LES APOCALYPSES
la fin des temps que chantait le second Isaïe; le règne de Dieu, sans plus tarder, va s'établir entinî
Cette idée centrale est tigurée dans de curieuses images. Nabouchodorosor a emmené de Jérusalem à Babylone quatre jeunes Hébreux à qui Dieu donne, en récompense de leur exceptionnelle fidélité, une sagesse exceptionnelle. Et voilà que le conquérant a un songe qu'il oublie avant de se lètre fait expliquer : seul, Daniel le connaît et le comprend. Le roi a vu une statue colossale :
sianiques de Daniel [R. B, 1904. 494] : W. Baldensperger : Die messianisch-apocalyptischen Hoffnungen des ludentums, 1903: Bousset. 233-346 ; Schûrer : IP, o'.J0-650. Sur le Messianisme de Tépoque antérieure, voir tome I, 248--2o2, 212, 300-316.
Le liv7'e de Daniel conte ensuite les honneurs que reçoit Daniel. Mais Daniel refuse, ainsi que ses compagnons, dadorer une idole ; si on les jette dans une fournaise, un miracle les préserve du feu. Quand Baithasar, le fils de Nabouchodorosor. se tait apporter les vases sacrés de Jérusalem, trois mots mystérieux, que Daniel explique, lui présagent la ruine. De fait, il est tué; Darius, qui le remplace, comble d'abord d'honneurs l'Israélite, mais il cède enfin à ses ennemis et le jette dans la fosse aux lions : nouveau miracle. Puis on apprend que Cyrus succède à Darius. Et c'est ici que les visions commencent [7-12] : Daniel voit quatre animaux sortir de la mer, dont le dernier a dix cornes, puis onze (voir p. 03). Une seconde vision montre au voyant le combat du bélier et du bouc, dont la grande corne est remplacée par quatre autres, desquelles une grandit beaucoup. En troisième lieu, une apparition de Gabriel explique que les soixante-dix ans dont parle Jérémie figurent soixante-dix semaines d années, après lesquelles se relèvera Jérusalem. Enfin apparaît un ennemi du chef des Perses, un ami de Michel, qui annonce l'œuvre d'Alexandre, des Ptolémées et des Séleucides jusqu'à Anliochus Epiphane; Michel se lève ; après une crise terrible, la délivrance s'opère ; et les morts ressusciteront.
Le plus grand nombre des historiens s'accorde aujourd'hui pour reconnaître que l'auteur anonyme du livre écrivait vers
la tète de cette statue était dor pur, sa poitrine et ses bras d'argent, son ventre et ses cuisses d'airain, ses jambes de fer, ses pieds étaient soit en fer, soit en argile.
165, à la fin de la persécution d'Antiochus [résumé des preuves à l'appui, par Loisy : Revue d'Histoire et de Littérature religieuses, VI (1901), 550]. Le personnage central, Daniel, est un héros légendaire du passé, tel que Noé et Job [Ezéchiel, 14. 14, 20 : 28, 3J, Le fou et malade du chapitre 4 est, non Nabouchodorosor [f 562], mais Nabonide, dernier roi de Babytone, [555- 538]. Balthasar n'est pas le fils de Xabouchodorosor [lequel s'appelle Evil-Mérodac ~ 560], mais le fils de Nabonide ; il n'a jamais régné. Darius le Mède est une déformation de Darius le Grand, fils d'Hystaspe. Les dix cornes sont les dix prédécesseurs d'Antiochus Epiphane, qui est la onzième. — Chose étrange, inexpliquée jusqu'ici : le livre commence en hébreu, se poursuit en araméen [2, 4b-7 inclus], reprend et se termine en langue hébraïque. L'Ancien des jours représente Dieu, le Fils d'Homme [ 6rt/-"é/î a c/i] représente, non pas le groupe des Saints ou le seul Messie, mais le Messie en tant que Roi des Saints et symbole du royaume à venir : pareillement, Nabouchodorosor et Alexandre incarnent et figurent les royaumes babylonien et ^rec. Rien ne dit, du reste, que ce Messie deviendra komme. — Voir les commentaires de Knabenbauer, dans le Cursus; de Driver, Cambridge, 1900: de Marti, Tiïbingen. 1901 : et Lagrange : les prophéties messianiques de Daniel [Revue biblique, 1904, 494].
Le genre apocalyptique semble naître au temps de la captivité : ses métaphores, ses procédés d'exposition apparaissent dans Kzéchiel [voir t. 1, p. 276, n. et les passages concernant Gog et Magog, 38-39] et dans Joël. Le livre de Joël, écrit vers 300? raconte des fléaux symboliques qui annoncent l'imminence du jour de lahvé et le salut qui suivra la crise [prospérité matérielle ; effusion de l'Esprit même sur les esclaves ; punition des nations dans la vallée de Josaphat]. Voir Driver 1901, Scholz 1885, Van lioonacker : les douze petits Prophètefi, 131.
Après le livre de Daniel, cette littérature produit encore le livre d'Hénoch, le livre de Moïse, le livre d'Esdras, le livre de Baruch, le livre d'Abraham, le livre d'Èlie.
Le livre d'Hénoch, intégralement conservé en éthiopien, a été écrit en araméen ou en hébreu. C'est certainement une compilalion de plusieurs livres, tels que le livre des Paraboles, qui date de 95-38 avant Jésus-Christ ; VApocalijpse des Semaines, qui a