‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 33 sur 108 · LE< PHARISIENS · texte numérisé non relu

LE< PHARISIENS

« Tout ce qui est en dehors, le monde, la politique, tout cela paraît aux Pharisiens insignifiant, ou plutôt odieux. Les questions nationales ne leur importent pas, mais seulement les questions religieuses ; ce ne sont pas des patriotes, ce sont des dévots. Le rêve de Judas Macchabée senvole à jamais de leurs âmes. Une seule chose leur semble capitale : arriver à la justice, en accomplissant la volonté divine manifestée par la Loi ^ La vie tout entière et dans chacun de ses actes doit être conforme à la Loi. »

Ml semble que, à l'exaltation de la Loi, corresponde une diminution du prestige du Temple : le Temple est la chose des prêtres Sadducéens. dont se détache le peuple : la Loi est la force et lorgueil de ses vrais chefs, les Pharisiens. En outre, l'expansion d'Israël hors de la Palestine desserre nécessairement les liens qui lunissent au Temple. Voir Schurer. II, 223. 277 et Bousset, 111 sq. — Cette substitution de la Loi et de la Tradition au Temple affermit la transformation d'Israël en Eglise : le caractère palestinien du Judaïsme s'atténue ; le besoin dune autorité religieuse et morale se fait de plus en phis sentir. De fait, Israël survivra, comme Eglise, à la ruine du Temple.

L'autorité ecclésiastique est aux mains du Sanhédrin. « Cette assemblée se compose, outre lepresident.de 70 membres divisés en trois classes, les chefs des prêtres, les anciens, les scribes. » La première catégorie est formée des anciens grands prêtres dépossédés de leur dignité, bien que celle-ci soit viagère [par lintrigue et à prix d'or, on écartait le grand-prêtre en charge : voir p. 68] ; sans doute comprend-elle encore d'autres personnages, de la famille des précédents. Les anciens sont soit des prêtres, soit des laïques. Sur les scribes, voir supra, p. 72. Il est vraisemblable que le Sanhédrinse recrutepar cooplationîSclïUTer, U\ 2.50]; les nouveaux élus, nommés à vie, reçoivent l'imposition des mains. — Le Sanhédrin aies pouvoirs les plus étendus. D'abord il choisit les prêtres qui offriront les sacrifices et participeront à la dime (ils doivent être pris parmi les descendants d'Aaron ; ils sont divisés en 24 classes) ; ensuite, il vote les lois,

11 faut dire que les Pharisiens s'attachent à l'idée qu'ils se font de la Loi ^ plutôt qu'au texte même: ils ont à cœur d'en développer le contenu et d'en fixer les détails. Leurs discussions, chaque jour plus minutieuses, en viennent à recouvrir les 613 prescriptions du code mosaïque d' « une haie » hérissée de préceptes cocasses : « il n'existe pas moins de i.279 règles a observer, pour sanctifier comme il convient le jour du sabbat ! )) Pourtant l'autorité des traditions orales et

rend la justice, traite les questions de doctrine, surveille les mœurs des prêtres. De bonne heure, les Pharisiens ont dominé dans le Sanhédrin. — Le grand-potilificat, en fait, est indépendant du Sanhédrin et limite son absolutisme. Ce sont les rois qui disposent de cette charge, c'est-à-dire qui la vendent : elle est disputée par quelques familles très riches, les l'hiabi, les Bœthos, les Ananos, les Kamith. Le grand-prètre est le chef du sacerdoce qui dessert le Temple (où seulement, on le sait, les sacrifices sont licites) : il connaît les rites et la liturgie plutôt que la doctrine.

Le Sanhédrin s'est constitué, semble-t-il, au début de la période grecque en souvenir des Tu Anciens [.Vom6?'e5, 11. 16]. Le grandpontificat remonte sans doute au temps d'Esdras : il était primitivement héréditaire ; il conférait au titulaire la dignité de prince LSchiirer, 11\ 237-276].

' Comment, en effet, ont-ils égalé à la Loi les Prophètes et les H agiog rap/ies ? Esdras axaïi promulgué /a Loi comme canonique, c'est-à-dire inspirée de Dieu (souillant les mains) ; Josèphe voit dans 22 livres « des déclarations divines ))[C. Apion, 1, S]. Déjà, dans sa préface, le petit-fils du Siracide semble attester la canonisation des Prophètes et des Hag. : le Siracide lui-même semble connaître les trois groupes d'écrits canoniques, 44-49. — Ce qui semble s'expliquer par : 1° l'existence de collections privées ayant très grand crédit en raison de leur nature même; 2» la disparition de beaucoup d'anciens livres et la crainte de disparitions nouvelles; 3° la formation, par Judas Maccabée [IL Mac, 2, 13-1 5J. d'une collection où les Proph. et les Hag. sont mis sur le même pied que la Loi. — Voir Loisy: Hist.du Canon du V. T...

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