‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 35 sur 108 · LA TR\>SCENDÂ>C1-: DE DIEU · texte numérisé non relu

LA TR\>SCENDÂ>C1-: DE DIEU

rapi 3ler un être matériel, et même ce qui rendrait sensible ou connaissable sa vie immanente. « Tout ce qui pouvait être atteint en Dieu par la connaissance humaine, même les qualités intérieures dans leur état quiescent, fut enlevé à l'être divin pour être reporté » sur les Médiateurs Célestes : mais tantôt ceux-ci semblent être de mystérieuses hypostases, tantôt on voit en eux des anges.

Plus nettement que dans les Proverbes^ ^ la Sagesse apparaît dans V Ecclésiastique, comme une puissance de Dieu distincte de lui. Antérieure à tous les êtres-, elle doit son origine à Dieu par qui elle fut créée ^ ou duquel elle émana*. Elle se trouve à côté du trône de Dieu, « elle ouvre sa bouche au milieu de l'assemblée « du Très-Haut et fait son propre éloge en présence de (( l'armée de Dieu^ «.Elle décrit son activité au moment de la création et son influence dans le monde, particulièrement dans Israël. Elle est la source de vérité et de vertu, elle est la condition et la garantie du salut pour tous ceux qui la recherchent : « In me grac( lia omnis vise et veritatis, in me omnis spes vitœ et c( virtutis*^. )) La Sagesse prend part à une réunion d'anges, lesquels ne sont certainement pas des per-

' Voir tome I. p. 303-304.

sonnificalions poétiques de fonctions divines , mais des personnalités individuelles mises au service de Dieu. D'autre part, elle exécute la volonté créatrice et conservatrice de Dieu ; sur un ordre divin, elle se dirige vers la terre, elle y exerce les fonctions de la Providence. Elle est à la fois le résumé des qualités divines qui se manifestent dans la nature «et les consciences, et l'intermédiaire qui lie au Dieu transcendant les êtres créés. Ce nest pas explicitement et intégralement une hypostase; mais ce n'est plus la personnification poétique d'un attribut divin.

Le livre de la Sagesse ' présente la même doctrine sous une forme plus précise. La sagesse est toujours tantôt humaine et tantôt divine, communiquant à l'homme la science et la vertu, et exprimant la

' Sur l'origine du livre, voir nj/z-a, p. 1:20-122. Je l'utilise ici, malgré son origine alexandrine, parce que l'idée de la sagesse est certainement juive d'origine : c'est l'idée de Verbe [Xôvo^, memra] qui est grecque. La sagesse, conçue en tant que qualité de l'àme humaine [I Rois, 10, 1 : 5, 1".» : 3, 5 ; Il Sain, 14, 1] est toujours, chez les Juifs, rattachée à Dieu: chez les Grecs, «elle contient une bonne dose d'indifférence religieuse ». Conçue comme hypostase divine, la Sagesse n'existe pas chez les Grecs ; elle a apparu chez les Juifs à la suite d'une évolution religieuse provoquée par la ruine nationale [le problème du mal ; le sentiment de la transcendance divine s'exaspère ; les intermédiaires célestes étendent leur rôle. Voir tome I, p. 301-303].

On peut se demander si le fameux texte des Proverbes. 8. [I. p. 2'Jll n'est pas une retouche contemporaine de l'Ecclésiastique ou de la Sagesse. Friedlaender a attiré l'attention sur la parenté de tous ces textes. — Il se pourrait que ces théories juives de la Sagesse fussent une riposte aux théories grecques, fortement teintées de scepticisme, tin ce sens on pourrait parler d'influence grecque.

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