‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 45 sur 108 · II · texte numérisé non relu

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anges et à la fin du monde K Elle groupe un parti puissant et elle suscite une petite église.

Les Sadducéens sont des gens du monde, aimables et riches, qui ne demandent qu'à vivre en paix avec les Romains, au milieu de leurs trésors; ils achètent le pontificat suprême, ils dominent le Sanhédrin, ils occupent le Temple; ils laissent les Pharisiens s'absorber dans la dévotion, la méditation et la prière. Et que leur importe la haine et le mépris du peuple ? N'ont-ils pas l'amitié de César ? Et ne sait-on pas que ces Pharisiens si vantés prétendent ajouter des dogmes nouveaux à la pure doctrine de Moïse ^ ?

Les Esséniens subissent, comme les Sadducéens, l'influence de 1 Hellénisme, et plus précisément, à ce qu'il semble, l'influence du pythagorisme^; mais ce

^ De fait, on ne sait pas la date des textes perses où il est question des périodes du monde et de sa fin par le feu. — Voir R. B., 1904, 603; et R. H. L. R., 1901. 451 et 1902, 548.

- Le nom de Sadducéens vient sans doute de Zadok, prêtre de Salomon. — Voir Schurer U\ 456. ils rejettent Timmortalité de rame.

^ Les Esséniens sont attestés depuis 150 environ avant Jésus- Christ jusqu'au temps de Titus. Ils vivaient du côté d'Lngaddi, à Touest de la mer Morte. Ils s'occupaient beaucoup des plantes médicinales. Ils attribuaient une importance rituelle à des bains sacré^ et à des repas pris en commun. D'après Conybeare, ils ont subi une influence Spartiate. D'après d'autres savants, ils n'ont subi aucune influence étrangère. La thèse exposée ici se recommande de Schurer, sinon de Bousset.

Peut-être les Samaritains partagent-ils les tendances réformatrices des Esséniens : ils ont une version de Pentateuque à eux propre et un temple au mont Garizim, analogue aux temples de Leontopolis et d'Eléphantine. Leur communauté s'est formée sans

LES ESSENIEXS ET LE SIRACIDE 99

n'est pas au scepticisme qu'elle les achemine. Ils forment une petite communauté organisée très fortement ; ils pratiquent le célibat et donc se recrutent par la propagande : à leurs novices, durant trois années, ils imposent des épreuves très rudes, lis mettent tous leurs biens en commun, observent le sabbat et les prescriptions relatives à la pureté légale ; ils tiennent en haute estime l'ascétisme et l'amour du prochain; ils répudient les sacrifices sanglants et élisent leurs propres prêtres; ils répudient l'esclavage, condamnent le commerce et veulent que les seuls produits de la terre nourrissent les hommes.

Il est d'autres croyants, enfin, que l'on ne peut expressément rattacher, non plus qu'aux Pharisiens, aux Esséniens, ni aux Sadducéens : on ne doit voir en eux ni des sceptiques comme en ceux-ci, ni des piétistes comme en ceux-là; s'ils ont subi l'influence hellénique, cette influence a élargi, mais aussi vivifié leur foi; ce sont les authentiques héritiers et les vrais continuateurs des Prophètes ^ Jésus, fils de Sirach, vivait en Palestine au début du ii^ siècle, à la veille de la restauration macchabéenne ; lui aussi, il l'a préparée à samanière. Ilpousseses compatriotes à lutter contre les Grecs, à se souvenir des Prophètes, et. de la Loi et du Messie. Mais il envisage surtout le sens spirituel

doute au iip siècle. Voir Montgommery. The Samamtans. Philadelphie, 1907; Bousset, 165, lUO, 252.'

* Il semble seulement que le parti particulariste ait été plus nombreux que le parti universaliste.

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de la Loi ; il connaît les Grecs, leurs philosophes et leurs poètes; et il ne croit pas qu'on n'y doive rien prendre. Pour lui comme pour le second Isaïe, le salut doit venir par les Juifs, mais il doit sauver toutes les nations ; Israël doit les instruire, mais quiconque observe la Loi qu'il en a reçue sera certainement sauvé; il faut offrir des sacrifices à Dieu, mais ne jamais oublier que « ce qui plaît au Seigneur, c'est qu'on s'éloigne du mal )). Si le Siracide insiste sur la supériorité doctrinale d'Israël, son exclusivisme doctrinal doit s'entendre d'une foi pure et de cette justice, plutôt spirituelle que légale, que procure la fuite du péché : le Dieu qu'il annonce est le Dieu de sainteté. ^lême, il retrouve et adore en lui le Père ^ qui a donné l'existence à l'homme. Le Messie qu'il prêche sera à la fois un Roi, tils de David, ainsi que pensent ceux des Sadducéens qui l'attendent encore, — et un Prêtre saint, plus saint que le pieux Simon-, comme veulent les Pharisiens.

* EccU.. 23, 1, 4. « Seigneur, Père et souverain maître de ma vie, ne m'abandonnez pas...! ».

- Notre source est le très précieux livre de YEcclésiastique. C'est un recueil de maschals assez analogue aux Proverbes du pseudo-Salomon [voir l, 289J. On a parfois groupé toutes ces sentences en sept parties : 1" origine et nature delà sagesse ; il faut suivre ses enseignements, 1-16, 21 : — 2° les devoirs envers Dieu. 16. 22-23, 27 ; — 3^ devoirs de l'homme envers ses semblables, 24-33, 18 : — 4» la prudence et la justice, 33. 19-36, 17 (héb.); — 5° morale familiale et sociale, 36. 18-39, 11 ; — 6° la création et l'humanité, 39, 12-42, 14 : —7° louange de Dieu dans la nature et dans l'histoire d'Israël, 42, 15-50. 26. L'hellénisme du biracide est sensible en ce qu'il dit des femmes et des présidents de table, dans le soin qu'il prend de faire connaître son nom; comme aussi dans certaines tournures, dans l'emploi des

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