve que la vie religieuse est dissociée de la vie nationale : il y a bataille entre les Pharisiens pieux qui ont foi dans le Seigneur tout en se désintéressant de la vie politique, et les Sadducéens plus ou moins sceptiques qui rêvent encore pour Israël d'une existence nationale, d'un rôle politique. Voir Bousset, 2, 65, sq. Cette opposition est manifeste dès Jean Hyrcan et Alexandre Jannée. Les Pharisiens s'accommodent d'Hérode. Ce sont les brutalités romaines qui susciteront les Zélotes (Pharisiens patriotes).

Mis s'appuient sur la Bible et sur une Tradition. L'Ecriture, c'est la migra [le 77iidrasch est le commentaire de l'Ecriture]; la Tradition orale, c'est la misclma. Lorsqu'elle est morale et juridique, la misclma s'appelle /taZac/m ; lors(ju'elle prétend être historique, on rap|)clle /tagf/ai/a. On la rattache à Moïse par une chaîne ininterrompue de docteurs inconnus. Gamaliel H égale la Tradition à l'Ecriture [Bousset, 181]. — Le Pir/cé Abot/i (Parole des Pères) est une collection de sentences d'une soixantaine de rabbins, parfois contemporains de Jésus. [Schùrer 111, 1898, 166]. Ils parlent par sentences. « Hillel dit : Aimez les créatures et amenez-les à la Loi. »

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