LA LOI
le prestige de la méthode allégorique allègent pour certains esprits le poids du littéralisme . Si beaucoup négligent pour les rites les plus futiles les commandements essentiels de Moïse, il en est beaucoup aussi qui témoignent de plus de piété et de plus d'intelligence ^ : l'école de Schammaï est animée dun
1890; Wildebœr : trad. i'r., 1901 ; Hoischer : Kcuwnisch iind Apocryph, Leipzig, 1906, Bousset, 164-176. L'idée de l'inspiration qui est répandue est toute mécanique. — Sur le conflit du texte canonique et de la Tradition, voir Bousset. 176. D'après Schwarz : Kontroverse der Schammaiten und Hilleliten, l. 1893, Hillel défend l'Ecriture et un système d'exégèse (en sept règlesi extrêmement artificiel, Schammaï défend la Tradition.
* « Il y a, disent les Talmuds, sept espèces de Pharisiens : l°le P. accablé, qui s'avance le dos courbé sous le fardeau de la Loi qu'il semble porter sur les épaules ; 2° le P. intéressé qui parait demander de l'argent avant d'accomplir un précepte ; 3» le P. ail front sanglant : celui-là marche les yeux fermés et heurte son front contre les murailles pour ne pas voiries femmes: 4" le P. prétentieux qui porte une robe large et flottante pour se faire remarquer; 0° le P. qui fait son salut, toujours en quête d'une bonne œuvre à accomplir pour etïacer ses péchés ; 6° le P. craintif, comme Job, et 7^ le P. dont le mobile est l'amour. Celui-là est le meilleur : il ressemble à Abraham dont la foi a vaincu le mal.» [Talmud de Babylone. Sotali, 2-2. h ; Talmud de de Jérusalem, Bera/choth, 13. b, Stappfer : La Palestine au temps de Jésus-Christ. 275; Beurlier -.op. laud. 43-46. — Voir Cohen : Les Pharisiens ; Schiirer et Weber : liidische Théologie. Leipzig 1897. 26éd.J.
La Loi règle le culte qu'elle sauve [sacrifices, fêtes, impôts, circoncision, purifications : on arrive même à en tirer une interdiction du service militaire, Bousset, 147] ; le droit [années sabbatiques, attestées en 164, 136, 38, peut-être en 68; rôle juridique du Sanhédrin] et la morale, qui, malgré Hillel, manquent souvent de largeur et de bonté. Alors se répandent les pratiques de la prière quotidienne, du jeune, de f aumône, de l'enseignement; alors se rédigent les premières formules de la prière journalière, le Shemoneh Esreh ou les Dix-huit Bénédictions [le texte actuel date de 70-100 après Jésus-Chi'ist, Schurer, II, 463].
osprit assez étroit ; mais les disciples de Hillel et de Gamaliel sont en général moins rigoristes : en eux revivent, avec sa haine pour les nations, la foi et l'espérance sacrées d'Israël.
Le règne de Dieu est toujours l'objet de cette espérance et de cette foi; et, comme Tune et l'autre sont vivantes, elles développent la théologie traditionnelle. Le sentiment de la transcendance infinie de Dieu continue de s'accentuer : et sans doute la haine que soulèvent le Grec et son idolâtrie contribue-t-elle à l'aviver toujours. De fait, on renonce à employer le nom de lahvé : on ditElohim. ou bien Adonaï; ou bien encore on emploie des périphrases, telles que le Seigneur, le Très-Haut. On écarte de l'idée de Dieu ce qui pourrait
« Chaque partie de cette prière est une supplication à Dieu pour le rétablissement de son peuple et le renouvellement de la ville sainte, par le Messie, fils de David. « Sonne de la trompette pour annoncer notre délivrance ; lève un étendard pour rassembler nos captifs... (10« berakah, bénédiction). Oh! rétablis nos juges comme autrefois...; Toi seul, Seigneur, règne sur nous, en grâce et en miséricorde... (Ile). Vers Jérusalem, ta cité, reviens avec compassion, et habite en elle selon ta promesse : rétablis-la promptement en nos jours et pour jamais ; rétablis bientôt en son sein le trône de David... (U-^). Fais promptement pousser le rejeton de David, ton serviteur ; que sa corne se dresse au jour de ton salut... {io=). [D'après Lepin : Jésus Messie...^ p. 13]. — On attache la plus houle importance aux bonnes œuvres et en même temps à la foi [Bousset, 2Û5-:2:2o].
Mais l'idée de sacrement n'a pas cours [sauf peut-être chez les Esséniens ; voir aussi II Hén] : la circoncision n'est pas un sacrement. Contra, voir S. Augustin et S. Thomas. Le baptême d'eau conféré aux prosélytes était un signe symbolique de purification morale.